le poids des mots le choc du sens...

Publié le par Arnaud

Je reviens ici sur les histoires de mot qui ont alimenté certaines conversations récentes.

 

L’une des manières de voir évolué la société se retrouve à travers son langage. Ceci ne veut pas dire que les actes évoluent immédiatement mais avec le temps des concepts prennent forme dans notre façon de concevoir les choses et font pression sur nos représentations collectives inconscientes lourdes de sens.

 

L’histoire des représentations sociales en est une parfaite illustration. Prenons l’exemple de l’évolution de nos représentations en faveur de la solidarité collective.

 

A l’antiquité nous parlions d’obligation morale pour aider les plus démunies. Nous passons ensuite à l’obligation par les communes d’assister les pauvres et les mendiant à partir du 16ème siècle. Sous l’ancien régime nous parlons de nouveau de charité ou d’aumône, retrouvant là une certaine obligation morale issue du christianisme. La révolution va intensifier l’action sociale. En 1796 s’ouvre les bureaux de bienfaisance. En 1893 nous parlons des bureaux d’Assistance complétant les bureaux de Bienfaisance. En 1953 nous ne parlerons plus que de bureau d’Aide Sociale. En 1986 apparaisse les Centres Communaux d’Action Sociale.

 

Je remercie sincèrement ma collègue Colette Wavrin d’être intervenue lors du dernier conseil municipal pour que l’on change le terme d’aide « aux assistés ».  Et ce n’est pas le terme « nécessiteux » qui permet de changer la donne. Notre représentation de la pauvreté doit dépasser l’ordre moral judéo-chrétien pour une véritable action laïque collective d’accompagnement et de responsabilité réciproque qui rend acteur l'aidé et le reconnait comme citoyen avec des devoirs et des droits (notamment celui de la subsistance).

 

L’idée que les mots  sont sources de nos représentations peut-être également illustrée par notre rapport envers l’handicap dans le temps. Cela sera développé dans une note ultérieure.

 

 

Publié dans Solidarité

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