l'avenir de l'Homme...
Je pense à Ingrid Bétancourt qui, dans des conditions dramatiques, arrive encore à définir l'espoir d'un monde qui ne perdrait pas son âme. Voici un extrait de l'émouvante lettre (c'est peu de le dire) reçue d'elle comme preuve de vie :
"Seul le temps peut ouvrir les consciences et élever les esprits. Je pense à la grandeur des Etats-Unis, par exemple. Cette grandeur n’est pas le fruit de la richesse en terres, matières premières, etc, mais plutôt le fruit de la grandeur d’âme des leaders qui ont modelé la Nation. Quand Lincoln a défendu le droit à la vie et à la liberté des esclaves noirs en Amérique, il a aussi affronté beaucoup de Floridas et Praderas [municipalités demandées par les FARC pour la zone démilitarisée]. Beaucoup d’intérêts économiques et politiques que certains considéraient comme supérieurs à la vie et à la liberté d’une poignée de noirs. Mais Lincoln a gagné et il reste imprimé sur le collectif de cette nation, la priorité de la vie de l’être humain sur quelque autre type d’intérêt. En Colombie, nous devons encore penser à notre origine, à qui nous sommes et où nous voulons aller. Moi, j’aspire à ce qu’un jour, nous ayons la soif de grandeur qui fait surgir les peuples du néant pour atteindre le soleil. Quand nous serons inconditionnels face à la défense de la vie et de la liberté des nôtres, c’est-à-dire, quand nous serons moins individualistes et plus solidaires, moins indifférents et plus engagés, moins intolérants et plus compatissants. Alors, ce jour-là, nous serons la grande nation que nous voulons tous être. Cette grandeur est là endormie dans les cœurs. Mais les cœurs se sont endurcis et pèsent tant qu’ils ne nous permettent pas des sentiments élevés.
Je pense aussi à Mama Galledou (et sa famille) qui lors du verdict du procés de ses agresseurs a accepté en toute humanité les peines inférieures aux réquisitions de l'accusation, le tribunal ayant retenu l'excuse de minorité malgré les pressions extérieures. Par son humilité, elle rend à la justice tout son sens :
Les adolescents comparaissaient pour «incendie volontaire ayant entraîné une infirmité ou une mutilation volontaire» et l'intention de tuer n'était donc pas retenue. Les jeunes disent avoir voulu brûler un bus, répétant des faits déjà vus dans d'autres épisodes de violences urbaines. Mama Galledou, 27 ans, qui a été entendue par visio-conférence au début de l'audience, s'est déclarée soulagée après ce procès, par l'intermédiaire de son avocat. «Sa première réaction a été de me dire : maintenant, c'est fini dans ma tête», a affirmé Alain Molla, son avocat, après le verdict. «C'est une façon de dire que ce procès ne doit pas continuer.»
Il a lu une déclaration de la jeune femme dans laquelle elle s'est adressée à ses agresseurs. «Je ne vous connais pas, mais je ne vous oublierais jamais», dit-elle notamment. «Je suis condamnée à vivre dans ce corps que je ne reconnaît pas.» Son père, Bocar Sally Galledou, a souhaité que de «tels actes ne puissent plus se reproduire». «Toute la famille se sent soulagée d'une certaine manière», a ajouté le frère de la victime, Papa Sally Galledou.
Je pense à vous, à mon épouse, à toutes les femmes qui, humblement, se battent, chacune à sa place, avec ténacité pour faire avancer l'humanité !