mémoire de nos pollutions pour les générations futures...
Lu sur Novethic, un article interessant autour du nucléaire avec l'interview Patrick Charton, responsable du département développement durable de l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra)... comment garder en mémoire (collective) les lieux d'enfouissement des déchets nucléaires qui restent dangereux pour de longues années... La première solution : ne plus multiplier les sources de déchets c'est à dire la multiplication des centrales nucléaires !
Voici un extrait de l'article que vous pouvez retrouver sur le site de Novethic :
La radioactivité des déchets nucléaires dépasse souvent les cinq cent ans. Comment faire pour assurer une mémoire sur un très long terme ?
C'est aussi l'objet de travaux de recherche que nous menons à l'Andra. Pour cela, nous travaillons avec des homologues étrangers, car il faut créer une réflexion globale sur le sujet. Chacun y va de ses idées. Par exemple, les anglo-saxons et les américains travaillent sur des marqueurs de surface, un peu à la manière des mégalithes présents depuis des siècles. Mais la difficulté est souvent d'en comprendre le sens : regardez le mystère qui entoure les statues de l'Île de Pâques ! Les américains envisagent de graver un message en plusieurs langues, dont le français, pour accroître les chances de transmission. Mais comment garantir la pérennité d'une langue à l'échelle du millénaire ? Donc ils travaillent également à l'élaboration de sigles significatifs, pour faire apparaître la dangerosité d'une intrusion intempestive sur le site. Là encore se pose le problème fondamental du sens : comment être sûr de ne pas inciter à pénétrer le site par curiosité ? Laisser une trace c'est avant tout signifier la présence de quelque chose qui peut s'avérer intrigant...
De leur côté, les japonais envisagent d'autres types de marqueurs. Notamment un marquage au laser sur un matériau très résistant qu'ils entreposeraient dans un lieu sacré. Il existe en effet un temple qui, depuis plus de mille ans, est détruit et reconstruit à l'identique tous les vingt-cinq ans. On réalise ici l'impact de la tradition culturelle dans la transmission du savoir.
Quelles sont les propositions françaises en la matière ?
Pour ma part, je pense qu'il faudra inévitablement combiner plusieurs des solutions avancées. Un sociologue proposait par exemple de créer un ouvrage d'art dont les populations seront tellement fières qu'elles ne le laisseront jamais disparaître. Je trouve l'idée plutôt séduisante. De toute façon, il faudra sortir du seul monde de l'ingénieur, se tourner vers les civilisations passées pour étudier la façon dont leur culture nous est parvenue. On fera appel à des archéologues, des historiens, des anthropologues. Mais on a tout le temps pour y réfléchir : la fermeture des centres de stockage n'est pas prévue pour demain.
Stupéfiant vous ne trouvez pas ? Et dire que notre région sera peut-être concerné par le stockage...