les incinérateurs c'est pas automatiques...
Bataille de chiffres autour des rejets
jeudi 04.09.2008, 04:51 - La Voix du Nord
Avant la manifestation anti-Flamoval prévue le 13 septembre à Saint-Omer, le pneumologue Philippe Richard, président de l'association pour la protection de la santé des habitants de région de Saint-Omer (APSH) continue de porter le fer contre le projet d'incinérateur à la porte multimodale de l'Aa.
Encouragé par les 20 000 signatures collectées par la pétition contre le projet d'incinérateur Flamoval, le médecin Philippe Richard continue d'alerter l'opinion publique sur ce qu'il appelle une « machine à cancers ». Le but étant de se faire entendre jusqu'à Arras, puisque c'est le préfet qui doit prendre incessamment la décision d'autoriser, ou non, Flamoval.
« Qu'on arrête de parler de Naples quand on parle de déchets et qu'on prenne plutôt exemple sur les bons élèves qui effectuent un bien meilleur tri sélectif que nous, tempête le pneumologue. Je regarde désormais souvent le contenu des poubelles, et je me rends compte qu'il reste beaucoup à faire en direction de la population pour parvenir à un tri efficace. Les pouvoirs publics doivent lancer une campagne de sensibilisation de grande ampleur à l'image de celle qui disait que "les antibiotiques c'est pas automatique". » Insistant sur le fait que « seulement quelques molécules sur les centaines émises seront analysées alors qu'on ne sait pas lesquelles sont cancérigènes », le médecin se lance néanmoins dans des calculs autour des rejets de dioxine pour affirmer haut et fort que « cet incinérateur délivrera par jour de quoi saturer 560 000 habitants. » Or son calcul peut être aisément remis en cause puisqu'il se base sur la norme européenne de rejet fixée à 0,1 ng, alors que le constructeur de Flamoval s'est engagé à ne pas dépasser 0,002 ng (notre édition du 7 juin 2007). Certes, même s'il ne respectait pas ses engagements au pied de la lettre, le constructeur resterait en dessous de la norme autorisée, et l'idéal reste zéro dioxine. Mais les arguments avancés de toute part sur ce sujet, brûlant, de santé publique, ne méritent-ils pas d'être avancés consciencieusement et avec honnêteté pour être véritablement dignes de foi ? •
DAVID MONNERY