le poids des mots le choc du sens... acte2

Publié le par Arnaud

Il y a quelques jours je vous adressais une note sur « le poids des mots le choc du sens... ». Voici la suite à propos des mots liés à nos représentations de l'handicap et de leur évolution dans le temps. Je dédie cette note à Luc Masson, conseiller municipal de la majorité que je remercie quand il reprend avec raison le conseil municipal sur « ne pas dire un handicapé mais personne handicapée » et reconnais sa libre parole enrichissante (même si nous pouvons avoir des points de désaccord) au sein de la majorité.

 

Les propos que je vais tenir ici proviennent d’une excellente réunion que j’ai eu le plaisir d’avoir avec le C2RP autour de l’insertion des personnes en situation de handicap.

 

Remontons à la Grèce antique pour s’apercevoir que l’infirmité est vécue comme un maléfice, une impureté. L’infirme doit être hors de la cité.

A la période médiévale, les infirmes comme les pauvres sont des nuisibles. L’infirme devient dans certaines sphères fonction de dérision (le nain, le simple d’esprit, le difforme). Une thèse indique que le « dégénérés » est une menace humaine, une tare qui se transmet.

A la période classique, l’infirmité sera considérée comme irrationnelle pouvant être dangereux et donc il faut l’extraire de la vie sociale (internement). Eliminons l’anomalie pour ne plus la voir.

La révolution permet la naissance d’une approche intellectuelle avec le début d’apprentissage pour sourds et aveugles.

Le 19ème siècle fait place à l’éducation pour « les idiots, les imbéciles, les arriérés ». Il faut corriger l’erreur.

Le 20ème siècle voit une évolution forte avec la culpabilité des défigurés de la guerre et un droit à la rééducation et à l’indemnisation. La généralisation de l’école favorise l’éducation pour tous avec des méthodes à adapter suivant les aptitudes. Nous nous rendons compte que l’handicap peut nous toucher à un moment donné (les accidentés du travail).

Nous passons des mots « infirme, impotent, incapable, imbécile, invalide » à « reclassement, réadaptation, réintégration, réinsertion, rééducation ».

Aujourd’hui on ne parle plus d’handicapé mais de personne handicapé voire de personne en situation de handicap pour souligner qu’on n’est pas forcement une personne handicapée toute sa vie.

Les mots là encore nous aident à modifier nos représentations inconscientes même si il reste un long chemin pour que suivent nos actes.

 

 

Publié dans Santé

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article