Mais au fait …. Qu’est ce que la démocratie participative ?

Publié le par Arnaud

J'utilise souvent ce terme dans mes propos ou parfois "démocratie en continu". En effet, il me parait indispensable si nous voulons construire une autre société (et les événements nous le demanderont, tant mieux!) la notion de démocratie participative est primordiale que cela déplaise aux archaïques de tout bord et à ceux qui dénigrent le souffle et les extraordinaires avancées de Mai 68 (si vous voyez à qui je fais allusion). Mais comment définir son objet. J'ai eu l'occasion de lire l'apport sur ce sujet par un internaute. Je n'aurai pas su mieux l'expliquer alors voici son texte avec son autorisation. Je m'excuse pour la longueur de l'article mais l'enjeu en vaut la chandelle...
"On parle beaucoup de démocratie participative, des expériences régionales ou locales sont menées, des forums politiques fleurissent, des sites sur le net ………..
Mais au fait …. Qu’est ce la démocratie participative ?

Définition :
Le Larousse
*Démocratie : Régime politique dans lequel le peuple exerce sa souveraineté lui-même
- sans l’intermédiaire d’un organe représentatif (démocratie directe)
- ou par représentants interposés (démocratie représentative)
*Participation : Action, fait de participer.
*Participer : S’associer, prendre part à quelque chose.
Que la démocratie soit directe ou représentative, la définition de la démocratie est :
Un régime politique dans lequel le peuple exerce sa souveraineté.
C’est ce principe qui devra guider la réflexion sur l’introduction de la démocratie participative.
En effet, l’expérience de l’histoire et l’observation de ce qui se passe aujourd’hui montre que dans une démocratie représentative , le peuple pour diverses raisons et de diverses manières perd une partie plus ou moins grande de sa souveraineté et plus grave encore l’envie même de l’exercer.
La conséquence de ce désordre est un affaiblissement de l’état et une perte d’efficacité de l’action publique qui n’étant plus supportée par la volonté populaire, devient une gestion fluctuante des intérêts contradictoires, subit la pression des lobbys et l’emprise de l’économie.
 
L’intérêt d’une démocratie participative
La perte démocratique induit une perte du projet social ; la société se morcelle et se divise, le lien social disparaît.
Pourtant, dans une société nombreuse et complexe la représentation est une nécessité, une démocratie directe semble difficilement envisageable.
Le but évident de la démocratie participative serait donc de redonner de l’efficacité à l’action publique en redonnant du goût pour la politique aux citoyens, en valorisant cette ressource humaine nombreuse et diversifiée, en réactivant la souveraineté populaire et donc en réveillant la démocratie. La démocratie participative devrait remettre en lien et en mouvement les acteurs sociaux autour du projet de société.
Aujourd’hui, les lourds enjeux environnementaux, économiques et sociaux rendent urgent ce processus de réactivation démocratique.
Ce que l’on nomme démocratie participative est donc pour le citoyen la possibilité de s’associer et de participer au travail de ses représentants.
L’introduction de la démocratie participative est donc l’organisation de la collaboration des élus et des citoyens. Une collaboration fonctionnant bien sûr dans les deux sens, l’introduction de la participation citoyenne va modifier l’organisation représentative et aboutir à un nouveau mode d’organisation démocratique. C’est un vrai changement et non quelque chose qui viendrait en plus.
Cette action participative du citoyen va de la simple écoute de l’information que lui délivre l’élu (ou vice versa), à la participation à la préparation des choix politiques, à l’évaluation de ces choix et actions s’y rapportant et peut même aller jusqu’à la participation à des actions, à des projets d’intérêt général rentrant dans le cadre de ces choix politiques.
Le vote restant le mode d’expression de sa souveraineté.

