Par Christophe Kantcheff Altermonde-sans-frontières.com
Finance, pouvoir d’achat, médias, écologie : voici un un échantillon des contrevérités proférées par le Président. Plus que tout autre, Nicolas Sarkozy aura contribué à décrédibiliser la parole politique. Mais il arrive au chef de l’État de tenir parole : quand il s’agit de promesses faites aux riches. Quoi de plus classique, quand un président se situe à mi-mandat, que de faire le bilan des promesses de campagne honorées et de celles non encore tenues, dont on subodore qu’elles ne le seront jamais ? Pourtant, avec Nicolas Sarkozy, l’exercice ne semble pas de même nature que pour les présidences précédentes. Question de mesure, de personnalité et de morale. La mesure : on a assisté depuis 2007 à une offensive antisociale d’une violence inédite. La personnalité : le bling-bling, la vulgarité incarnée, du jamais vu à ce poste sous la Vème République. La morale : une baudruche, invoquée par ceux-là mêmes qui baignent dans le cynisme décomplexé, dont l’affaire Jean Sarkozy est une nouvelle marque.
Alors voilà. Quand vient le temps d’examiner ce qu’il en est des promesses de Nicolas Sarkozy, un seul mot semble à la hauteur de la réalité : « bobards ». La rédaction de Politis en a réuni quelques-uns, parmi les plus gros. Ils recouvrent tous les domaines : politique, économie, écologie, société, culture… L’hyperprésident est hypermenteur. À eux tous, ces bobards forment une politique destructrice pour beaucoup, profitable à quelques-uns. C’est le plus inquiétant. Mais autre chose se joue au plan des représentations : l’entreprise de sape de la parole politique n’a jamais été aussi performante. De plans com’ relayés par des médias qui chantent les nouvelles parures culturelles du chef de l’État en « storytellings » absurdes où Nicolas Sarkozy apparaît maître de ses nerfs, c’est la crédibilité de ceux qui nous gouvernent qui est toujours plus entamée, et le divorce entre les élites et le peuple qui se creuse. Avec les conséquences qui en découlent. La plus grave n’est pas l’éclat de rire que provoque la lecture de cette déclaration du Président, lors d’une conférence de presse en janvier 2008 : « L’authenticité se lit sur mon visage […], personne ne m’a pris le doigt dans le pot de confiture du mensonge ».
Si l’on en croyait les promesses, le pouvoir d’achat des travailleurs augmenterait, les sans-abri trouveraient un logement, les projets industriels respecteraient l’environnement… Bernique !
Au plus fort de la crise, dans un discours de Toulon resté dans les mémoires, Nicolas Sarkozy appelait, le 25 septembre 2008, à « moraliser » le capitalisme financier et déclarait : « Il faudra imposer aux banques de financer le développement économique plutôt que la spéculation. » Cette phrase mémorable est à mettre au Panthéon des mensonges les plus éculés car, plus d’un an après ce discours, les banques ont adopté l’exact contre-pied de l’affirmation présidentielle et soutiennent plus que jamais le capitalisme financier.
Or, Nicolas Sarkozy s’est engagé dans un plan d’aide aux banques de 360 milliards d’euros (320 sous forme de prêts et 40 milliards sous forme de fonds propres qui devront être remboursés) pour remettre en état de marche le système bancaire. Les crédits accordés aux ménages et aux entreprises ont malgré cela enregistré une baisse « d’une ampleur historique », au premier semestre 2009, indiquait récemment l’Association française des Sociétés Financières (ASF). En revanche, les multinationales du CAC 40 ont reversé cette année 37,5 milliards d’euros de dividendes à leurs actionnaires (plus de 60 % des bénéfices), des milliards que les entreprises auraient pu investir directement dans le « développement économique » et l’emploi.
