Flamoval : position de Houtland Nature
Madame, Monsieur,
Représentant de votre commune au SIROM, vous avez donné un avis favorable au projet de construction d’un incinérateur et d’un pavillon de communication. Le projet FLAMOVAL vient d’être présenté, fin 2007, aux citoyens dans le cadre de l’enquête publique.
Notre association de protection de l’environnement ne comprend pas pourquoi vous soutenez ce projet inutile et coûteux pour le contribuable de votre commune et problématique pour l’environnement.
Notre explication, l’empilement des structures amène une dilution de l’information (représentant de la commune – représentant des communautés de communes – SIRON – regroupement de syndicats pour aboutir au SMFM) avec un transfert des prises de responsabilité.
Avant que le Préfet et que les nouvelles équipes municipales se positionnent sur ce projet, il nous a semblé utile de vous présenter pourquoi nous nous opposons à l’incinérateur FLAMOVAL.
Nous voulons faire vivre la démocratie participative, apporter les éléments d’analyse aux citoyens.
1 : Cet équipement est-il indispensable pour les déchets, type Ordures ménagères et Déchets industriels assimilés, issus du périmètre du SMFM d’ici le temps d’amortissement de cet outil ?
- Clairement NON. En effet, les capacités des centres de stockage de déchets ultimes sont d’au moins 20 ans avec l’augmentation du taux de valorisation. Les centres sont ceux de BAUDELET (Blaringhem) , SITA (Hersin coupigny), SECHE ENVIRONNEMENT (La Bistade), La Nordiste de l’Environnement (Harnes). Cette énumération met en lumière la concurrence présente sur ce marché, et les prix stables depuis quelques années.
2 : Du point de vue de l’écobilan de la filière déchets de l’impact sur le changement climatique, est-il préférable de privilégier la filière incinération ou la filière enfouissement ?
- NON, l’incinération arrive en dernière position. Une étude réalisée en 2006 en Angleterre montre que la filière enfouissement a moins d’impacts (effet de serre, changement climatique) si les gaz produits sont récupérés. Sur les 3 premiers sites, les gaz sont maintenant valorisés énergétiquement.
3 : L’incinération élimine t’elle plus les déchets que l’enfouissement ?
- Non, car il y a transfert des polluants dans les fumées et les cendres, il y a donc concentration. En pratique il y a environ 3 % du tonnage entré dans l’incinérateur qui devient des REFIOM (traitement des fumées) et environ 30 % du tonnage entré qui se transforme en mâchefer. Les REFIOM devront être inertés et envoyés sur un centre de stockage de déchets ultimes de classe 1, alors que les mâchefers pourraient être recyclés.
Mais le recyclage des mâchefers vers les travaux publics sera de plus en plus difficile car les sociétés de TP s’équipent de plateformes de recyclage des gravats, des bétons. Cette tendance s’accentuera avec le développement des constructions HQE. Pouvez-vous imaginer l’entreprise de TP choisir le matériau avec le plus de risque ? Par ailleurs, les décisions récentes du Grenelle de l’environnement demandent la modification de la circulaire de 1994 sur les mâchefers.
Les REFIOM seront transportés par camion, l’exploitation de la classe 1 se trouve au nord de Paris.
4 : La filière incinération est-elle moins onéreuse que la filière enfouissement ?
- Les chiffres annoncés lors de la présentation au public ne sont pas crédibles. L’article de la Voix du Nord indique un coût de traitement de 90 € /tonne, identique à celui de l’enfouissement. Faux, le coût de l’enfouissement est à ce jour autour de 65 €/tonne.
Par ailleurs dans le compte rendu de l’AG du 13 décembre 2007 il est indiqué qu’en 2007 et en 2008 une augmentation est intégrée dans les coûts actuels pour rattraper l’écart (nous comprenons 5.50 €/t par an).
- Coût estimatif de l’incinérateur : 56.7 millions d’euros.
5 : FLAMOVAL génère du travail d’après le Président du SMFM, pour 25 à 28 personnes
- Le ratio moyen pour des incinérateurs de cette puissance est plutôt de 20 personnes.
La charge du personnel impacte le coût du traitement des déchets d’environ 10 €/t.
Coût moyen d’un salarié : 37 000 € * 27 = 1 000 000 €
Coût à la tonne traitée : 1 000 000 : 92 500 t. = 10,8 €/t.
A noter, le frein au développement de l’agriculture sous les vents de l’incinérateur ainsi que celui de l’usine Bonduelle.
6 : FLAMOVAL sera équipé d’un pavillon de communication
- La redevance Ordures ménagères n’est pas destinée à répondre à ce type de communication. Il serait plus judicieux d’investir dans des déchèteries et/ou dans des outils de compostage pour traiter les déchets à la source.