Les grands principes
Comme pour la démocratie représentative, la démocratie participative a besoin d’un cadre et d’une organisation et donc de moyens. Ce cadre devant bien sûr être reconnu par tous les citoyens et donc légitimé. Les différentes expérimentations et initiatives concernant la participation sont intéressantes et font ressortir la richesse de la ressource citoyenne, mais risquent de « brouiller le message » et d’empêcher la réflexion sur la démocratie participative comme élément structurant d’une démocratie nouvelle. D’autre part on assiste à une captation de la participation par de très nombreux acteurs politiques, associatifs ou commerciaux à leur profit, la méthode participative produisant avec efficacité l’adhésion de ceux qui participent, Ce phénomène qui s’est fortement développé notamment grâce au Net, risque aussi d’entretenir la confusion entre participation et démocratie participative, ces deux notions n’étant pas à mettre sur le même plan.
L’ORGANISATION DU CADRE PARTICIPATIF DOIT S’APPUYER SUR LA DEFINITION DE LA DEMOCRATIE PARTICIPATIVE QUI EST UNE COLLABORATION ENTRE ELUS ET CITOYENS ORGANISEE DANS UN CADRE OFFICIEL LEGITIME.
Ce cadre va donc suivre de près celui organisé pour le travail des élus et donc le maillage des divers échelons de la pratique démocratique.
Mais l’introduction de la démocratie participative devra permettre une réorganisation de la structure représentative, notamment en simplifiant et réduisant le nombre d’échelons de l’exercice du pouvoir.
Et aussi, dans la mesure où cette collaboration n’est pas à sens unique : à repenser la mission des élus, notamment en réactualisant leur mission première, à savoir : permettre aux citoyens d’exercer au mieux leur souveraineté, en leur donnant les outils d’information et d’expertise leur permettant de le faire. Mission première et essentielle du chef de l’état, Président de la République qui est élu pour veiller au bon fonctionnement de la démocratie qui, rappelons le est un régime politique dans lequel le peuple exerce sa souveraineté lui-même.
Le cadre de la participation citoyenne devra permettre aussi le respect du travail des élus qui doivent continuer à assumer leur mission dans la sérénité. Une fois les décisions prises suite au vote, les élus doivent pouvoir travailler dans de bonnes conditions à leur mise en œuvre. Mais ces travaux et leurs résultats doivent être transparents et rendus visibles afin de permettre aux citoyens d’en faire l’évaluation.
D’autre part, la démocratie participative doit permettre de concerner le plus grand nombre de citoyens et de toucher le grand public ; on ne peut en effet concevoir une démocratie participative à la marge ne concernant qu’une minorité privilégiée de la population. Les travaux participatifs devront donc s’inscrire dans des cadres fortement médiatisés, et les divers travaux devront pouvoir bénéficier de compte rendus attractifs, simples et de qualité.
Au-delà des délibérations citoyennes autour d’expertises destinées à préparer les décisions , au-delà du travail d’évaluation des programmes menés, la collaboration élus citoyens peut aussi aller jusqu’à mener ensemble des projets, des actions d’intérêt général.
Enfin un maillon important de la république doit lui aussi être immergé dans le processus de participation citoyenne : l’école.
La démocratie reste donc représentative et c’est le vote des citoyens qui continue à exprimer la légitimité des élus et des choix politiques. La démocratie participative vient en amont pour que la collaboration élue et citoyenne prépare les choix, en aval pour évaluer les actions menées et le travail des élus, et plus activement pour mener des actions collectives concrètes.
LA DEMOCRATIE PARTICIPATIVE EST DONC UNE STRUCTURE DYNAMIQUE, VIVANTE, DESTINEE A METTRE EN LIEN ET EN MOUVEMENT L’ENSEMBLE DES ACTEURS SOCIAUX.
Sauf à surcharger les élus qui sont déjà bien sollicités par leurs tâches ou à abuser du bénévolat de citoyens qui eux aussi sont pris par leurs métiers, familles, activités ou difficultés diverses, LA DEMOCRATIE PARTICIPATIVE A BESOIN D’AGENTS D’ANIMATION ET DE COMMUNICATION PROFESSIONNELS pour assurer dans de bonnes conditions la collaboration entre les élus et des citoyens