Le Président du « pouvoir d’achat » a eu cette belle envolée ce même 25 septembre 2008 : « Ne pas donner tous les bénéfices aux dirigeants et aux actionnaires, en destiner une part plus grande à ceux qui par leur travail ont créé la richesse, redonner du pouvoir d’achat aux travailleurs. » Or, les paquets de mesures adoptées ces deux dernières années contredisent largement le propos présidentiel. Au prétexte de réduire le déficit de l’État, l’empilement de taxes (taxe carbone, taxes locales et peut-être taxe sur les indemnités journalières en cas d’accident du travail), les hausses des prix, franchises médicales, hausse du forfait hospitalier et le déremboursement de certains médicaments sont autant de nouvelles entailles dans le pouvoir d’achat de la France d’en bas. 7,9 millions de personnes sont désormais considérées comme pauvres (avec moins de 900 euros par mois) ; parmi elles, 3,4 millions de travailleurs. Et le pays compte 3,5 millions de mal-logés. De plus, le chômage a explosé : dans sa nouvelle projection, l’Unedic annonce 509 000 demandeurs d’emploi supplémentaires en 2009, dont 328 000 indemnisés. Et l’on assiste à une explosion des inégalités de revenus. Or, Nicolas Sarkozy continue d’augmenter les exonérations patronales (28 milliards d’euros : c’est le coût pour l’État des compensations d’exonérations de cotisations sociales patronales cette année), notamment avec la suppression de la taxe professionnelle.
Toujours dans son fameux discours du 25 septembre 2008, Nicolas Sarkozy affirmait à propos de la crise que « les responsabilités doivent être recherchées et les responsables de ce naufrage doivent être sanctionnés au moins financièrement ». Les bonus des traders n’ont rien à craindre, la BNP Paribas a, par exemple, provisionné un milliard d’euros de bonus, et leur paiement sera « différé », selon des nouvelles règles… totalement floues.
Lors du dernier Conseil européen à Bruxelles, le président de la République avait aussi affirmé « qu’il ne serait pas normal qu’une banque à qui nous octroierions des fonds propres continue à travailler dans des paradis fiscaux ». La situation n’a pas changé, et un décret de mars 2009 censé fixer les conditions de rémunération des dirigeants des seules « entreprises aidées » par l’État pendant la crise a montré les limites de l’engagement présidentiel : il est apparu très en deçà des tonitruantes déclarations sur les « patrons voyous ». En fait, actionnaires et grands patrons continuent de toucher de confortables dividendes, salaires ou avantages divers, sans qu’aucune enquête visant à établir leurs responsabilités ne soit engagée. Pourtant, l’ensemble des aides publiques aux entreprises représente en effet près de 65 milliards d’euros, dont 90 % sont financés par l’État. Les banques françaises qui ont reçu l’aide de l’État continuent d’exercer dans des pays ou territoires qui combinent fiscalité privilégiée et secret bancaire. La BNP Paribas n’a envisagé la fermeture que de quelques filiales dans les paradis fiscaux. Le décalage est grand entre les paroles et les actes sur cette question centrale.
« Je veux que d’ici à deux ans plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d’y mourir de froid… », lançait le candidat Sarkozy, depuis Charleville-Mézières, le 19 décembre 2006. Près de trois ans plus tard, trois millions de personnes sont en situation de mal-logement ou sans logement en France. Christine Boutin, ministre du Logement et de la Ville, a été jusqu’à proposer en novembre 2008 que l’hébergement des sans domicile fixe devienne obligatoire passé le seuil des - 6 °C. La très attendue loi sur le droit au logement opposable (Dalo) du 5 mars 2008 n’aura pas suffi à réaliser cette promesse de campagne. À ce jour, 93,5 % des prioritaires parisiens du Dalo n’ont reçu aucune proposition de logement. Plus grave encore, les expulsions ordonnées par les préfectures continuent de plus belle, alors même que l’État est désormais le garant du droit de chacun à bénéficier d’un toit.
Le 5 février 2009, en réponse à une affirmation de David Pujadas, Nicolas Sarkozy avait été catégorique : ce n’est pas le président de la République qui nommera et révoquera le président de France Télévisions puisque le nom de celui-ci sera proposé par le gouvernement en Conseil des ministres au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA). Et qu’une fois cette candidature acceptée par le CSA, elle doit encore être transmise « aux commissions des affaires culturelles de l’Assemblée nationale et du Sénat et, tenez-vous bien, ce nom doit être accepté à la majorité des 3/5, et l’opposition doit être d’accord avec la majorité pour accepter le nom ». Faux ! La nomination avec l’accord des 3/5 des commissions, qui traduirait un certain consensus républicain, avait bien été réclamée par le PS, mais le gouvernement s’y est opposé. Et le projet de loi adopté le 4 février, la veille de l’émission, stipule que le nom peut être… refusé à une majorité des 3/5. La nuance est importante car cela signifie qu’il suffira que le choix du président de la République soit approuvé par 2/5 des commissions, soit moins que la majorité, pour que sa volonté soit exaucée.
