précurseurs contre persécuteurs...

Publié le par Arnaud

Libélille :

OGM- Dominique Plancke, conseiller municipal Vert à Lille et faucheur de maïs transgénique récidiviste, vient d'écoper de 120 jours-amende au tribunal de grande instance de Toulouse. Le principe ? Soit il paye 100 euros par jour, soit il va en prison pour l'équivalent en journées de la somme due. Exemple : il ne verse que 8 000 euros au lieu des 12 000 euros qu'il doit ? Il part pour 40 jours au trou. Donc, pour lui éviter ce triste sort, un appel à la solidarité a été lancé. Explications.


Pourquoi êtes-vous condamné à ces 120 jours-amende ?
J'ai fauché un champ de maïs Monsanto 810, destiné à un usage commercial, le 30 juillet 2006. Depuis, ce maïs a été interdit de fait par le gouvernement, puisque celui-ci a fait jouer la clause de sauvegarde, en expliquant que les risques pour la santé et l'environnement avaient été mal évalués. Donc cette année, ce maïs transgénique n'a pas été mis en culture. Nous sommes trois militants récidivistes à 120 jours amende, et José Bové est lui à 180 jours amende. Il est plus récidiviste que nous. Nous devons payer beaucoup d'argent sur des décisions que nous n'avons fait qu'anticiper.

C'est d'ailleurs la même logique dans un autre procès, où je viens d'être condamné à deux mois de prison avec sursis, et 66 000 euros de dommages et intérêts, à payer consolidairement avec les autres faucheurs, à Orléans. Nous étions 49 à avoir arraché des essais de Monsanto en 2004. Essais dont le Conseil d'Etat a annulé l'autorisation, deux ans plus tard.

 

Ce qui veut dire que les juges n'ont pas tenu compte du fait que le maïs ait été placé sous clause de sauvegarde, ou les essais ensuite interdits...

Si, ils en ont tenu compte. A Orléans, par exemple, Monsanto réclamait 600 000 euros de dommages et intérêts, car il estimait que la totalité du processus de recherche avait été remis en cause. Mais le tribunal a estimé qu'avec l'annulation de l'autorisation, les recherches auraient été de toute façon arrêtées.

 

Combien risquez-vous en théorie ?
Nous risquons dix ans de prison ferme, pour destruction en réunion du bien d'autrui. Ce qui n'a jamais été appliqué. Mais une nouvelle loi a été votée le 23 juin 2008, qui crée un délit spécifique pour le fauchage d'OGM. A priori, on risque moins, deux ans pour une culture commerciale, trois ans pour un essai.Mais les tribunaux hésiteront peut-être moins à appliquer la loi, et donc à être plus durs. On va voir. On a fauché le 15 août dernier dans la Vienne, on ne sait pas trop si la nouvelle loi s'applique.

 

Quelle est cette histoire de Plancketon ?
C'est la Voix du Nord qui a inventé ce terme, on hésite à le généraliser sous le terme Fauchageton. En fait, Sans Gène, une association, a été créée en 2007, pour venir en aide aux faucheurs condamnés. A l'époque, Gilles Lemaire, secrétaire national des Verts était menacé d'une saisie de son appartement, car la société Biogemma lui réclamait 200 000 euros, qu'il n'avait pas. On a donc fait appel à la solidarité pour l'aider, ce qui a été efficace.

Nous faisons la même chose pour nos jours-amende, sur l'idée, Qui veut nous racheter un jour de prison? Nous controns ainsi la logique des semenciers, qui voulaient nous taper au porte-monnaie. En tout, nous devons dans les 170 000 euros. Aux dernières nouvelles, notre appel marche bien. Et Sans Gène est une association d'intérêt général, elle délivre donc des reçus pour les déductions fiscales, en contrepartie des dons.

 

Propos recueillis par S.M.

Publicité

Publié dans Alimentation Commerce

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article