On peut imaginer qu’un réaménagement de la démocratie représentative dans le sens de l’économie et de la simplification puisse aider au financement de ces nouveaux métiers.
Ce travail professionnel, d’animation, d’organisation et de communication est un élément essentiel et vital du processus participatif.
Pour résumer, la démocratie participative se présente donc comme la tentative de réactiver la démocratie dans sa définition originelle : à savoir un régime politique dans lequel le peuple exerce sa souveraineté lui-même.
Pour que les citoyens exercent réellement à nouveau leur souveraineté, le chef de l’état, garant des institutions et du bon fonctionnement démocratique doit proposer au peuple le principe d’une démocratie nouvelle mariant démocratie représentative et démocratie participative ; cette nouvelle république devant se fonder sur une nouvelle collaboration entre les élus et les citoyens.
L’état, mettra à la disposition des citoyens et des élus une structure nationale de démocratie participative qui devra permettre :
- en amont des décisions concernant les grandes orientations du pays, l’expertise et la délibération publique.
- En aval, concernant l’application des actions issues des orientations choisies, leur évaluation.
- Sur les territoires, la mise en œuvre d’actions collectives appliquant localement les orientations générales du pays
- A l’école, aux enfants, de participer à ce nouveau mode de gouvernance.
On ne peut dissocier cet effort de mise en place d’un nouvel outil démocratique du contexte national et mondial et des grands enjeux qui viennent, à savoir :
Comment réussir une mondialisation permettant de préserver les intérêts et les libertés des populations et l’équilibre écologique de la planète qui est aujourd’hui menacé.
La démocratie participative ne doit pas rentrer dans le cadre d’une expérience ou d’un exercice de style , mais apporter une nouvelle efficacité à l’action publique et un point d’ancrage plus fort pour affronter ces nouveaux enjeux, les comprendre et imaginer collectivement des solutions .Pour reprendre l’expression connue : « attention ! Ceci n’est pas un exercice ! »
C’EST DONC SUR CE CONSTAT D’ENJEUX LOURDS QUE LE (FUTUR) PRESIDENT DOIT MOBILISER ELUS ET CITOYENS ET LEUR PROPOSER UNE REFONDATION DEMOCRATIQUE.
Plus concrètement comment peut s’organiser le processus participatif de collaboration entre les élus et les citoyens ?
C’est au niveau national que doivent se délibérer les grands enjeux du pays, afin de faire émerger le projet national.
Le débat public doit avoir des moyens importants afin de bénéficier de méthodes de travail sérieuses animées par des professionnels.
Le cadre doit être organisé pour permettre l’expertise approfondie des sujets. Seule la permanence peut permettre de mener à bien sur le fond les réflexions.
Les travaux élus et citoyens feront systématiquement appel à l’avis d’experts des différents thèmes abordés. Les organisateurs devant veiller à ce que l’ensemble des sensibilités soient représentées, les plus contradictoires possibles afin d’aller au fond des problèmes et d’en avoir la vision la plus globale possible. Des liens techniques de communication (Visio conférence, Internet) permettront d’accéder aux avis de groupes de réflexion régionaux ou communaux ou aux avis des citoyens individuels. Le siège visible de cette « place publique » de l’expertise et du débat citoyen sera la télévision publique. Ce positionnement et l’utilisation de toutes les ressources humaines et techniques de ce grand média de masse, permettront d’atteindre le grand public. Des reportages, des documentaires viendront illustrer et rendre attractifs et vivant ces travaux.
Les animateurs de démocratie participative, devront donc aussi avoir des qualités professionnelles de communication ;
A l’instar des commissions parlementaires et selon des méthodes similaires les grands thèmes constitutifs des choix de société et du projet national, tout particulièrement les réponses au défi écologique seront expertisées et débattues.
La collaboration élus/citoyens aux réflexions et expertises amont des décisions pourrait effectivement se positionner dans le cadre « commissions parlementaires », ces commissions s’adaptant, se structurant et s’intégrant à cette nouvelle collaboration médiatisée.
Ce système permettrait aux élus et aux citoyens de progresser ensemble dans la connaissance et l’intelligence des problèmes, et de donner à l’action publique une plus grande efficacité et visibilité.
Au niveau local : Régions, Communes, Communauté de communes… il y aurait bien sûr participation à la réflexion nationale. Les débats, les expertises permettront la collaboration élus/citoyens au niveau local ; les orientations générales de la nation permettant de réfléchir à des applications et projets locaux. Comme au niveau national, la présence permanente d’animateurs et la médiatisation des travaux permettrait de faire vivre et rendre visible à l’ensemble de la population la collaboration des élus et des citoyens.
En conclusion, si l’on souhaite réellement répondre aux enjeux démocratiques et aller sur le fond des problèmes sociaux et environnementaux qu’il faudra bien résoudre, la démocratie participative se présente comme un outil de refondation de l’action publique permettant de faire émerger une nouvelle collaboration entre les élus et les citoyens.
Cette voie est difficile parce qu’elle demande aux élus comme aux citoyens un effort permanant , la tendance naturelle des choses étant le relâchement vers la plus grande facilité d’élus professionnels et de citoyens consommateurs.
ON POURRAIT FACILEMENT EN RESTER A UNE VRAIE FAUSSE DEMOCRATIE PARTICIPATIVE, CONCERNANT UNE MINORITE DE LA POPULATION, SANS CADRE OFFICIEL, SANS COHERENCE NATIONALE, SANS VRAIS MOYENS, ET LAISSER LA DEMOCRATIE PARTICIPATIVE AU BON VOULOIR ET A L’APPRECIATION DES UNS OU DES AUTRES ACTEURS DE LA VIE PUBLIQUE.
 