En conclusion du Grenelle de l’Environnement, Nicolas Sarkozy affirmait : « Nous allons renverser la charge de la preuve. Ce ne sera plus aux solutions écologiques de prouver leur intérêt. Ce sera aux projets non écologiques de prouver qu’il n’était pas possible de faire autrement. […] Nous allons appliquer immédiatement ce principe à la politique des transports. » Las, presque tous les projets autoroutiers engagés avant le Grenelle ont été maintenus ! Une clause d’exception du texte final prévoyait de les poursuivre s’ils répondaient à des intérêts locaux ou économiques considérés comme supérieurs : elle est très systématiquement invoquée. Le tronçon Pau-Langon (A65) est l’un des plus emblématiques de la langue de bois grenellienne : utilité économique très douteuse, impact sur la biodiversité locale, existence d’alternatives, etc.
Quant à la réforme du fret ferroviaire, actuellement en cours, elle vise la suppression d’un million de « wagons isolés » (petits volumes pour des dessertes locales) : de quoi provoquer un afflux de camions sur les routes pour assurer les livraisons dans les régions éloignées des grands axes.
Au cours du même discours, le chef de l’État assurait que « la priorité ne sera[it] plus à l’incinération mais au recyclage des déchets. Il faudra prouver pour tout nouveau projet d’incinérateur qu’il s’agit bien de l’ultime recours ». La France est toujours une championne européenne de l’incinération, et l’on n’en voit guère le bout. Au moins deux projets d’incinérateur sont en flagrante contradiction avec la parole présidentielle : celui de Fos-sur-Mer, qui a déchaîné les passions pendant des années. Il est sur le point d’entrer en service ; et celui de Flamoval (Pas-de-Calais), très contesté, mais soutenu explicitement par le ministre de l’Écologie, Jean-Louis Borloo. À chaque fois, des projets alternatifs réduisant la part de l’incinération ont été écartés.
La filière bénéficie en fait de multiples « coups de pouce » qui finissent par constituer un ersatz de politique d’incitation. Tout d’abord, les nouveaux incinérateurs sont tenus de fournir de l’énergie à partir de la combustion des déchets. Ils y sont incités, mais seulement pour la production d’électricité, par des tarifs d’achat préférentiels incitatifs. Mais à rendement très médiocre : les deux tiers de l’énergie de combustion partent en chaleur dans l’atmosphère – sauf si l’incinérateur la livre à un réseau de chauffage urbain ou à un industriel, cas rare et qui ne fait pas l’objet d’incitations.
Autre aide déguisée : les incinérateurs bénéficient de baisses, voire d’exonération de la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP), qui peut être divisée par 10 s’ils se plient à quelques exigences environnementales assez peu contraignantes. Par ailleurs, considérés comme une production d’énergie renouvelable, ils ne sont pas soumis à la taxe carbone. Au nombre de 130 en France, ils émettent pourtant autant de CO2 que 2,3 millions de voitures !
Le 26 avril 2007, dans l’émission « À vous de juger » sur France 2, Nicolas Sarkozy déclare : « La présence à long terme des troupes françaises dans cet endroit du monde [Afghanistan] ne me semble pas décisive. Le président de la République [Jacques Chirac] a pris la décision de rapatrier nos forces spéciales et un certain nombre d’éléments. C’est une politique que je poursuivrai. » Le 7 novembre 2007, le président Sarkozy assure lors d’une visite officielle à Washington que la France restera engagée militairement en Afghanistan « aussi longtemps qu’il le faudra ». Le 26 mars 2008, il annonce devant le Parlement britannique un renforcement à venir de la présence militaire française. Le 3 avril 2008, le président Sarkozy déclare lors du sommet de l’Otan à Bucarest que la France enverra 700 hommes supplémentaires qui s’ajouteront aux 2 200 militaires français déjà déployés. Le 5 août 2008, la France prend le commandement « tournant » de la région de Kaboul. Le 22 septembre 2008, le Parlement français autorise la prolongation de l’intervention des forces armées. En janvier 2009, les premiers drones français de type opératif sont mis en place sur le théâtre afghan.
