atelier participatif... le compte-rendu

Publié le par Arnaud

Le samedi 6 mars, nous avions initié avec l’équipe NEH un atelier participatif autour de la question des projets de porcheries. La presse en avait fait écho. Je vous transmets le compte-rendu (merci Catherine) de cette rencontre riche en diversité des présences et en réflexions échangées. Une méthode qui sera à poursuivre.

 

Bilan de l'atelier participatif du samedi 6 mars 2010 à Killem

Les porcheries industrielles

Les personnes présentes :

 

Thierry Willaey, adjoint d'Hazebrouck

Jean Michel Vampouille, conseiller municipal de Rexpoede et conseiller communautaire

Jean Deroi, citoyen de Bambecque

Association du Looweg 4 personnes dont la présidente Françoise Bollengier

Association DEFI avec Edmond Kocizewski

Association Houtland Nature avec François Ryckelynck

Marc Dekeyser, agriculteur

Des représentants de la NEH : Catherine Vanhaecke qui a produit ce compte rendu, Fabrice Vasseur, Gérard Devienne et Arnaud Ginions qui a animé la séance

 

Le monde agricole connait de nombreux problèmes actuellement :

  • Endettement des agriculteurs, notamment pour les jeunes qui veulent s'installer, qui doivent acheter des machines plus performantes sur des prêts de plus en plus à longue durée.

  • Surproduction de porcs car sa consommation est en baisse ce qui entraine une concurrence farouche.

  • Les subventions en faveur de l'agriculture se montent à 27 milliards d'euros, l'argent venant de l'Etat et de l'Union européenne mais elles ne profitent pas à tous les agriculteurs, seulement aux plus gros. Mais la PAC se réforme, le nouvel objectif est de nourrir l'Europe et non plus le monde (on parle d'agriculture durable) . La PAC prévoit une diminution de 40% des subventions, celles-ci n'iront plus forcement aux groupes industriels qui risquent d'investir en masse avant 2013 (date de la nouvelle PAC). Les agriculteurs deviennent dépendants de ces groupes, ils doivent respecter le cahier des charges fixé par ces groupes comme le nombre d'épandages par an.

  • La pollution : elle est importante en Bretagne mais aussi en Flandre. Avec l'épandage et l'utilisation du lisier porcin, on asphyxie les sols, il n'y a plus de captage du carbone qui se trouve dans l'atmosphère. Le Grenelle de l'environnement prévoit 20% de terre consacrées au bio en 2020 alors que la région est à 0,5%.

  • Le problème de l'eau :

Les contrôles de l'eau sont nombreux en Belgique, ce qui n'est pas le cas en France. Les eaux de l'Yser vont de la France jusqu'en Belgique chargées de phosphate et du dioxyde de titane. De plus, la nappe phréatique est en danger , les entreprises belges comme à Esquelbecq pompent dans la nappe phréatique, ce qui correspond à deux fois à la consommation des habitants. Du coup, de l'eau de mer s'y installe.

  • Les porcheries belges : pour le moment, leurs projets ont été refusés par le préfet. Le risque, c'est qu'ils changent de tactique en augmentant encore la capacité des unités, s'ils mettent à faire « des usines dites propres », leurs projets ne pourront plus être refusés. La difficulté également est de savoir à quel moment nous avons à faire a une entreprise familiale ou un projet industriel ? C'est du cas par cas et cela demande une vérification rigoureuses des impacts.

     

Quelques pistes :

  • Des conseillers municipaux ne réagissent pas face aux projets parce qu'ils ne connaissent pas les conséquences des impacts. Il faudrait mettre en place des formations pour les élus . Ces derniers peuvent faire aussi appel à une personne qualifiée lors des conseils municipaux, présenter alors des dossiers comme le fait l'association DEFI.mais le montage de ces dossiers demande du temps (environ 100heures) et des personnes disponibles.

  • Eduquer les citoyens, favoriser l'achat de produits locaux, ceci pourrait se faire par l'intermédiaire des associations locales comme celle du Looweg qui se propose d'intervenir dans les écoles primaires et collèges.

  • Réorienter les subventions pour valoriser le monde agricole, qu 'elles profitent à un plus grand nombre d'agriculteurs.

  • Travailler avec les agriculteurs, voir comment ils peuvent vivre de leur exploitation sans passer par les groupes industriels. Créer des appuis, des filières locales (cantines, maisons de retraites, circuits courts, AMAP, …).

 

Nous décidons de rester en contact en cas de nouveaux projets sur notre territoire et d'initier des actions de sensibilisation sur la consommation alimentaire auprès des habitants adultes comme jeunes.

 

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Marc 22/04/2010 08:30



Bonjour,


Pourquoi les éléveurs et agriculteurs ne se rassemblent-ils pas en coopératives (L'AMAP est déjà une solution).


Ceserait plus intelligent que de "vivoter", pour certains, avec des subventions.