Flamoval : persuader les élus d'alternatives possibles !
L'entreprise de traitement des déchets installée à Blaringhem a exposé hier son projet de Bio-press. Une solution alternative à l'incinérateur Flamoval.
PAR MARIE JANSANA hazebrouck@lavoixdunord.fr
L'entreprise Baudelet a un projet de traitement de déchets et elle veut le faire savoir. Hier, son directeur général, Bernard Poissonnier, a expliqué devant la presse et une vingtaine d'élus les principaux avantages de ce qu'il présente « comme une solution alternative » à Flamoval, l'incinérateur prévu par le syndicat mixte Flandre-Morinie (SMFM). En étendard, Baudelet brandit le Grenelle de l'environnement, l'ensemble de débats sur l'écologie et le développement durable lancé par le gouvernement. Le directeur adjoint de Baudelet, Olivier Ramackaert, a précisé que le projet de loi misait sur la diminution de l'incinération et de l'enfouissement. « Nous devons prendre en compte ce que la réglementation nous imposera d'ici deux ou trois ans. » De plus, « les effets sur la santé sont neutralisés ». Autre avantage, le coût d'installation : 50 M E que l'entreprise compare aux 114 ME que l'incinérateur Flamoval coûterait, selon elle.Du côté des élus présents hier, c'est un bol d'air qui est proposé. Pour Jacques Hermant, vice-président de la communauté de commune de l'Houtland, cela « pourrait sauver l'image de marque d'une entreprise agroalimentaire ». Si l'élu ne donne pas plus de détails, l'assistance comprend qu'il évoque la société Bonduelle installée à Renescure. Maire de Sercus, Jean-Pierre Dziadek, juge quant à lui : « Pour les opposants à Flamoval, ce projet apporte de l'eau à notre moulin. Il était temps car la date butoir approche.
» En effet, le préfet doit donner sa réponse au projet du SMFM au début de l'année 2009. Mais pourquoi avoir attendu ? Bernard Poissonnier, sur la piste de la Bio-press depuis deux ans, préférait attendre la fin du Grenelle de l'environnement. De plus, il ne voulait pas qu'un autre groupe reprenne cette idée à son compte. Mais maintenant, il « invite la collectivité à examiner notre projet dans le cadre d'un partenariat public-privé ».
Économiquement, pour Baudelet, la Bio-press créerait au niveau local trente à quarante emplois directs. La méthanisation est, de plus, source d'énergie et une partie de la fraction sèche des déchets est transformée en combustible, commercialisable pour alimenter par exemple des chaufferies.
Concrètement, dans « le scénario le plus défavorable, il y aura des répercussions pour Baudelet et du chômage partiel », concède le directeur. Dans l'idéal, le partenariat s'installe et s'inscrit dans un Eco-parc, un centre multi-filières de traitement des déchets.
L'entreprise dit avoir pris contact avec la sous-préfecture de Saint-Omer, le préfet et envoyé des courriers aux syndicats intercommunaux puis, n'ayant pas eu de réponse, aux maires. Maintenant, elle mise sur l'information du public. Le but est de faire réagir et pourquoi pas de peser plus lourd dans le débat.
Si ce débat était rouvert.