Retrouvez le dossier complet dans le numéro 1073 de Politis
michelcollon.info
La construction d’un incinérateur fait craindre un risque de pollution.
Par HAYDÉE SABERAN (à Arques)
Cancer. En septembre 2008, près de 4 000 personnes ont défilé contre le projet d’incinérateur Flamoval. Le 17 juin, le préfet du Pas-de-Calais a signé l’arrêté qui lançait la construction. Entre-temps, un débat, dans la rue, dans la presse locale, des réunions d’opposants, mais zéro débat public. «La démocratie, c’est les élections», rétorque Joël Duquenoy (PS), défenseur du projet, et nouveau président du syndicat mixte Flandres-Merignies, qui regroupe les 159 communes concernées par l’usine qui brûlera les 92 500 tonnes de déchets.
Derrière la demande de débat, il y a toutes les questions. Les riverains et les médecins craignent pour la santé : dans la région championne de France du cancer, personne ne veut de dioxine en plus. L’incinérateur voisin de Dunkerque vient d’être pris en flagrant délit d’avoir craché 96% de plus de dioxine que la norme admise. Quand elle l’a appris, la députée Françoise Hostalier a écrit à Nicolas Sarkozy, lundi, pour lui demander de faire «arrêter ce projet et procéder à une remise à plat des solutions possibles».
Courgettes. Bonduelle - qui n’a pas souhaité répondre à Libération - tremble pour sa marque. Ses salariés, en intersyndicale, le soutiennent au nom des 650 emplois de l’usine. Les agriculteurs s’inquiètent pour la qualité de leur terre, Bonduelle les a prévenus : si l’incinérateur s’installe, il se sépare d’eux. La majorité des courgettes produites en France pousse à quelques centaines de mètres de la future usine. Et il n’y a pas mieux comme légume pour fixer la dioxine. «Or tous les incinérateurs ont un jour des pépins, les médias s’empareront de l’affaire. C’est ingérable», soupire François Bourgain, président d’Oplinord, l’organisation des producteurs de légumes industriels. Des alternatives ? Oui, disent les défenseurs de l’environnement, entre autres produire du méthane, à partir des déchets verts, et réduire plus à la source.
A plein régime. Antoine Bonduelle, cousin de Cristophe et expert du Giec, le Groupe d’experts intergouvernemental sur le climat : «L’Ademe nous dit que le volume de déchets est en train de baisser, à la source. Or avec 10% de déchets en moins, l’incinérateur ne fonctionne plus bien : pour qu’il ne soit pas plus polluant, il doit tourner à plein régime, question de combustion. Pour trouver les 92 000 tonnes de déchets, on va devoir les chercher en camion à 60 kilomètres». Donc polluer. «Un raisonnement pervers.»
source : Libération
tout le dossier ici
samedi 07.11.2009, 05:03 - La Voix du Nord
Les Verts continuent de lutter contre le projet d'incinérateur Flamoval. ...
Le 30 octobre, Marie-Christine Blandin, sénatrice du Nord, a pris sa plume pour adresser sa crainte du projet aux préfets du Nord et du Pas-de-Calais et à Chantal Jouanno, secrétaire d'État à l'Écologie. « Je ne doute pas que vous avez pris votre décision après avoir entendu tous les avis et j'imagine sans peine les assurances des promoteurs du projet et les données techniques "rassurantes" qui vous ont été communiquées : modernité, sécurité, contrôle rigoureux », écrit Marie-Christine Blandin au préfet du Pas-de-Calais, Pierre-Florian de Bousquet. Mais, l'ancienne présidente Verte de la Régioncite aussi le rapport d'inspection des installations classées qui dresse « un dépassement significatif » - « 100 % de dépassement des limites autorisées », précise-t-elle dans son courrier à Chantal Jouanno -, des concentrations en dioxines et furanes à proximité du CVE de la communauté urbaine dunkerquoise.
« Tristes circonstances, la Flandre intérieure où vous avez autorisé l'incinérateur de Flamoval est sous le vent de celui qui est ici dénoncé.
