Flamoval : argumentaire des Verts Flandre Acte 4 et Fin
L’incinérateur Flamoval est dimensionné pour fonctionner durant l’année sur la base du gisement actuel des déchets. On peut considérer qu’un tel dimensionnement est de bon sens. En réalité, ce choix a plusieurs conséquences négatives :
- Il ne permet pas de s’adapter à une diminution des tonnages ou à une augmentation des taux de recyclage. D’emblée, toute politique future incitant à limiter les déchets ou à augmenter les taux de recyclage peut devenir financièrement pénalisante pour les collectivités. Ceci n’est pas une vue de l’esprit, plusieurs exemples documentés comme l’incinérateur de Nice ont conduit les collectivités à cesser des activités de recyclage des cartons durant les années 90 pour permettre à l’incinérateur de fonctionner. Encore dans cet exemple existait-il une récupération de la chaleur.
- Il ne permet pas de s’adapter à une diminution des tonnages ou à une augmentation des taux de recyclage. D’emblée, toute politique future incitant à limiter les déchets ou à augmenter les taux de recyclage peut devenir financièrement pénalisante pour les collectivités. Ceci n’est pas une vue de l’esprit, plusieurs exemples documentés comme l’incinérateur de Nice ont conduit les collectivités à cesser des activités de recyclage des cartons durant les années 90 pour permettre à l’incinérateur de fonctionner. Encore dans cet exemple existait-il une récupération de la chaleur.
- Si nous supposons que les taux de recyclage à l’horizon 2020 rattrapent en France les taux demandés par l’Union Européenne ou ses voisins, voire se donne un objectif ambitieux de recyclage de 70% alors, le potentiel le production de déchets se réduit fortement. Cela rend le four d’incinération inadapté et impose soit l’importation de déchets extérieurs à la région, soit l’incinération de déchets industriels banals (qui seraient de façon générale plus simples à recycler), ou encore à fermer l’usine une partie du temps en stockant les ordures.
Si maintenant nous appliquons d’ici vingt ou trente ans une réduction même limitée es tonnages de déchets émis par les consommateurs, ce qui correspond à la fois à une volonté politique mise par la France et par le souhait des consommateurs, alors ce surdimensionnement devient nettement plus sévère. Il a été testé une réduction annuelle de 0,5 et 1%, ce qui correspond à des ordres de grandeur observés dans d’autres domaines (eau, électricité). Le calcul tient compte de l’augmentation de population affichée par le SMFM. A l’échéance de cette période, ce sont près de un tiers à la moitié des déchets qui manquent pour un fonctionnement correct de l’équipement.
Si maintenant nous appliquons d’ici vingt ou trente ans une réduction même limitée es tonnages de déchets émis par les consommateurs, ce qui correspond à la fois à une volonté politique mise par la France et par le souhait des consommateurs, alors ce surdimensionnement devient nettement plus sévère. Il a été testé une réduction annuelle de 0,5 et 1%, ce qui correspond à des ordres de grandeur observés dans d’autres domaines (eau, électricité). Le calcul tient compte de l’augmentation de population affichée par le SMFM. A l’échéance de cette période, ce sont près de un tiers à la moitié des déchets qui manquent pour un fonctionnement correct de l’équipement.
Par rapport aux gisements indiqués par les promoteurs du projet, le calcul porte sur trois scénarios ;
• Un scénario de recyclage minimal (conforme aux objectifs européens) et de stabilité de la production des déchets par ménages. Ceci correspond au scénario unique présenté par les promoteurs du projet.
• Un scénario de limitation des déchets à la source (-1% par an) combiné avec un recyclage ambitieux.
• Un scénario médian de diminution limitée des déchets (-0,5% par an) par les ménages, combiné avec un recyclage ultime de 60% en 2030.
commentaire : pour que le dimensionnement de l’incinérateur soit justifié, il faut se placer durant
commentaire : pour que le dimensionnement de l’incinérateur soit justifié, il faut se placer durant
plusieurs décennies dans une option minimaliste, à la fois sur le taux de recyclage des déchets et sur les politiques d’évitement des déchets. Ceci exclut par exemple les mécanismes de paiement à la tonne destiné à diminuer les tonnages d’ordures ménagères tels que préconisés dans le cadre du Grenelle de l’Environnement.
Conclusion : Les principales remarques sur le projet
1. L’absence d’étude évaluant l’impact du projet sur les émissions de gaz à effet de serre. Ceci est d’autant plus surprenant que l’objectif initial était de sortir d’une situation de gestion des déchets peu satisfaisante du point de vue de l’environnement.
2. De la même façon, l’engagement français et européen d’une diminution des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 13 ans de 20%, et celui d’une division par quatre des émissions d’ici à 2050 n’apparaît pas dans les documents du SMFM.
3. La proposition de construction d’un incinérateur de taille trop importante, retire toute possibilité aux politiques de progrès dans ce domaine, puisque le dimensionnement de ces politiques alternatives est verrouillé avant même leur mise à l’étude.
4. Le risque est pris d’une surcapacité de longue durée, avec pour conséquence des pénalités financières à verser au concessionnaire de l’ouvrage.
5. La récupération des matières organiques dans une autre installation spécifique, qui est nécessaire même si on se contente d’un objectif modeste de recyclage, n’apparaît que de façon conditionnelle.
6. L’absence de récupération de chaleur –à l’exception des locaux propres de l’installation- rend le projet peu performant du point de vue des gaz à effet de serre. La production d’électricité dans ces conditions induit des émissions supérieures par exemple à celles d’une centrale au gaz, alors que les politiques des déchets devraient être l’occasion d’une substitution d’énergie et donc d’un gain net nettement supérieur.
7. Enfin, en investissant pour plusieurs décennies dans cet équipement peu performant (dont les caractéristiques précises ne sont pas divulguées), les communes choisissent implicitement de ne pas participer à une valorisation éventuelle des déchets combustibles. Or, en utilisation directe, ceux-ci pourraient représenter une substitution de gaz à effet de serre supérieure à celle de l’incinérateur proposé. Il s’agit donc implicitement d’une stratégie perdante d’abandon de la sidérurgie à son sort à moyen terme.
En conclusion, le projet Flamoval apparaît massivement surdimensionné. Il condamne les collectivités adhérentes à des politiques non optimales en terme de gaz à effet de serre, pendant plusieurs décennies, voire à des pénalités financières importantes. Quelle que soit l’opinion que l’on peut avoir sur la technologie d’incinération elle-même, le choix d’un équipement aussi massif, sans possibilité de phasage dans le temps ou de flexibilité future des capacités, contredit à coup sûr les engagements publics vis-à-vis du changement climatique.
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