retour sur la rencontre des solutions face à Flamoval du 3 juin...

Publié le par Arnaud

Par Groupe local du Nord "Les Amis de la Terre" sur leur site

Conférence-débat du 3 Juin 2010 à RENESCURE (Nord)

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Un incinérateur disperse les polluants, puis la nature s’occupe de les concentrer dans la chaîne alimentaire. Au bout, le cancer veille... Les solutions alternatives à l’incinération existent, Dany Dietmann est venu nous présenter les siennes.

 

Elles apportent un véritable bol d’air à la biosphère car, dans son département du Haut Rhin où il est Maire et Vice Président de sa communauté de commune, faute de "déchets", ils n’arrivent plus à remplir les incinérateurs, et les décharges se vident...

 

En France, la moyenne des poubelles est de 360kg par habitant et par an. Avec 24% de recyclage sur ce poids, nous sommes parmi les derniers d’Europe, les bonnes pratiques étant de l’ordre de 60%.

 

Comme Dany Dietmann, qui à réussi en 10 ans à obtenir 76% de taux de recyclage sur les poubelles de la Communauté de communes de la Porte d’Alsace (CCPA), l’objectif à se fixer dès maintenant est de sortir 75% de produits résiduels du bac. En effet une fois le choix de valorisation effectués, ses déchets deviennent des produits qui peuvent rapporter beaucoup.

 

Les solutions alternatives

A elle seule, la France a plus d’incinérateurs que tout le reste de l’Europe.

 

La première des étapes est donc de ne pas choisir la construction d’un nouvel incinérateur, sinon nous serons obligé de le remplir et donc nous ne trierons pas.

 

La seconde étape est de passer d’une taxe sur les ordures ménagères ("Tu tries ou tu tries pas, tu payes") gérée par les services de l’état à une redevance sur les ordures ménagères à gestion communale avec une facturation incitative ("Plus tu tries moins tu payes").

 

L’eau est bien facturée au mètre cube, l’électricité au kilowatt/heure, le téléphone à la minute, pourquoi les ordures "intriables" ne seraient elles pas facturées au poids ? Bénéfice net 8% pour le contribuable, auquel il faut ajouter "la valeur ajoutée au geste du tri". Tous les produits résiduels triés sont revendus, ce qui permet de réduire encore la facture. A titre d’exemple l’aluminium est vendu 900€ la tonne, le carton trouve preneur à 108€, le fer oscille entre 130 et 300€.

 

Autre facette, la mis en place à l’échelle nationale de ce concept de tri permettrait la création de 350 000 emplois, soit 3 500 par département, presque 100 emplois nouveaux par canton.

Mais pour que cette valorisation soit possible il faut avant tout extraire des poubelles tout ce qui est décomposable. Il faut isoler la part des produits fermentescibles, soit 30% du volume de la poubelle, en favorisant le compostage individuel ou regroupé. La distribution de composteurs ou de plans pour les construire, le lombricompostage, l’installation de plateformes de compostage avec un maître composteur est une solution facile à adapter à chaque situation. Les apports de substance peuvent être volontaires ou le ramassage organisé. Une fois le compost préparé, il peut être à nouveau redistribué ou vendu. Pour l’habitat collectif, une collecte sélective en milieu urbain peut être envisagée en porte à porte. La ville de Fribourg et ses 450 000 habitants collectent ainsi 26 000 tonnes de fermentescibles par an. Chaque tonne produit 150kg de gaz, 310kg de compost et 500kg d’eau, ce qui permet à la ville de disposer de 17 000M3 de méthane quotidiennement.

 

La collecte des produits non "triables", les produits résiduels ultimes, s’effectue dans des poubelles équipées d’une puce pour permettre la pesée de chaque bac. C’est la pesée embarquée. Celle-ci est facturée 76 centimes, chaque propriétaire gère alors le taux de remplissage de son bac avant de le présenter au système de ramassage. Chaque poubelle est donc pesée à la montée et à la descente pour déterminer le poids à facturer, l’information étant transmise directement au service facturation de la commune.

 

Pour l’habitat collectif, la mise en place de parcs à poubelles avec un peu d’organisation permet de procéder de même. Autre avantage, l’arrêt du véhicule de ramassage est moins fréquent, chaque foyer ne sortant sa poubelle en moyenne qu’une fois sur 3. Encore une économie et un gain de confort pour les usagers.

 

Une autre piste est la mise en place de plateformes de déballage à la sortie des caisses des commerces qui permet de gérer les tous les emballages excédentaires.

 

Toutes ces solutions sont déjà en place dans plus de 200 communes en France, ce qui a permis à certaines de passer de 380kg de produits résiduels ultimes à 87kg en seulement 10 ans. La taxe de 93€ s’est transformée en redevance de 56€ par an et par habitant, soit une économie de 175€ par an pour un foyer de 5 personnes.


Elles seront amenées à se développer encore davantage dans les prochaines mois, les scandaleux contrats d’approvisonnement des incinérateurs étant maintenant interdits depuis le Grenelle de l’environnement. De plus les futures lois sur les (tout aussi scandaleux) machefers devraient encore faire avancer le processus.

 

En résumé, ce n’est pas un incinérateur dont nous avons besoin pour maitriser le flux de nos "déchets" mais d’une implication de la population, des bailleurs et des élus pour la mise en place de véritables solutions. C’est un enjeu humain et non technique que nous propose Dany Dietmann, car la pollution et la destruction ne sont plus d’actualité. Il faut maintenant s’installer dans une économie plus locale, plus légère et remplacer le « toujours plus » par le « toujours mieux ».

 

Thierry WILLAEY

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