Or furanes et dioxines, hautement cancérigènes, se stockent dans les tissus graisseux et les contaminations sont cumulatives. Dans le monde judiciaire, ce rapport serait mis au rang des "faits nouveaux" susceptibles de faire rouvrir le dossier et de changer la décision. Je vous sollicite, monsieur le préfet, pour que vos services évaluent à nouveau le risque durable que ferait courir à la population un incinérateur à Arques. » •
pour envoyer des courriels à nos Députés des Flandres,
pour dire NON à la construction imminente de FLAMOVAL :
Christian Hutin (12è circons.) : chutin@ assemblee-nationale.fr
hutinchristian@orange.fr
Michel Delebarre (13è circons.) : mdelebarre@assemblee-nationale.fr
Jean-Pierre Decool (14è circons.) : jpdecool@assemblee-nationale.fr
jpdecool@orange.fr
Françoise Hostalier (15è circons.) : fhostalier@assemblee-nationale.fr
Françoise Hostalier, députée UMP du Nord, poursuit son combat contre le projet d'incinérateur d'ordures ménagères Flamoval prévu à Arques, près de Saint-Omer. Elle en appelle au président de la République. ...
Rappelant qu'elle lui avait remis un dossier en mains propres sur le sujet en novembre de l'an dernier à Valenciennes, Françoise Hostalier n'y va pas par quatre chemins : « Il faut arrêter ce projet et procéder à une remise à plat des solutions possibles pour le traitement des déchets. Aucune étude alternative n'a été effectuée malgré le Grenelle (de l'environnement), malgré les expériences menées dans d'autres régions françaises et à l'étranger et malgré maintenant la prise en compte du rejet de CO2. »
Rappelant que, « dans notre région, tous les indicateurs en matière de santé sont au rouge », la députée demande à Nicolas Sarkozy « à l'inverse de ce qui se prépare, d'apporter une attention particulière à préserver notre environnement au nom de la santé et de l'avenir de nos enfants et petits-enfants ».
Françoise Hostalier récapitule les actions qu'elle a menées « contre cette construction inutile, dangereuse, coûteuse, contraire à toute logique et surtout contraire à l'esprit du Grenelle de l'environnement pour lequel vous avez vous-même tant oeuvré ».
Ainsi, sur l'emploi, dans un secteur déjà touché par les fermetures et suppressions de postes, « l'entreprise Bonduelle située à Renescure a clairement annoncé qu'il lui sera impossible de maintenir une activité de production au pied d'un incinérateur. Ce sont donc 650 emplois directs qui sont menacés, sans compter l'emploi de tous les agriculteurs de la région qui travaillent pour cette usine alimentaire ».
Elle met en avant le fait qu'un « événement très grave s'est produit il y a quelques mois, mais apparemment tenu secret, à l'incinérateur de Dunkerque. Très récent et de la même génération que le projet Flamoval, il a rejeté près de deux fois plus de dioxine que la norme maximale autorisée. De plus, cela ne s'est avéré qu'à travers un contrôle inopiné, ce qui prouve qu'il n'y a, en fait, aucun suivi sérieux des rejets dans l'atmosphère ».
ENVIRONNEMENT
«L'incinérateur est un choix politique qui ne met pas en avant le risque sanitaire»
Les opposants au projet d'incinérateur à Arques sortent revigorés de la réunion publique organisée par l'APSH jeudi soir. De nombreux
spécialistes de santé se sont succédé à la tribune, devant une salle Vauban archi-comble, pour montrer à quel point l'environnement joue un rôle déterminant sur la santé. Ils sont unanimes:
Flamoval aggraverait le risque sanitaire dans une région déjà fortement exposée.
Plus personne ne peut prétendre que le combat mené par l'Association pour la protection de la santé des habitants de la région de Saint-Omer
(APSH) est animé par un autre dessein que celui d'alerter sur un risque sanitaire. La somme de connaissances exposée par des professionnels de santé spécialisés dans des domaines aussi divers que
leurs origines géographiques sont variées, illustre à elle seule que la prise de conscience de l'impact de l'environnement sur la santé, aussi tardive soit-elle, progresse à grands pas. «
On se doit de lancer l'alerte, rappelle le docteur Philippe Richard, président de l'APSH. Nous sommes à l'aube d'une médecine environnementale.
