on regarde le train passer...

Publié le par Arnaud

Voici le premier article d'un excellent dossier du Journal des Flandres sur la sous médicalisation de nos territoires.

En juillet 2008, le canton de Hondschoote a été reconnu secteur sous-doté par la MRS. Depuis, plus aucune avancée . Qu'en est-il ? Pourquoi le dossier n'évolue-t-il plus?

Elus, patients, médecins : un dialogue de sourds, un secteur en perte de vitesse

mercredi 09.12.2009, 14:00

 

Si l'on réunit les avis des acteurs du canton de Hondschoote, on se rend bien compte que tous partagent la même volonté : trouver une solution à la situation alarmante qui s'est imposée clairement il y a trois ans et qui ne fait que s'empirer.

C'est un fait, la sous-médicalisation, c'est-à-dire le manque de médecins, sur le secteur de la Flandre intérieure prend du terrain et ne va pas aller en s'améliorant avec les départs en retraite des plus anciens médecins et la complexité de trouver des remplaçants parmi les étudiants en médecine. Cette problématique n'est pas des plus simples, si en plus on ajoute à cela des difficultés à communiquer ou à trouver les responsables ou du moins les porteurs du projet, voire quelques discordes politiques, tout s'en trouve démantibulé. Et c'est bien ce qui semble se passer sur le canton de Hondschoote.

Pourtant tout pourrait être limpide. Car depuis juillet 2008, le canton de Hondschoote, ou plus précisément les communes de Hondschoote, Killem, Les Moëres, Oost-Cappel, et Rexpoëde ont été reconnues sous-dotées par l'URCAM et la Maison Régionale de Santé.

Vers un pôle
de santé ?

La MRS a ainsi témoigné de son soutien et a invité tous les acteurs, médecins, élus, Communauté de Communes de Flandre et même patients de ce secteur à se rassembler pour mener une réflexion et proposer un projet qui pourrait même bénéficier d'aides financières. En est ressortie la possible émergence d'un pôle de santé, qui aurait pour objet de permettre une prise en charge globale de la population grâce à des actions de prévention et de promotion de la santé, et une prise en charge coordonnée en facilitant un exercice regroupé des professionnels de santé de premier recours au sens large.

Oui mais voilà, pour que cette maison de santé voit le jour, il faut que quatre à cinq médecins soient volontaires pour unir leurs forces. Pour l'heure, selon Jean-Michel Vanpouille, conseiller municipal de Rexpoëde qui a alerté de la situation dès 2006 sa commune puis la Communauté de Communes de Flandre, il n'y aurait que deux professionnels partants. Alors à qui la faute ? Si l'on en croit Jean-Michel Vanpouille et Bruno Brongniart, maire de Rexpoëde, le problème vient de la CCF. « Dès son élection, nous avons exposé à André-Pierre Becquet, président de la CCF, le dossier. Il a annoncé qu'il allait le réactiver. Après la réunion organisée par Sylvie Desmarescaux à Steenvoorde, il s'est engagé à faire une commission dans la mesure où les médecins accepteraient d'y participer. Aujourd'hui cette commission n'existe pas ! Avant ça, l'URCAM avait demandé à la CCF qu'elle liste les professionnels de santé afin d'organiser une réunion sans les élus. Rien n'a été fait ! Nous perdons un temps précieux. » Et de poursuivre : « toutes les communautés de communes se lancent pour mettre en place un pôle de santé. Aujourd'hui Steenvoorde est opérationnelle, Bergues et Esquelbecq avancent... On regarde le train passer ! Faut-il attendre la loi de l'hôpital de juillet 2010 pour agir ? »

Un manque
de réactivité

Du côté des maires de la CCF, pas de réaction. Certains, comme Régine Cadart, maire d'Oost-Cappel, font remarquer que le secteur n'est plus sous-doté puisqu'un nouveau médecin arrive à Hondschoote, et que d'autres médecins bientôt en retraite ont des pistes pour des remplaçants. D'autres se disent non concernés comme Annie Scy, première adjointe de Ghyvelde, qui explique que sa commune a adhéré au système dunkerquois. Les médecins, quant à eux, se sentent incompris et ont très mal vécu la réunion faite à la CCF en février 2008 avec l'URCAM et les élus. le point de départ : une confusion concernant le lieu d'implantation du pôle de santé, André-Pierre Becquet assurant que Le Fleury, bâtiment appartenant à une société civile et immobilière privée à Hondschoote qui regroupe déjà des associations et du personnel de santé ferait l'affaire. Autre crainte : un nouveau cap à prendre. Habitués à travailler individuellement, avec le pôle de santé les médecins devraient approuver une nouvelle mentalité : travailler main dans la main, accepter d'échanger sur leurs pratiques et sur leurs dossiers. Quant aux patients sont-ils prêts à ne plus avoir de médecin traitant attitré et se faire soigner par plusieurs médecins, selon les disponibilités de chacun ?

Une chose est certaine, le temps presse : tout doit être bouclé pour le début de l'année 2010. Car une carte des zones sous-dotées devrait être tracée au second semestre 2010 pour que les financements interviennent entre 2012 et 2014. Ce qui signifie que les premiers prêts seront aussi les premiers servis  ! Le canton de Hondschoote en fera-t-il partie ?

Aurélie LEGRAND

Le Journal des Flandres Le Phare Dunkerquois
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