notre poison quotidien...

Publié le par Arnaud

Voici une petite demande pour faire circuler l'information, ce que je fais bien volontier...

Diffusion de Notre poison quotidien en Belgique et Suisse

 

 

 

Dimanche 23 janvier 2011

J'informe nos amis belges et suisses que mon film "Notre poison quotidien" sera diffusé le 26 janvier sur la RTBF et le 7 février sur la TSR.

Faites circuler l'information!

 

Je mets en ligne un petite vidéo réalisée à la fin du montage dans la salle de l'Institut national de l'audiovisuel (INA), producteur du film. C'était après cinq mois de travail intense et la fatigue est visible!!

Les images ont été tournées par Marc Duployer, l'ingénieur du son qui m'a accompagnée tout au long de mon long périple avec Guillaume Martin, le cameraman. La voix of que l'on entend dans la vidéo est celle de Françoise Boulègue, la monteuse avec qui j'ai déjà monté plus de trnte documentaires de 52 minutes.

Merci à tous ceux qui ont permis à ce film difficile et important de voir le jour...

J'espère sincèrement qu'il permettra de revoir de fond en comble le système de réglementation des produits chimiques qui contaminent et empoisonnent notre assiette quotidiennement, malgré tous les efforts de ceux que le sociologue allemand Ulrich Beck appelle "les magiciens des taux limites", dans son livre La société du risque.

Avant de revenir, dans un prochain commentaire, sur la notion de Dose journalière acceptable (DJA) et de "Limite maximale de résidus" (LMR), je  transcris quelques ligne de La société du risque , un livre fondamental pour tous ceux qui veulent comprendre comment on en est arrivé à cette situation de contamination généralisée, considérée comme un "dégât colatéral" inévitable du "progrès", fût-ce au prix de dizaines de milliers de morts et de malades.

« Les sciences telles qu’elles ont été conçues – avec leur répartition du travail ultraspécialisée, leur appréhension des méthodes et de  la théorie, leur absence totale de rapport avec la praxis – se révèlent totalement incapables de réagir de façon adéquate aux risques liés à la civilisation, pour la bonne raison qu’elles participent activement à leur naissance et à leur développement, écrit le sociologue allemand.  Elles se muent bien plutôt -  que ce soit avec la bonne conscience de la « scientificité pure » ou avec des scrupules croissants – en protecteurs et légitimateurs d’une pollution industrielle planétaire de l’air, de l’eau, de l’alimentation, etc., et du déclin et du dépérissement des plantes, des animaux et des hommes qui en résultent ».
Puis, Ulrich Beck consacre de longues pages aux « scientifiques spécialistes du risque » qu’il appelle les « magiciens » ou les « acrobates des taux limites » : « Comme les scientifiques ne sont jamais totalement inconscients, ils ont inventé bien des mots , des méthodes et des chiffres pour masquer leur inconscience. Le mot « taux limite » est l’une des façons les plus répandues de dire que l’on ne sait rien (…) Les taux limites de présence « acceptable » de substances polluantes et toxiques dans l’air, l’eau et l’alimentation réussissent le tour de force d’autoriser les émissions polluantes tout en légitimant leur existence, tant qu’elle se cantonne en deçà de valeurs établies . En limitant la pollution, on fait le jeu de la pollution (…) Il est possible que les taux limites permettent d’éviter le pire, mais ils servent aussi à « blanchir » les responsables : ils peuvent se permettre d’empoisonner un peu la nature et les hommes (…) Les taux limites sont les lignes de repli d’une civilisation qui s’entoure elle-même de substances polluantes et toxiques en surabondance.   L’exigence de non-intoxication, qui paraît pourtant le fait du bon sens le plus élémentaire, est donc rejetée parce qu’utopique (…) Les taux limites ouvrent la voie à une ration durable d’intoxication collective normale (…) Ils assurent une fonction de désintoxication symbolique. Ils font office d’anxiolytiques symboliques contre l’accumulation d’informations catastrophiques sur la pollution. Ils indiquent qu’il y a des gens qui se donnent du mal et qui restent vigilants».  Et le sociologue allemand de conclure par un commentaire acerbe   sur les « constructeurs de taux limites » qui, à ses yeux, sont des « chimistes magiciens de l’ère post-industrielle », doués de « talents de voyance extralucide »  et d’un « troisième œil » : «  En fin de compte, il s’agit de déterminer jusqu’ où on peut aller sans que l’intoxication soit une intoxication, et à partir de quand une intoxication est une intoxication (…) il est difficile de voir dans tout cela autre chose qu’une façon très élégante et très chiffrée de déclarer : nous non plus nous ne savons pas.».

 

Marie-Monique Robin : http://robin.blog.arte.tv/

Publié dans TV-CINE-RADIO

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