Roms : Flaubert indigné...

Publié le par Arnaud

  

« (…) Je me suis pâmé, il y a huit jours, devant un campement de Bohémiens qui s’étaient établis à Rouen. Voilà la troisième fois que j’en vois et toujours avec un nouveau plaisir. L’admirable, c’est qu’ils excitaient la haine des bourgeois, bien qu’inoffensifs comme des moutons. Je me suis fait très mal voir de la foule en leur donnant quelques sols, et j’ai entendu de jolis mots à la prud’homme. Cette haine-là tient à quelque chose de très profond et de complexe. On na retrouve chez tous les gens d’ordre.

      C’est la haine que l’on porte au bédouin, à l’hérétique, au philosophe, au solitaire, au poète, et il y a de la peur dans cette haine. Moi qui suis toujours pour les minorités, elle m’exaspère. Il est vrai que beaucoup de choses m’exaspèrent. Du jour où je ne serais plus indigné, je tomberai à plat, comme une poupée à qui ont retire son bâton (…) ”

  

     Gustave Flaubert dans une lettre à George Sand posté à Croisset le 12 juin 1867.

 

 

source : le blog de Pierre Assouline


Publié dans Culture

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