FLAMOVAL : nouvel appel à la manifestation
« Il faut être prudent et ne pas rajouter de facteur de risques »
vendredi 12.09.2008, 04:52 - La Voix du Nord
Michel Autès, vice-président du conseil régional (élu Vert) délégué à la prévention et à la santé, appelle à la manifestation anti-Flamoval, demain à 14 h, place Foch à Saint-Omer, à laquelle il participera. Avant d'animer une réunion publique, hier soir à Renescure, il nous a accordé une interview.
Êtes-vous contre l'incinération des déchets ?
« J'y suis plutôt opposé. Il y a eu une nette amélioration en matière de rejets, mais il reste des dioxines, des métaux lourds et toutes les particules issues de la combustion. L'état sanitaire de la région n'étant déjà pas réjouissant, il est préférable de ne pas rajouter de facteurs de risques. Les données présentées par l'institut national de veille sanitaire (INVS) dans son "étude d'incidence des cancers à proximité des usines d'incinération d'ordures ménagères" sont inquiétantes. » La conclusion de cette étude (1), qui portait sur des usines en fonctionnement de 1972 à 1990, donc plus polluantes qu'aujourd'hui, indique que « la causalité du lien observé entre l'exposition aux rejets d'un incinérateur et l'incidence de certains cancers ne peut pas être démontrée.
Néanmoins, plusieurs arguments plaident en faveur d'une telle relation. » Qu'en penser ?
« Cette étude me trouble car il y a un contraste entre une conclusion rassurante et des données inquiétantes. C'est regrettable qu'elle ait été menée sur dix ans quand il faudrait quinze à vingt ans pour détecter la genèse des cancers. »
Comment interpréter cela, alors ? « Il faut toujours être très prudent avec les chiffres et ne pas dramatiser. Quand on dit que le risque peut être multiplié par deux par exemple, ça peut vouloir dire un risque de 2 sur 10 000 au lieu de 1 sur 10 000, ce qui reste très mince. D'autant que les risques de cancer ne sont pas dûs à une cause mais à une multiplication de phénomènes. »
Vous prônez donc le bénéfice du doute... « Comme on ne connaît pas beaucoup de chose, il faut être prudent. et ne pas rajouter de facteur de risque. »
Est-ce à dire que vous serez opposé à tout nouveau projet d'incinérateur ? « J'aurais souhaité un moratoire sur l'incinération car il y a des incertitudes en termes de santé publique. Il y a 40 à 50 % de cancers dont on ne connaît pas l'origine. Je ne suis pas spécialiste de la gestion des déchets et je reconnais que ce n'est pas un sujet simple, mais y a-t-il une réelle urgence ? La mise en décharge est-elle vraiment pire que l'incinération ? »
Quelle serait la solution pour traiter les déchets ? « Il n'y a aucune bonne solution. Le vrai procédé c'est la réduction des déchets à la base. »
Pourquoi la mobilisation anti-Flamoval prend-elle de l'ampleur depuis quelques mois alors que l'on parle de ce projet depuis 2001 ? « Une opposition est née très tôt, j'ai même rencontré des opposants dès 2004. Mais je pense que lorsqu'on se retrouve au pied du mur, on mobilise davantage. » •
> (1) www.invs.sante.fr.