Porcherie controversée à Noordpeene : partisans et opposants réunis dans le calme
dimanche 29.11.2009, 05:03 - La Voix du Nord
L'éleveur a fait face aux parterre de riverains et d'agriculteurs afin de répondre à leurs questions.| ON EN PARLE |
Plus de deux cents personnes occupaient vendredi soir la salle Paul-Hazard à Noordpeene. Éleveurs porcins et riverains s'étaient partagé les places. Les uns venus soutenir le projet d'extension de porcherie ; les autres faire part de leurs inquiétudes quant aux répercussions d'un élevage de quelque trois mille porcs.
PAR VIRGINIE DUBOIS
hazebrouck@lavoixdunord.fr
Il y a quelques semaines, à Houtkerque, la réunion publique concernant le projet d'installation d'une « usine à cochons » belge avait fait du bruit. Rien à voir, vendredi soir, à Noordpeene. Les voeux du président de l'association Défense de l'environnement de la Flandre intérieure (DÉFI) ont été exaucés : « Je demande que ça se passe dans le calme et la courtoisie. On est là pour parler ensemble de ce problème récurrent en Flandre intérieure. » Ce « problème » énoncé par Edmond Kociszewski, ce sont les cochons.
L'homme n'a « rien contre les porcheries », il le répète. C'est contre les abus, les règles parfois transgressées, qu'il se mobilise au côté des populations.
Sur plus de deux cents personnes dans la salle, la moitié représente le monde agricole. Devant elles, les responsables de DÉFI, les maires de Noordpeene, Rubrouck et Ochtezeele, communes voisines concernées par le plan d'épandage (avec Buysscheure et Bavinchove). Et l'éleveur lui-même, Benoît Declercq, du groupement agricole d'exploitation en commun (GAEC) familial du Ménégat, route de Watten. Il est accompagné de François-Xavier Lebrun, qui a rédigé l'étude du projet.
Durant deux heures, le jeune agriculteur s'explique, répondant aux questions des habitants inquiets. « Combien de porcs en plus ? Et combien de jours d'épandage dans l'année ? » s'enquiert un riverain. « La porcherie passerait de 933 à 4 415 animaux-équivalents », répond Benoît Declercq, dans le jargon agricole : concrètement, une capacité d'accueil de 3 000 bêtes maximum. L'épandage, lui, se déroulera « durant cinq semaines maximum par an, indique François-Xavier Lebrun, selon les conditions climatiques et hors période interdite d'épandage. » « Ces porcs, je les produis déjà, précise Benoît Declercq. Je loue des porcheries à d'autres éleveurs. Certaines ne sont plus aux normes. Je veux juste ramener les bêtes ici. » La question des vents dominants, des odeurs, revient sans cesse. L'application d'additifs destinés à les neutraliser suffira-t-elle ? Et la notoriété de la commune ? Interrogation relayée par Félix Boutu, président de l'association environnementale Yser Houck : « Personne ne peut être contre. Toute l'économie du village est basée sur l'agriculture. Notre inquiétude, c'est la dimension de cet élevage et sa situation. On vient d'avoir le label Village patrimoine. Je ne pense pas que cet élevage attire le tourisme. » Des propriétaires de gîtes ruraux sont là, soucieux pour leur affaire. À leur côté, Denis Bollengier, vice-président de la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA). Il soutient ce projet : « Benoît veut se mettre aux normes, c'est un jeune, on a besoin de jeunes. Les règles d'épandage, il va les respecter. » « Le vrai sujet en réalité, c'est quelle agriculture veut-on demain ? », intervient un riverain. Bernard Delassus, maire d'Hardifort et éleveur, relève la responsabilité du consommateur, de la grande distribution : « L'avenir est aujourd'hui à celui qui produira la qualité la plus saine au prix du tout-venant, ce n'est pas possible. » Le mot de la fin revient à Édouard Hugoo, responsable de DEFI à Noordpeene : « Ce projet est contraire à la défense de la qualité de vie et aux politiques de l'environnement et du patrimoine mises en oeuvre pour le développement du tourisme sur le territoire. » Le préfet aura le dernier mot. •






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