Nous en avons assez d'agir sur les conséquences plutôt que sur les causes.» A fortiori dans une région où «l'état sanitaire ne fait que s'aggraver, souligne le docteur Jean-Bernard Verbecq, et où
la surmortalité par rapport aux autres régions est toujours plus importante». (cf La Voix du Nord du 4octobre). Le professeur Henri Porte, chirurgien cancéro-thoracique à Lille, est formel: «Les
risques de cancer sont corrélés à la pollution environnementale.» Le problème est que ces polluants, créés par l'homme, sont nombreux et difficilement identifiables. Cosmétiques, alimentaires,
vestimentaires, les molécules qui nous veulent du mal sont partout. Le toxicologue André Cicolella, pourfendeur notamment du bisphénol A dans les biberons et autres paraben, montre que «c'est la
période à laquelle nous vivons qui fait le poison.»
«Pas de seuil»
Et ces nouvelles données scientifiques, les médecins en observent les démonstrations quotidiennement. Le professeur Rémi Besson, spécialiste des malformations urogénitales à Lille, constate, par exemple, une augmentation du cancer des testicules chez les hommes jeunes, dans tous les pays du nord de l'Europe. Les pesticides, phtalates, et autres substances qui agissent comme perturbateurs endocriniens sont pointés du doigt. Oui, mais Flamoval dans tout ça? «Les chiffres fournis par les industriels ne correspondent pas à ce que vous allez inhaler », précise le docteur Paul Cordonnier, président de l'association pour la promotion de la recherche en environnement et en santé publique (APRES). Des molécules, inoffensives quand elles sont rejetées, peuvent en effet devenir toxiques au contact d'autres éléments dans l'air, l'eau, etc. Et le docteur de préciser: «Il n'existe pas de seuil en deçà duquel il n'y aurait pas de risque». D'autant que la contamination n'est pas conditionnée à une longue exposition: «Ça se joue sur un ou quelques jours», assure André Cicolella. Le temps de latence, en revanche, peut être énorme. «Un cancer développé à l'âge de 30 ans peut avoir été déclenché au cours de la vie intra utérine», souligne le professeur Éric Besson. Ce n'est pas tant l'incinération qui est stigmatisée que les risques qui nous entourent déjà. Les médecins souhaitent juste éviter qu'on les aggrave avec Flamoval. «Il ne faut pas attendre d'avoir la preuve pour agir, estime André Cicolella. Il faut saisir les données recueillies lors des expérimentations animales, elles servent à ça», encourage André Cicolella. Le professeur Henri Porte en est convaincu: «L'incinérateur est un choix politique qui ne met pas en avant le risque sanitaire. » C'est ce que les médecins déplorent. Surtout quand un incinérateur de dernière génération comme celui de Dunkerque transgresse les normes fixées ( notre édition du 22octobre). Reste un point essentiel: comment faire disparaître nos poubelles?
L'arrêté d'autorisation d'exploitation de l'incinérateur Flamoval a été signé par le préfet le 17 juin.
Petites phrases et grand débat
Michel Autès, vice-président du conseil régional en charge de la santé (VERTS).
- «Par le simple fait de marcher dans la rue ou d'habiter dans nos maisons, notre santé est menacée ( ) La situation sanitaire dans la région ne permet pas l'improvisation.» André Flajolet, député UMP du béthunois.
- «On ne doit pas jouer aux apprentis sorciers avec une politique non environnementale. ( ) Il est urgent d'attendre et de revoir la copie.» Thierry Willaye, élu Vert hazebrouckois au syndicat mixte Flandre Morinie (SMFM, porteur du projet d'incinérateur) et opposant à Flamoval.
- « Je ne peux pas comprendre que certains élus soient encore sourds à ce que vous venez de démontrer.» André Cicolella, toxicologue.
- «Le cancer n'est pas que des chiffres et des pourcentages, c'est aussi du vécu», en réponse à une dame qui venait d'émouvoir l'assemblée en racontant le quotidien de sa fille, adolescente, atteinte d'un cancer. «Ce témoignage nous donne beaucoup d'énergie dans notre combat», a ponctué le docteur Philippe Richard. Bernard Loridan, maire de Merville.
