Quand la séparation des tâches... délègue nos vies...

Publié le par Arnaud

 

3510468530_fe1b35fab3.jpg

L'Homme monotâche ou

Quand la séparation des tâches… délègue nos vies

 

 

L’introduction vers 1850 du Taylorisme dans l’organisation du travail, c'est-à-dire la séparation des tâches et la répétition du geste, dans le but d’augmenter la productivité a fini, je pense, d’envahir notre quotidien et notre moi profond.  Nous nous retrouvons dans une société de « monotâche » où chacun doit avoir sa place dans le schéma unique : travailler pour consommer. Et si par malheur le travail n’est plus là, consommer doit pouvoir être poursuivi, coute que coute. Une sorte de programmation dés la naissance, formatage inconscient d’une organisation personnelle non consentie mais qui se révèle à vous obligatoire. Sinon, si vous sortez de ce schéma,  vous devenez un incapable, c'est à dire une incapacité à savoir faire. Le geste machinal « travaillé, consommé » est le seul geste que vous connaissez. Au-delà de ça, point de salut. Au-delà du marchand, point de vécu ?

 

Sous cet angle, nous avons donc « délégué » aux autres « spécialistes  du geste machinal » pour faire à notre place puisque là n’est pas notre place. Nous, notre place c’est notre geste machinal à nous, répétitif, consciencieux, obligé inconsciemment. Esclave ? Esclave d'un rythme de vie qui vous contraint jusqu’au cœur de votre cercle familial (travaillé, consommé, travaillé, placé les enfants, consommé) ?  Délégué jusqu’à la gestion du temps de sa propre famille ?

J’ai besoin de l’autre, non pas pour l’échange des relations humaines tout d’abord, pas pour la joie d’être ensemble, pas pour construire un bien commun et transmettre mais pour pouvoir subvenir à mes besoins quotidiens et ne pas tomber dans une incapacité à vivre.

 

Finalement nous sommes  devenu des incapables d’une multitude de gestes et de savoir faire qui ne se sont plus transmis de génération en génération. A quoi bon, chacun sa spécialité et efficacité marchande.

 

Et si l’on reprenait notre vie en main. Pas devenir autonome ermite mais retrouver les gestes naturels, les savoirs du quotidien qui nous permettent de créer et non d’être continuellement dans la délégation (même démocratique). Etre dans le plaisir du faire et aussi dans la nécessité du savoir faire (notamment économiquement parlant). Non tributaire d’un système mais en capacité de s’auto développer au sein d’un collectif.

 

Tant de savoirs disparus ; L’utilisation des bienfaits de la nature, l’autosuffisance potentielle, le faire soi-même, les remèdes et gestes simples,  l’autocritique, la participation démocratique et l’échange au sein de réseaux humains (proches et éloignés) qui nous entrainent à des excès de facilité pouvant tuer notre propre  civilisation. Ceci ne rentrant pas dans le jeu de la productivité mais dans celui du mieux-être !

 

En tout les cas, j’ai bien envie de trouver le chemin des savoirs naturels que je n’ai pas eu et de réutiliser mais forces vers une autosuffisance joyeuse. Modestement, à travers le tout petit coin de potager allant vers le bio débuté il y a 2 ans, j’ai un peu entamé ce chemin. J’ai pu constater la longue route à gravir pour (re)trouver le bon sens. Mais ceci n'est qu'une petite parcelle entreprise...

 

 

 

 

 

 

Publié dans position

Commenter cet article