- Si le projet aboutit, le temps donnera raison aux opposants. Comment sera alors utilisé cet espace ?
7 : L’incinérateur respectera les meilleures normes
- Acceptons cette affirmation qui trouve très rapidement ses limites lorsque l’on sait que nous allons vers un durcissement de la réglementation environnementale. Actuellement l’administration demande de surveiller certains rejets, demain avec les nouvelles connaissances il va falloir de nouveaux investir pour se mettre aux normes.
- Les rejets sont tributaires des déchets enfournés, qui peut s’engager sur la composition des déchets de demain ?
- Au sortir du Grenelle de l’environnement, il semble acquis que les dioxines devront être mesurées en continu. Voila déjà concrètement un nouveau point à entrer dans un avenant.
8 : Comment atteindre un taux de marche correct de l’incinérateur et l’objectif administratif d’atteindre 50 % de valorisation en 2010 ?
- L’incinération n’est pas considérée comme une valorisation.
- Pour obtenir des performances techniques honorables il sera nécessaire de s’engager sur des tonnes à fournir, sans doute un fond de four (tonnes tampon) sera laissé au prestataire qui exploitera le site. Demain comment alors concilier tonnes à réserver pour FLAMOVAL et tonnes à valoriser ? Pour arriver à tenir les objectifs, l’incinération sera taxée.
- Les collectivités qui ont mis en place un cout d’enlèvement proportionnel au tonnage collecté ont vu les quantités de déchets fondre.
9 : Les déchets de 2013 seront-ils comparables à ceux de 2008 ?
- Non, la notion de développement soutenable, générera de nouvelles approches (construction HQE), les industriels intègrent maintenant la notion de déconstruction, les plastiques biodégradables sont sortis des laboratoires …
- Devrons-nous alors importer des déchets d’autres régions, d’autres pays pour alimenter FLAMOVAL ?
10 : Pourquoi investir d’abord dans FLAMOVAL plutôt que dans des déchèteries et des points de compostages ?
- Qui ne sait pas, que vouloir brûler des déchets humides, composés à 30% d’eau est complètement ubuesque?
- Les Promoteurs vous ont demandé de dire oui pour traiter seulement qu’une petite partie de la masse des ordures ménagères, alors que les fermentescibles représentent certainement 50 % de la masse totale.
- Tout le territoire du SIROM n’est pas encore équipé en déchèterie ! ! !
11 : Flamoval et la production d’énergie
- Si une partie sera transformée en électricité une autre en vapeur pour chauffer les bâtiments globalement le bilan sera faible.
- Ces mêmes tonnes de déchets ultimes enfouis dans des centres correctement gérés génèreraient plus d’énergie. Le méthane récupéré permet la fabrication d’électricité ou la fusion de vieux métaux.
- Les quantités de fuel pour livrer les déchets par camions, les quantités de fuel pour transporter les résidus (REFIOM, mâchefers) sur les centres d’enfouissement déchets ultimes sont-elles comptabilisées dans le bilan énergétique. Le combustible nécessaire au fonctionnement de l’incinérateur est il déduit ?
12 : Nous avons recherché la meilleure solution « durable »
- Les Décideurs du SIROM ont-ils seulement échangé avec leurs collègues Elus représentants de la communauté de communes de la Colme ?
- Connaissez-vous les niveaux de recyclage de ce secteur rural comme le notre ?
- Connaissez-vous le coût pour le contribuable dans cette communauté ?
- Oseriez-vous dire que les Elus de cette communauté sont de mauvais gestionnaires ?
La méthode de la communauté de communes de la Colme :
- sensibilisation de proximité pour inciter à réduire les déchets à la source ;
- mise en concurrence des prestataires ;
- avec de bons sens avec des investissements légers, évolutifs ;
- petite structure connaissant parfaitement les pratiques des citoyens avec des responsables administratifs et politiques compétents.
A titre de comparaison, pour financer les intérêts des emprunts, l’AG du SIROM du 13/12/2007 pour 2008, a accepté un montant de 3.376 €/hab./ an soit environ 4.5 fois le montant prévu pour le prochain plan environnement du Pays des moulins (projet interreg 4).
- Les Promoteurs du projet entendent-ils les réserves et les oppositions des médecins locaux vis-à-vis de cette technique ? La dioxine et les micro polluants ne seront pas tous retenus dans les REFIOM.
Nous restons à votre disposition pour écouter vos remarques et répondre aux questions suscitées par cet argumentaire.
Aujourd’hui, vous ne pouvez plus dire, je ne savais pas. Votre prise de position engage le territoire dans une impasse pour des années, l’argent investi dans ce projet ne sera pas disponible pour d’autres projets indispensables.
Ce courrier sera adressé à tous les Elus du SIROM et sera rendu public.