- «Beaucoup d'élus commencent à être ébranlés dans leurs convictions. Il faut aller vite, mais il n'est pas trop tard pour stopper le projet Flamoval.» Guy Hilmoine, maire de Dohem.
- «Les élus qui s'opposeraient à la mise en oeuvre de Flamoval seraient hors la loi car tout a été signé par le préfet. Si ce projet ne vous
convient pas, c'est à vous, citoyens, d'agir. La balle est dans votre camp. D'autant que vous payez deux fois à l'heure actuelle: pour le traitement des déchets, et pour les études et la
communication autour de Flamoval.»
L'idée qui flashe
Une dame, anonyme parmi tant d'autres, a avancé cette idée, jeudi soir lors de la réunion publique anti-Flamoval (lire ci-dessous ): «On ne peut pas se laisser tout le temps endormir par des discours. Il faut se faire voir individuellement. Les gilets fluo sont censés nous protéger en matière de sécurité routière. Pourquoi ne pas s'en servir pour protéger notre santé? En le portant dans la vie de tous les jours, on montrerait clairement qu'on est contre Flamoval.» «C'est une bonne idée, à chacun de prendre se s responsabilités», a commenté le docteur Richard. Alors si vous croisez des gilets fluo sur le marché ce matin, ne soyez pas étonnés.D. M.
Le ministère en charge de l’environnement a lancé en grande pompe jeudi 15 octobre la
nouvelle campagne sur la réduction des déchets. Jean-Louis Borloo, Chantal Jouanno et Philippe Van de Maele, le président de l’Ademe, étaient ensemble pour rappeler les objectifs du Grenelle de
l’environnement: une diminution de 7% de la production d’ordures ménagères et assimilées par habitant d’ici 5 ans. Cela correspond à réduire les déchets de plus de 5 kg par an et par
habitant."Le centre de valorisation énergétique (CVE) de Dunkerque, inauguré en janvier 2008,
se voulait exemplaire : sur la valorisation des déchets, sur l'impact environnemental des rejets, sur la transparence. C'est raté."
la Voix du Nord du 21 octobre
Tiens, cette exemplarité me rapelle l'argument du SMFM pour son projet Flamoval, non ?
mercredi 14.10.2009, 05:02 - La Voix du Nord
Le comité de pilotage de l'APSH, présidé par le docteur Philippe Richard (en rouge), organise une réunion publique le 22octobre.L'association pour la protection de la santé des habitants de la région de Saint-Omer (APSH) a déclaré hier lors d'une conférence de presse, être à « un moment charnière » de sa lutte contre le projet d'incinérateur Flamoval à Arques. Elle réclame un moratoire régional sur la question et annonce une grande soirée de débat public la semaine prochaine à la salle Vauban.
L'APSH réclame un moratoire régional sur l'incinération. Autrement dit elle souhaite que le projet Flamoval soit stoppé pour que la région se donne un peu plus de temps de réflexion sur la façon d'éliminer les déchets. C'est une nouvelle requête que l'association, par la voix de son président, le docteur Richard, a exposée au conseil général, le 2 octobre. « Nous y avons été reçus durant une heure par le vice-président en charge de la santé et de l'environnement, le docteur Hervé Poher, et par une conseillère du président Dominique Dupilet. Nous leur avons rappelé nos craintes et les risques sanitaires », explique de docteur Richard.
