Flamoval : argumentaire des Verts Flandre acte 2

Publié le par Arnaud

Sommes nous si égoïstes ?
On l’a vu, l’affirmation que le traité de Kyoto n’aura pas d’influence financière sur le projet est fausse. Mais surtout, cette seule allusion au changement climatique pose une grave question sur la responsabilité des élus qui ont mis au point le projet Flamoval. Le texte montre en effet une indifférence marquée à l’égard des conséquences du choix public. Tout se passe comme si la seule question que se posait le public et les élus flamands était « qu’aurons nous à payer » ?
Ceci est d’autant plus étonnant que les communes concernées par le projet pour leurs déchets couvrent une large zone en Flandre intérieure et maritime. Ainsi, par exemple, une grande partie du canton de Hondschoote est située sous le niveau de la mer. Les habitants du Mont des Cats ont découvert en 2007 avec stupéfaction que des pluies soudaines et soutenues peuvent désormais inonder des villages et des villes qui se pensaient à l’abri. Quant à Arques et à Saint-Omer, où la question de l’eau est millénaire, il n’est désormais plus certain que les pompes et les écoulements des écluses soient correctement dimensionnés pour faire face aux nouvelles intempéries. Notre région compte en France parmi celles qui ont le plus à craindre des conséquences néfastes des changements climatiques. En face, les politiques ont –pour certains- pris la mesure du problème. En particulier, le Grenelle de l’Environnement a montré que cinq ensembles dans la société (l’Etat, les Collectivités Locales, les Associations, les Syndicats, le Patronat) peuvent trouver des consensus forts pour faire face à la menace.
Le changement climatique est pris au sérieux au plus haut niveau : « La France est en train de changer », nous dit le Président de la République dans un important discours de conclusion du Grenelle de l'Environnement.
Le changement climatique est devenu en peu de temps une question vitale pour l’humanité, et une priorité de l’action diplomatique de la France et de l’Union Européenne. Le changement est en marche, et certains élus nordistes comme Marc-Philippe Daubresse, ont même indiqué publiquement que les documents de planification actuellement en vigueur (SCOT, PLU…) doivent être réformés d’urgence pour tenir compte des nouvelles contraintes actées au Grenelle.
Face au Changement Climatique, « ne pas agir, je pèse mes mots, serait criminel », nous dit le Président de la République dans un autre discours remarquable devant les étudiant chinois de l’Université Quinghua en novembre 2007. On ne peut attendre, et encore moins engager des investissements de longue durée sans tenir compte de l’exigence du développement durable.
 
Que dit le GIEC?
Pour la première fois en 2007, la gestion des déchets fait l’objet d’un chapitre spécifique du GIEC) coordonné par l’universitaire et consultante Jean Bogner. Selon le rapport, les émissions de CO2 issues de l’incinération proviennent en grande partie des textiles synthétiques et des matières plastiques. Une ossible diminution des émissions provient de la substitution éventuelle de la chaleur ou de l’électricité. Par convention dans le GIEC, les émissions organiques sont comptabilisées dans les secteurs amont comme pour les déchets de l’agriculture. Cependant, des analyses de cycle de vie sont souvent nécessaires pour comparer entre elles des politiques.
Selon ce document, les potentiels de réduction des gaz à effet de serre dans le secteur des déchets ont été sous-estimés, notamment parce qu’il s’agit de politiques locales comme le recyclage, et non pas nationales ou internationales. Le rapport insiste fortement sur les bénéfices obtenus par le recyclage et la prévention de la production des déchets.
Du point de vue des gaz à effet de serre, il y est même favorable si on se compare aux technologies de décharge non contrôlée et sans récupération du biogaz tels que pratiquées dans les pays en développement. L’incinération étant un moyen relativement peu répandu dans le monde, et très onéreux, le rapport s’intéresse surtout aux autres modes d’élimination et de traitement. On remarque cependant que la majorité des incinérateurs recyclent avant tout la chaleur, ce qui représente une plus forte économie en carbone vu le rendement assez faible des installations produisant de l’électricité (20 à 25%). Par contre la récupération de chaleur est un poste important des bilans carbone, puisque cette chaleur –ou cette vapeur- se substitue en général à des combustibles fossiles.
Le rapport note également que le taux de recyclage obtenu dans des pays en voie de développement par les professionnels peut dépasser nettement 50% et représenter 7 à 8 emplois par tonne quotidienne.
Il est suggéré d’améliorer les conditions de travail –aujourd’hui déplorables- des personnes affectées. Il est ici intéressant de noter que les taux de recyclage visés à long terme par le SMFM atteint seulement les taux décrits pour l’Egypte.
En terme de bilan des gaz à effet de serre, il faudra considérer les émissions nettes de l’incinérateur. On peut aussi considérer les émissions évitées par le nouveau procédé, par exemple la limitation des émissions de méthane par rapport à une décharge non contrôlée. On peut évaluer ce que l’incinérateur va éviter comme émissions dans la production électrique. Enfin, il faut considérer l’impact des recyclages ou des réutilisations alternatives des matériaux consommés dans la combustion. Ce dernier point est très important dans le cas de Flamoval.
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