le progrès peut tuer...

Publié le par Arnaud

Sans-titre-1-.jpg"Le progrès peut tuer", c'est ainsi qu'est intitulé le dernier bulletin d'information de l'association Survival, association qui aide les peuples indigènes à pouvoir déterminer leur propre avenir.

Titre terrifiant qu'en on y réfléchit et qui remet en cause pas mal de nos idées préconçues sur notre modèle de société. Et pourtant les constats sont là. Dés qu'un peuple autochtone est happé par notre civilisation, avec tout son cortége de savoirs, de richesses mais aussi de puissance et d'arrogance, ce peuple est en grand danger d'extermination. L'espérance de vie des autochtones devient paradoxalement plus courte (malgré notre science) pour raison de santé, de dépendance, de suicide et/ou de famine. La perte soudaine de leur culture, du sens de leur existence via leur propre organisation, et surtout de leur terre sont les conséquences de la disparition de certains peuples. Notre tendance à vouloir imposer notre façon d'exister, (souvent par profit car les terres valent parfois de "l'or") en apportant notre progrès rappelle certaines heures de notre histoire coloniale. Ce n'est pas, à travers ce rapport de Survival, la volonté de renier le progrès et les avancées formidables pour nous et nos ancêtres, c'est simplement nous rappeler qu'il n'y à pas sur terre qu'un seulet unique mode de progrès, prétendument idéal (même les sociétés indigènes évoluent dans le temps).

Qui est le plus heureux; l'ouvrier à la chaîne en France ou le berger Massai du Kenya ? Ce titre, "le progrés peut tuer" est-il aussi d'actualité dans nos sociétés ? Pas si évident à répondre voire trop douloureux pour se prononcer . Ceci nous renvoie à l'évidence vers nos propres sociétés pour savoir quel progrès nous voulons aujourd'hui ? Quel sens nous lui donnons ? Bref comment nous situons nos existences, comment nous situons l'Humain dans la marche du temps que nous produisons ? A mon avis, c'est un vaste débat mais indispensable et urgent pour bâtir une société différente que celle que je vois se construire pour mes enfants…  Je continuerais donc modestement sur le chemin de l'engagement !


Photo de Survival. Femme Aché mourant d'inanition après avoir été obligée de quitter la forêt, Paraguay.

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C
Je ne sais s'il existe encore des tribus "sauvages" capables de survivre sans "l'aide" de la civilisation moderne. Tout ces gens qui vivaient de cueillette et de pêche s'habillent maintenant de ti-shirts, de basquettes, et cherchent du travail pour survivre. La plupart d'entre eux ne revêtent leurs vêtements traditionnels que parce qu'ils sont payés par les offices de tourisme pour attirer les vacanciers qui viennent les photographier. Nous les avons tant et si bien assujettis : nomadisme interdit, propriétés privés, papiers d'identité, découpages territoriaux .... c'est bien triste et l'histoire ne date pas d'aujourd'hui malheureusement.
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A
Il y a encore de l'espoir. Certains peuples fuyent le contact. D'autres retrouvent la fierté de leur culture et même si ils doivent passer par le tourisme pourquoi pas après tout si ils le font pour leur compte. Défendre les peuples indigènes ce n'est pas idéaliser un passé, c'est permettre de ne pas se couper de racines profondes qui font signe d'une humanité diverse, riche et necessaire dans le partage. C'est éviter de perdre tout un patrimoine culturel universelle. En Australie, le gouvernement travailliste vient de reconnaitre les atteintes faites auprès des Aborigènes!