"Piqûre de rappel anti-Flamoval par le docteur Richard"

Publié le par Arnaud

Piqûre de rappel anti-Flamoval par le docteur Richard

mercredi 29.09.2010, 05:15 - La Voix du Nord

 

L'APSH vient de déposer un deuxième mémoire dans le cadre de son action au tribunal administratif.

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Tandis que l'incinérateur se construit, l'Association pour la santé des habitants (APSH), par la voix du docteur Richard, continue à se faire entendre. La mobilisation de la population n'ayant pas suffi à enrayer la machine Flamoval, l'APSH poursuit son action juridique, avec un deuxième mémoire complémentaire déposé au tribunal administratif ces jours-ci.

 

PAR MARION CLAUZEL

saintomer@lavoixdunord.fr

1 La voie juridique « Plus de 26 000 signatures. Trois réunions dont deux avec plus de 1 000 personnes. Une manifestation de plus de 4 000 personnes. La mobilisation de la population n'est plus à prouver, souligne le docteur Richard. Elle n'a pas suffi à faire pencher la balance. La seule voie possible actuellement est juridique. » Ainsi, à ses patients et à ceux qui se demandent "où est-ce que vous en êtes, est-ce que vous avez abandonné ?", le docteur Richard assure que le combat continue. Moins visible que l'incinérateur qui prend de la hauteur à Arques, l'action intentée auprès du tribunal administratif se poursuit avec le dépôt, ces jours-ci, d'un deuxième mémoire complémentaire. Quant à envisager des actions de terrain sur le site... « Pour nous, ce ne serait pas raisonnable. On n'est plus dans ce registre-là, à moins d'être hors-la-loi, de tomber dans le registre de la révolution. » Pourtant, le docteur Richard n'en démord pas : « Il y a un continuum entre les ONG, la société civile et les législateurs. Il faut que tout le monde soit sensibilisé pour pousser à changer les lois. (...) Le problème, c'est de transcrire en application de droit les anomalies qu'on met en évidences. »

 

2 Quatre-vingt dix-neuf pages Le dépôt de ce deuxième mémoire complémentaire intervient après une réponse du préfet, datant du mois d'août, et porte à quatre-vingt dix-neuf le nombre de pages dans lesquelles l'APSH détaille ses arguments avec en ligne de mire l'enquête publique, l'évaluation des risques, etc.

 

« Qu'est-ce qu'un risque acceptable pour une population qui a déjà subi l'incinérateur du Brockus, présente des taux de surmortalité au niveau de certains cancers ? », s'insurge le docteur Richard. Il indique qu'une étude de l'Institut de veille sanitaire (INVS) mentionne le fait que l'agglomération de Saint-Omer a, entre autres, un taux de mortalité de 63 % supérieure, concernant le cancer du sein, par rapport à d'autres régions.

 

3 Flamoval et l'Europe Alors que l'incinérateur a accueilli dernièrement la visite de deux cent élus, que Joël Duquenoy, à la tête du syndicat mixte Flandre-Morinie (SMFM) depuis tout juste un an, ne manque pas de rappeler à chaque grande occasion que le projet d'incinérateur a été labellisé partenaire développement durable au niveau de l'Europe, Philippe Richard pointe les incohérences : le fait qu'on construise un centre de valorisation énergétique avant de faire un centre de valorisation organique, que l'identité du repreneur d'énergie n'est toujours pas connue, que le rendement annoncé n'est que potentiel... Dans ces conditions, il juge « très surprenant » que Flamoval puisse être un partenaire de développement durable pour l'Europe. •

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