Flamoval... un roman ?

Publié le par Arnaud

Le projet d'incinérateur au coeur d'un polar qui va faire grincer des dents

jeudi 13.05.2010, 05:09  - La Voix du Nord

 Deux mois auront suffi à Sylviane Rose pour rédiger un roman policier autour d'un projet d'incinérateur dans le Pas-de-Calais. Deux mois auront suffi à Sylviane Rose pour rédiger un roman policier autour d'un projet d'incinérateur dans le Pas-de-Calais.

|  ROMAN |

Voilà un livre qui va faire jaser. L'auteure hallinoise, Sylviane Rose, s'empare de la polémique autour du projet d'incinérateur pour écrire « Le Miroir du serpent », un roman noir avec meurtres et magouilles. « Toute ressemblance avec des faits, des lieux et des personnes existants n'en serait que fortuite et involontaire », précise-t-elle en préambule. Les lieux et les personnages sont pourtant clairement identifiables...

PAR DAVID MONNERY

 

saintomer@lavoixdunord.fr

Depuis sa demeure cossue, Sylviane Rose était persuadée qu'il « y avait de quoi faire un roman autour de cette histoire d'incinérateur ». Alors elle l'a écrit et publié à compte d'auteur. Deux mois lui auront suffi. « J'étais très inspirée. Je venais de finir la rédaction d'un roman sentimental qui va être publié prochainement aux éditions Ravet-Anceau. J'étais à la recherche d'un sujet, et je voulais essayer autre chose, un autre style. » Sans rien dire à personne. Même pas à son mari, le docteur Bertrand Rose, engagé dans l'association pour la protection de la santé des habitants de la région de Saint-Omer (APSH), opposée à l'incinération. « Je l'ai mis devant le fait accompli, quand j'ai reçu les livres de l'éditeur. » Le personnage principal du roman est pourtant un certain Bertrand Roseau, médecin généraliste, engagé dans une association qui combat un projet d'incinérateur à Saint-Mire (lire également ci-dessous). La ressemblance avec la réalité est ainsi troublante à bien des égards au fil des pages. Mais cet ouvrage reste un roman policier - les meurtres et autres seringues de curare sont là pour le rappeler.

 

L'auteure hallinoise ne se prive pas pour livrer son avis sur l'incinération. Elle est foncièrement contre. « J'ai cinq enfants, je me pose des questions pour leur avenir. Il y a assez de maladies et de pollution comme ça pour en rajouter. » Son livre n'a toutefois jamais la prétention d'être une étude scientifique. Juste un roman. Quoique solidement ancré dans le réel. Sylviane Rose se défend d'avoir voulu y régler des comptes. « Ce n'est qu'un roman... », balaye-t-elle. Toute ressemblance n'est peut-être que fortuite. Mais certains protagonistes riront forcément jaune. •

 

Une accumulation de détails confondants

jeudi 13.05.2010, 05:09 - La Voix du Nord

 

« Le Miroir du serpent » est un roman policier, certes. Mais l'accumulation de détails bien réels est pour le moins troublante. ...

« Je voulais que les gens se reconnaissent. je ne l'ai pas fait pour déranger, plutôt pour faire sourire », assume Sylviane Rose. Toute ressemblance ne serait donc pas fortuite ? Jugez plutôt.

Saint-Mire est une ville paisible du Pas-de-Calais, connue pour sa cathédrale avec astrolabe et tombeau de Saint-Erkembode, son jardin public avec carré à la française et kiosque à musique. Tiens donc.

Depuis que le préfet a donné l'autorisation d'y construire un incinérateur à ordures ménagères, la polémique fait rage. Quatre mille manifestants ont même défilé dans la rue pour protester, du jamais vu dans cette ville. Souvenez-vous.

Le docteur Philippe Lemoine, pneumologue à lunettes rouges, qui exerce sur une grande avenue derrière une double porte bleue, anime avec d'autres médecins une association pour faire prendre conscience à la population des risques sanitaires. Ça rappelle quelqu'un, non ? Ce docteur est notamment épaulé par Bertrand Roseau (lire également ci-dessus) et Geneviève Lemaire, pédiatre à la « chevelure brune parsemée de fils argentés ». Confondant.

Dans le rôle des gentils, on trouve également le jeune commissaire Arnaud Lefort. La description de son bureau est plus vraie que nature.

Les élus, aussi, se reconnaîtront. Eux doivent cependant s'attendre à être piqués par des descriptions au vitriol, avec un petit relent de tous pourris. « Pas tous, il y en a un qui démissionne - Albert Boniface - après avoir reçu des menaces de mort car il a découvert quelque chose », nuance l'auteure. Il y a aussi le redoutable Noël Dufour - avec un N comme joyeux - qui semble tirer toutes les ficelles... Mais n'en disons pas plus pour ne pas dévoiler l'intrigue.

Les journalistes en sont également pour leurs frais, qui figurent comme menteurs et « carnassiers ». « Mais dans quel roman noir, ils ne sont pas présentés comme ça », se défend l'auteure.

 

Le Miroir du serpent, éditions Beaurepaire, 16 E. En vente chez Majuscule et sur Internet.

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