C’est la gravité des problèmes : réchauffement climatique, épuisement des ressources, dégradation de l’environnement, mondialisation de l’économie …..Qui doit nous stimuler.
POUR QUE CET EFFORT COLLECTIF PUISSE ETRE EFFICACE IL DOIT ETRE REFLECHI, STRUCTURE DANS UN CADRE NATIONAL OFFICIEL, DOTE DE GROS MOYENS.
C’est l’introduction de personnels d’animation formés qui seul permettra d’animer, organiser, rendre possible et constructive la collaboration des élus et des citoyens. Le profil de ces animateurs de la démocratie participative devra comprendre des qualités touchant à la maîtrise de l’organisation des expertises et des débats, des méthodes de travail et de réflexion efficaces devant structurer les travaux. D’autre part une collaboration directe élus /citoyens, sauf exceptions est difficilement concevable ; c’est la présence d’un tiers officiel qui rend possible cette collaboration.
La seconde mission de ces animateurs sera une mission de mobilisation, de communication et de vulgarisation afin de rendre visible et compréhensible les réflexions et de faire ainsi participer le plus grand nombre.
Des postes plus spécifiques pourraient être créés pour préparer ,organiser et piloter des actions collectives d’intérêt général , dont l’utilité évidente aurait été vérifiée lors des expertises et réflexions menées en amont.

EN EFFET, IL EST IMPORTANT DE CONSTATER QUE LE MARCHE NE PEUT PAS TOUT ET QUE SA SIMPLE REGULATION POLITIQUE EST PARFOIS INSUFFISANTE POUR PARVENIR A FAIRE EMERGER L’INTERET GENERAL .
L’impulsion de dynamiques collectives de développement local étant un outil trop peu utilisé, et une alternative au « tout état » administratif qui a montré par le passé son impuissance chronique.
Enfin, des conférences participatives autour des thèmes abordés pourraient utilement être organisé dans les écoles afin de rendre attractive et vivante la citoyenneté pour les enfants. L’avis des enfants du fait même de leur regard neuf sur les choses étant plein d’intérêt.
 
De la démocratie participative pour avancer
je crois vraiment que les choses ne sont pas aussi compliquées que l’on croit ; il faut agir et penser simplement : la confusion et la complexification des choses n’arrangent que ceux qui ne veulent pas les changer .
On a tous les moyens techniques et humains nécessaires pour organiser une démocratie participative adulte. Mais on est complètement conditionnés, coincés dans nos têtes et certaines choses paraissent impossibles alors qu’elles le sont.
Qu’est ce qui nous empêche de dire : bon ! on a un sacré problème sur les bras , essayons de comprendre et de voir ce qu’on peut faire ; première étape s’organiser en terme d’outil et de méthode pour faire ça collectivement ; comment organiser la réflexion ? Par où commencer ? Quelles sont les “bonnes questions” ? …….
Mais surtout réunissons nous sur LA revendication démocratique : l’organisation d’un outil collectif (national et local) de réflexion et de débat sur
le diagnostic global
un projet de société
Une stratégie réaliste de mise en œuvre"
 
 Di Girolamo
Publicité

Publié dans Démocratie locale

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article