le CO2 dans tous ses états...
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Brown plus lourd en CO2 que Sarkozy
L’Europe est à la pointe de la lutte contre les gaz à effet de serre. Mais ses dirigeants demeurent de gros voyageurs, donc de gros émetteurs de CO2. « Terra eco » a sorti sa calculette pour réaliser, en exclusivité, le premier palmarès des présidents « carbonés ».
La palme 2008 du CO2 est attribuée à Gordon Brown ! L’an dernier, le Premier ministre du Royaume-Uni a émis plus de 8 400 tonnes équivalent CO2 en se déplaçant en avion dans les cieux britanniques et internationaux (1).
Derrière lui pointe Angela Merkel, la chancelière allemande avec près de 7 400 tonnes équivalent CO2. A quelques tonnes de notre Président : 7 100 tonnes. Nicolas Sarkozy, dont nous avions calculé le bilan carbone des déplacements en octobre dernier, un an après le Grenelle de l’environnement, a maintenu son rythme de croisière. José Luis Zapatero décroche, lui, la 4e position, avec un peu plus de 6 700 tonnes.
Selon nos estimations, les quatre dirigeants européens ont dégagé, pour leurs voyages officiels, 30 000 tonnes de gaz à effet de serre, soit l’équivalent des émissions totales (transports, logistique, sécurité…) du sommet du G8 qui s’est tenu en juin 2007 en Allemagne (2). C’est autant qu’une voiture qui parcourrait 200 millions de kilomètres . C’est enfin, ce qui est économisé chaque année grâce à la centrale solaire de Serpa, au Portugal, qui produit de l’électricité pour 8 000 foyers.
Nicolas Sarkozy demeure le grand stakhanoviste de la bourlingue. En 2008, il a enquillé plus de 324 000 km, soit huit fois le tour de la Terre. José Luis Zapatero et Angela Merkel piétinent avec 175 000 km chacun. Quant à Gordon Brown, avec un peu plus de 150 000 km au compteur, on le qualifierait presque de casanier.
Gros et vieux coucous
Mais une facture carbonique dépend aussi du type d’appareil utilisé. L’avion peut bien sûr être rempli de conseillers et de journalistes, ou transporter seulement l’édile et sa garde rapprochée. Mais c’est toujours un avion entier qui se déplace. Or plus le coucou est gros et a d’années de vol dans les ailes, plus ses émissions grimpent. Nous l’admettons bien volontiers, il n’est pas si facile de déterminer quel type d’appareil a été emprunté pour chaque déplacement, les cabinets politiques brandissant à l’envi un commode « secret défense ». Mais nos dirigeants ont leurs petites préférences. Et certaines pèsent lourd sur leur facture (lire ci-dessous).
Pourquoi la rédaction de Terra Eco s’est-elle lancée dans ce palmarès du bilan carbone des dirigeants européens ? Parce que tous brandissent l’étendard de l’exemplarité écologique. Lors des conclusions du très controversé paquet énergie-climat de l’Union européenne, le 12 décembre, ils qualifiaient en choeur l’accord de « symbole du leadership européen » en matière de lutte contre le changement climatique.