Car l'APSH estime que la région a besoin d'un traitement de faveur. Elle l'a même fait savoir à tous les maires et élus du syndicat mixte Flandre Morinie (SMFM) dans un courrier : « L'état sanitaire de la région est particulièrement préoccupant (...), notre espérance de vie est inférieure de cinq ans par rapport aux meilleures régions de France. (...) L'explication ne vient pas seulement du mode de vie individuel (alcool, tabac, etc.) puisque notre consommation alcoolique est dans la moyenne nationale. Si les cancers ORL favorisés par la surconsommation alcoolo-tabagique sont en régression, les autres progressent de façon considérable. (...) Il faut laisser le bénéfice aux doutes car les indicateurs de santé de notre région sont si mauvais que nous n'avons pas le moindre droit à l'erreur. » Ce moratoire, c'est donc une nouvelle idée que l'APSH souhaite développer. Mais ce n'est pas son unique cheval de bataille. « le 17 juin 2009, le préfet a signé l'arrêté d'autorisation d'exploitation de l'incinérateur Flamoval et le 24 juillet, l'APSH a déposé une requête introductive d'instance auprès du tribunal administratif de Lille contre cet arrêté », relate le docteur Michel Broutin. Cette requête « sera complétée d'un mémoire détaillé sur lequel les quinze membres du comité de pilotage travaillent d'arrache-pied en se réunissant chaque semaine », poursuit le docteur Richard. Et l'APSH n'exclut pas de déposer un recours suspensif qui permettrait de bloquer les travaux. « On aimerait cependant bien éviter de se retrouver dans la même situation qu'à Fos-sur-Mer où le chantier d'un incinérateur construit aux trois quarts est aujourd'hui bloqué. C'est un gâchis énorme d'argent public que nous préférerions éviter. Néanmoins nous ferons tout ce qui est nécessaire pour bloquer ce projet en toute légalité. » Par ailleurs, l'APSH rappelle qu'elle s'oppose « au projet Flamoval et non à des élus locaux que nous avons toujours respectés. En revanche, nous estimons que quatre des courriers et articles diffusés par le président de la CASO (et président du SMFM, Joël Duquenoy, NDLR) portent atteinte à notre association (...). Pour ne donner qu'un exemple, l'article intitulé "Les mensonges du Dr Richard" fait état de "personnes se prétendant médecins". Nous tenons à signaler que nous sommes tous réellement médecins et que nous exerçons notre devoir d'alerte en notre âme et conscience dans un contexte sanitaire régional et local particulièrement mauvais. » Et de regretter : « Voilà bientôt quatre mois que l'arrêté d'autorisation d'exploitation a été signé. Alors pourquoi, le président de la CASO cherche-t-il délibérément à nuire à l'honneur d'un homme, le Dr Richard ? »
• DAVID MONNERY
Le SMFM répond aux élus et associations qui demandent un moratoire et un débat public contradictoire par un tract « toutes boites » qui n’a comme seul but de nous faire avaler l’incinérateur.
Par quel moyen… l’astuce com… petit voyage au sein d’un tract… suivez moi :
les termes : on ne parle pas d’incinérateur mais de centre de valorisation énergétique. Y est indiqué sa capacité de fournir de l’électricité pour
26 000 foyers hors chauffage. « Capacité » signifie-t-il « application » concrète. Voyant la configuration du site, comment allons nous procédé ?
L les titres : on indique le Centre de valorisation organique alors que celui-ci n’est pas un élément de FLAMOVAL (non financé) mais un projet à la demande du préfet
pour l’acceptabilité du dossier. On indique que « l’Europe donne la priorité à la valorisation énergétique » alors que sur l’échelle de la gestion des déchets nous avons en terme de
priorité : la réduction, le réemploi, le recyclage, la valorisation puis l’élimination.
la globalisation : « Les élus » sous-entendu TOUS les élus, le catalogue des procédures, ...
la bonne cause : lutter contre l’enfouissement. Malheureusement la bonne cause n’amène pas forcement la bonne solution.
le bulldozer : pas de place directes aux arguments des associations et élus qui s’interroge sur l’utilisé d’un incinérateur. Pas de doute sur l’infaillibilité par exemple même pendant
l’entretien obligatoire de l’installation ou sur les exemple des installations identiques. Pas de place à des alternatives ou du moins à l’analyse du rejet d’autres procédés
possibles.
Bref, un tract qui coute à la collectivité mais qui n’apporte rien en terme de débat démocratique sur un projet qui nous concernera pendant 30 ans… OUI pour un débat contradictoire public, OUI
pour un moratoire!
A votre écoute!
En tant que conseiller municipal d'opposition
Je suis à votre écoute pour
toute question, demande, soutien...
contactez-moi
A bientôt
Arnaud Ginions
Pétition Bambecquoise pour dire Non à l'implantation d'une porcherie industrielle
dossier de suivi ici
NON AU PROJET FLAMOVAL
tout sur le projet d'incinérateur à Arques
pour le traitement de nos déchets ici.
l'étude de la surdimension
Des élus locaux demandent le MORATOIRE et un débat !
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