Le long fleuve pas tranquille de Flamoval...

Publié le par Arnaud

Flamoval va-t-il s'embourber dans les limons du canal ?

samedi 27.02.2010, 05:07 - La Voix du Nord


  Les grues sont entrées en action sur le chantier, des questions se posent sur les boues trouvées ici.

|  INCINÉRATEUR |

Le syndicat mixte Flandre Morinie (SMFM) s'est réuni jeudi à la mairie d'Arques. Peu de questions à l'ordre du jour mais du lourd : les finances et l'achat du terrain sur lequel se construit l'incinérateur avec le problème des boues qui s'y trouvent. PAR HERVÉ VAUGHAN

 

" Encore une fois, je vais poser une question dérangeante, mais je dois alerter les délégués », a commencé Thierry Willaey, lors de l'examen de la participation financière des structures adhérentes au SMFM. La délibération proposait de maintenir cette participation pour 2010 au niveau de 2009 soit 4,68 E HT (4,94 E TTC) par habitant. Thierry Willaey voulait une participation à la tonne. « Le mode de calcul proposé est en complet décalage avec la loi Grenelle », affirme-t-il. « Ce n'est pas cohérent. Les syndicats vont demander des efforts aux habitants pour réduire les déchets et dans le même temps ils vont leur demander de payer la même somme. » André Bonnier a répondu : « Pendant le temps des études et de la construction, la participation des membres est calculée au nombre d'habitants, mais, nous avons dit dès le début, que dès que nous entrerons en phase de production, c'est à la tonne incinérée que la participation sera calculée. » Didier Tiberghien a ajouté : « J'adhère au raisonnement de Thierry Willaey pour le fonctionnement. En revanche, pour l'investissement, on garde le même mode de calcul. » Le vice-président du SMFM a révélé : « Nous avons économisé 1 174 000 E en baissant d'un point le taux de l'un des emprunts. » La délibération a été adoptée moins trois voix. Le budget s'élève à 3 437 014,25 E pour la section fonctionnement et à 85 340 014,50 E en investissement. Il a été adopté à l'unanimité moins trois abstentions.

 

« L'avenir n'est pas sans surprise et celle-là est de taille », a dit Thierry Willaey lors de l'examen de l'achat du terrain de Flamoval. En cause, les terres et les limons provenant du curage et de l'élargissement du canal à grand gabarit et déposés là par les Voies navigables de France. Le coût de l'évacuation (1 013 752 E) pour 70 000 m³ est payé par le SMFM. Celui-ci a demandé à la CASO de baisser son prix de vente. La parcelle de 73 017 m² coûtera 81 503 E.

 

« En contrepartie, indique la délibération, il est demandé au SMFM de renoncer à tout recours contre la CASO du fait de la nature du terrain et de tout surcoût supplémentaire apparaissant en cours de chantier. » Une délibération qui fait réagirThierry Willaey. « Si mes craintes sont fondées sur la pollution de ces boues, il faut arrêter de les envoyer dans la carrière qui les reçoit car elle n'est pas habilitée à les recevoir », affirme-t-il. D'autre part, il redoute que l'on trouve d'autres blockhaus sur le site entraînant un surcoût au moment des travaux. « Renoncer à un recours contre la CASO me semble infondé ». Enfin, Thierry Willaey a souligné : « CASO et SMFM, c'est la même présidence ». Il demande qu'on reporte cette délibération « pour être sûr que le site n'est pas pollué ». Joël Duquenoy a répondu : « La direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL) a répondu par téléphone que les boues n'étaient pas polluées. » Le président du SMFM a conclu : « Le transfert des boues est quasiment terminé. Nous en sommes à 62 000 tonnes, le coût sera donc moins important. » La délibération a été adoptée à l'unanimité moins deux abstentions et une opposition. On risque, pourtant, d'en reparler. •

 

Le SMFM regroupe cent soixante communes dont les déchets seront incinérés à Flamoval.

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