Ca monte, ça monte... Quel plan au niveau national ?

Publié le par Arnaud

L'élévation du niveau de la mer, un casse-tête dans la région et en Belgique

Publié le samedi 28 novembre 2009 à 06h00 Nord Eclair

A Wissant, sur le site des Deux-Caps. Le littoral de la Mer du Nord sera victime de l'élévation du niveau de la mer.

Nord - Pas-de-Calais, Belgique, Pays-Bas : le littoral de la Mer du Nord sera impacté par le réchauffement climatique et la montée du niveau de la mer qui l'accompagnera.



Mais on ne s'y prépare pas de la même façon...


Dans le Nord - Pas-de-Calais. La montée des eaux, c'est le combat de Jean Schepman, président de l'Institution interdépartementale des Wateringues. Et pour cause : situé dans un triangle Dunkerque-Saint-Omer-Calais, ce polder de 85 000 hectares, conquis sur l'eau grâce à des pompes, se trouve en première ligne : « Il compte 450 000 habitants côté français, dont 100 000 seraient directement impactés par la montée des eaux. » Alors, depuis 2001, il tire la sonnette d'alarme. Il est catégorique : « À plus de 2 m de hausse du niveau d'ici un siècle, on ne peut plus évacuer l'eau ». Lui a fait faire une étude qui table sur une hausse de 30 cm d'ici 2050 : « Là, on peut encore y arriver, moyennant 180 % de pompage de plus. Mais les pompes, ça peut tomber en panne, et l'État ne nous donne plus de financement : il nous dit : "vous savez bien qu'il faudra rendre une partie du polder à la mer " » Une évolution selon lui inéluctable pour les générations futures. 


La meilleure solution à ses yeux serait gravitaire : utiliser la pente pour évacuer l'eau, mais elle a aussi ses limites : « L'évacuation gravitaire va cinq fois plus vite que la pompe, mais plus le niveau de la mer monte, moins on a le temps de faire du gravitaire car la marée est moins forte. » Il est donc pour lui grand temps d'agir : « La Belgique et les Pays-Bas sont bien plus en avance que nous. » En Belgique. Élevation du niveau de la mer sera synonyme en Belgique d'apparition de zones sous le niveau de la mer, qui sont quasi-inexistantes aujourd'hui. Philippe Marbaix est chercheur à l'UCL de Louvain. Il a étudié l'impact des changements climatiques en Belgique. L'érosion de la région côtière en fait partie : « Pour le moment, quand il y a des risques d'inondations, on ramène du sable sur les plages. Avec l'élévation du niveau de la mer, l'érosion va augmenter. La question est de savoir ce qu'on fait si ça dépasse 50 cm », reconnaît-il. L'Agence pour les services maritimes et côtiers du ministère des Travaux publics de la Région flamande y travaille : « Nous sommes en train d'étudier toute la côte belge pour la sécuriser jusqu'en 2050, sur la base d'une élévation de 30 cm du niveau de la mer et en cas de tempête », explique Tina Mertens. Les inondations pourraient alors aller jusqu'à Bruges. « La mesure principale consiste à recharger les plages avec du sable. Aujourd'hui, on le fait déjà un peu. Une autre mesure serait d'élargir et renforcer les digues sur la côte. Nous allons choisir une mesure pour chaque commune du littoral. » Tout ce travail débouchera sur un plan remis au gouvernement en juin 2010. « On pense qu'il va coûter 300 millions d'euros et que les travaux seront finis en 2015. »


ISABELLE HODEY

Voir aussi la note du Blog de Paulo Serge Lopes

La Flandre dunkerquoise et le réchauffement climatique

Publié dans dossier wateringues

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