Flamoval : "Je démissionnerai"
Actualité Hazebrouck Jacques Hurlus, adjoint au maire de Lestrem réclame un moratoire sur le projet d'incinérateur Flamoval
dimanche 20.07.2008, 05:10 - La Voix du Nord
Le 13 septembre, le préfet du Pas-de-Calais doit signer le projet d'exploitation de l'incinérateur Flamoval à Arques. Délégué de la communauté de communes Flandre-Lys (CCFL) et du SMICTOM, le Lestrémois Jacques Hurlus réclame un moratoire jusqu'à l'automne.
Se présentant comme « un élu de base », il est sorti « très énervé » de la première réunion du syndicat mixte Flandre Morinie, portant le projet, à laquelle il a assisté. « Avec Bernard Loridan, adjoint à Merville, l'autre délégué de la CCFL, on a eu l'impression que tout était plié », se désole un nouveau venu qui a été rabroué lorsqu'il a posé des questions.
En particulier quand il a demandé ce qui se passerait si ce projet concernant 350 000 habitants de 159 communes (dont celles de Lestrem, Laventie et Fleurbaix) se révélait sur-dimensionné. Ce qui, à ses yeux, risque de se produire. Entre le moment où Flamoval a été mis sur orbite et aujourd'hui, le monde a changé. Le tri sélectif gagne du terrain, même si la France reste à la traîne de l'Allemagne. « Pour faire tourner une usine en capacité de traiter 92 500 tonnes par an, l'entreprise privée qui l'exploitera n'aura pas le choix : elle fera venir des déchets d'ailleurs. » En outre, il a été « interpellé » par la mobilisation d'un millier de personnes qui se sont déplacées début juin à Saint-Omer pour assister à la réunion organisée par des professionnels de la santé. Et il s'interroge sur le plan B qu'il faudra mettre en oeuvre lorsque l'Europe alignera ses normes sur celles des États-Unis, cent cinquante fois plus drastiques que les siennes. Une Europe dont une directive préconise de poursuivre pénalement les élus pour les atteintes à l'environnement.
« J'en arrive à la conclusion que l'incinération, ce n'est pas une solution d'avenir », s'exclame l'élu lestrémois, observant que Flamoval ne devrait créer que vingt-cinq emplois alors que la plate-forme de tri sélectif à Dunkerque donne du travail à une centaine de personnes. Et que sur le plan de la production d'énergie, la technique de la méthanisation tient la route.
L'État a refusé un projet analogue à Marseille et à Clermont-Ferrand. « La logique voudrait que son représentant dans le Pas-de-Calais fasse de même », espère Jacques Hurlus. « Dieu sait si je n'ai pas la fibre environnementale mais en cautionnant ce projet, je me dis que je fais une bêtise », ajoute-t-il. « Si mes remarques ne sont pas prises en considération, je démissionnerai"