"Le monde a moins d'une décennie pour changer le cours des choses"

Publié le par Arnaud

Ingénieure agronome de formation, Isabelle Delannoy écrit sur les questions environnementales depuis plusieurs années. Elle co-signe les livres de photos aériennes de Yann Arthus-Bertrand, et collabore à d'autres ouvrages.
Je vous redonne ici un article de son blog et vous invite à aller voir son interview sur l'urgence écologique :
 
"A quelques jours de la conférence de Bali sur le changement climatique, les rapports internationaux se succèdent, plus fermes et alarmants les uns que les autres. Le dernier en date, provenant du Programme des Nations Unies pour le développement, enfonce un dernier clou. Fait nouveau, les politiques ne sont pas en reste dans leur posture internationale. la conférence de Bali sera-t-elle une réussite ?
 
Le programme des Nations unies pour le Développement humain (PNUD) vient de remettre son rapport annuel aujourd'hui. Les rapports du PNUD sont toujours intéressants car ils dressent des états des lieux complexes menés selon un double prisme, social et économique. D'année en année, leur prisme est aussi de plus en plus environnemental.

Cette année, leur message est d'une force, d'une concision et d'une clarté rare : Si la communauté internationale ne s'entend pas pour réduire les émissions de gaz carbonique de moitié au cours de la génération à venir, les bouleversements climatiques risquent d'engendrer des catastrophes écologiques irréversibles et d'avoir pour conséquences des reculs humains et économiques.

Kevin Watkins, principal auteur du rapport et chercheur attaché à l'université d'Oxford a déclaré à Brasilia aujourd'hui "le monde ne peut pas se permettre d'attendre. Il a moins d'une décennie pour changer le cours des choses "

Début décembre aura lieu la conférence de Bali organisée sous l'égide des Nations Unies sur le climat. On espère une réussite, chacun s'y prépare : le GIEC, particulièrement ferme dans son dernier rapport, le PNUD aujourd'hui. Mais les lignes bougent aussi dans les sphères politiques quelque soit le continent. l'Australie vient d'élire un président s'engageant à ratifier Kyoto, Angela Merkel reste ferme dans les objectifs allemands en politique intérieure et a encore appelé hier les membres de l'Union Européenne à l'unité sur cette question pour préparer Bali. Elle en fait aujourd'hui l'axe majeur de la politique diplomatique européenne. C'est en effet sur ce point que l'Europe se dégage aujourd'hui le plus nettement de ses partenaires industrialisés. Et enfin, si on peut s'agacer de l'arrogance et de l'ignorance de notre président sur cette question, mais il a lui aussi préparé la conférence de Bali lors de son voyage en Chine.

Assisterons-nous à la définition d'une véritable "Nouvelle donne" avec transfert de fonds, de technologies vers les pays les plus touchés et les moins adaptés ? Verrons nous s'élaborer une feuille de route précise avec définition des objectifs, des moyens accordés, des modes de financement, et présentant calendrier avec évaluations et échéances ?

. Si Bali ne parvient pas à cela, alors ce sera un échec. Comme l'a rappelé Mme Merkel, une écrasante majorité de scientifiques estime qu'au-delà d'un réchauffement de 2 degrés Celsius, la planète basculerait de manière irréversible. Or, rien que pour limiter le réchauffement à 2 degrés, il faut que les pays divisent par deux leurs émissions de CO2, ce qui, dans un monde à la population et l'industrialisation grandissantes, exige une détermination sans faille.

A lire également (ajoutés les 28 et 29 novembre 2007):
- l'excellent
post de Denis Delbecq (effet de terre) sur le sujet et les débats houleux qui s'annoncent.
- la remarquable
synthèse de So-Ann (a l'évidence) : inégalités, humanité et changement-climatique."
 
 
 
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Publié dans Actu

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