entre vote du moratoire et déclarations ambigües...
Régis Laporte entend voir Flamoval « choisir le process qui garantisse la meilleure valorisation des déchets »
Mercredi 24.12.2008, 04:48 - La Voix du Nord
Le nouvel incinérateur, Flamoval, devrait sortir de terre, près de Saint-Omer, l'année prochaine.
| SIROM |
La semaine dernière, lors de la présentation des voeux au personnel du SIROM, le président du syndicat, Régis Laporte, a tenu à expliquer les enjeux du nouvel incinérateur qui devrait sortir de terre début 2009. Dès que le préfet du Pas-de-Calais aura délivré l'autorisation d'exploiter le centre de valorisation des déchets appelé Flamoval.
Régis Laporte a fait la genèse du projet. Le SIROM regroupe 54 communes pour une population de 67 500 habitants. Pour se mettre en conformité avec la loi de juillet 2002, il s'est associé au SMICTOM d'Hazebrouck et au syndicat mixte Lys-Audomarois pour créer un syndicat unique plus important : le syndicat mixte Flandre Morinie (SMFM) afin de valoriser les déchets au lieu de les déposer en centre d'enfouissement. Après de nombreuses visites et une réflexion approfondie, le SMFM décide la création, à Arques, d'un centre de valorisation énergétique (Flamoval) répondant bien au delà des exigences légales imposées pour une telle installation. Le seul traitement des fumées s'élève à 11 millions d'euros et les rejets de dioxine sont de 0,03 %.
Les entreprises pour le génie civil et le process sont connues, le syndicat en attente de l'autorisation préfectorale. Depuis, une entreprise privée propose un projet alternatif, plus efficace, écologique et moins coûteux consistant à séparer dans un trommel sous une pression de 1 000 bars, les déchets humides (40 %) et les déchets secs (60 %). La partie humide serait méthanisée pour produire du biogaz, la partie sèche traitée mécaniquement pour séparer les fines particules (14 %) ; qui seraient enfouies ; des matières non réduites qui seraient conditionnées pour servir de combustible de substitution de recyclage alimentant des chaudières industrielles, des cimenteries ou exportées à l'étranger.
De nombreuses interrogations demeurent. Ce process connu depuis 1980, n'est exploité que depuis deux à trois ans dans deux centres : Kaiserslautern (Allemagne) et Alessandria (Italie). Dès lors quelle est sa fiabilité dans la durée ? L'activité de pressage n'est pas autorisée en France, quand le sera-t-elle ? Les digestats de la méthanisation et les combustibles de substitution ont le statut de déchets et ne peuvent qu'être brûlées ou enfouis diminuant du même coup la performance énergétique attendue. Quel est le bilan énergétique global ? Les industriels pourront-ils utiliser ces combustibles de substitution et quels traitements des fumées devront-ils effectuer ? Quand les digestats de la méthanisation seront-ils valorisables ? Quel est le devenir des 18 % de mâchefers ? Autant de questions soulevées par le président du SIROM et auxquelles il faudra répondre avant le choix final : « Nous avons le devoir moral et économique de rechercher les informations disponibles et objectives pour choisir le process qui garantisse la meilleure valorisation des déchets dans le respect de l'environnement et des lois »