Un vendredi soir... sur la France

Publié le par Arnaud

Lettre ouverte à Monsieur le député de notre circonscription,


Monsieur Decool, je me permets de vous retranscrire ici un extrait de conversation familiale de samedi  :


-          alors, tu as vu, on va travailler jusque 70 ans maintenant...

-          qu'est ce que tu racontes ?

-          mais si, c'est passé au parlement !

-          je ne vois pas de quoi tu parles...


Suite à cette conversation, je vais me renseigner et effectivement, avec stupeur je constate, Monsieur le député, que la majorité présidentielle (dont vous ?) ont voté vendredi soir, en pleine nuit, un amendement repoussant le départ à la retraite, si les salariés le souhaitent, de 60 à 65 ans dans le transport aérien et à 70 ans dans d'autres secteurs. La mesure entrerait en vigueur en 2010.


Alors bien entendu, on précise que ceci est un acte volontaire et non le changement officiel du recul de l'âge de départ en retraite. Ceci dit, c'est qu'en même une brèche qui permettra à terme de dire « on abdandonne de financer les retraites à taux normal, continuez donc à travailler si vous voulez être payé honnêtement ! ».


Ce qui me révolte sur ce vote qui doit être encore confirmé, ce n'est pas simplement le fait de reculer l'âge de la retraite, ceci peut se réfléchir... mais c'est justement la méthode pour y parvenir ! Aucun débat de société, aucune discussion préalable avec les acteurs sociaux et démocratiques sur un sujet qui soude nos solidarités nationales et forme notre pacte social national. J'ai l'impression de passage en force de décision ultra libérale.


Monsieur le Député, avec votre majorité UMP, à l'image de notre Président, n'aurions nous plus le droit à un débat démocratique sur les éléments fondateurs de notre nation ? Vous-même vous savez que le travail du Dimanche pose interrogation au sein de votre propre camp politique et  pourtant au non d'une prétendue liberté du travail ( ???), nous y allons gaiement. Vers quelle société voulez vous nous entraîner ? La crise financière à révéler l'importance d'une remise à plat de nos pratiques de régulation des marchés. La crise financière puis économique, sociale et écologique nous imposent même un changement profond du fonctionnement de nos sociétés.  Et ces changements ne pourront se réaliser qu'à travers un réel débat démocratique qui pose des constats, des analyses, et des positions claires. Avec cet  amendement en soirée dans la surprise la plus totale, nous en sommes loin même pire nous régressons !


Je compte sur vous, Monsieur le Député, pour réveiller la conscience démocratique de votre majorité.

Cordialement,

Arnaud Ginions





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