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Publié le par Arnaud

COMMUNIQUÉ  DE  PRESSE

 

Mme Blandin, Sénatrice du Nord, s’adresse à Mr Bérard, Préfet du Nord

 

De 1936 à 1939, des milliers de militants, d’artistes, de Juifs ont fui la montée du nazisme en Allemagne, et n’ont dû leur salut qu’à l’hospitalité de courageuses familles d’accueil en France, en Angleterre et aux U.S.A. Comme le rappelait Lucie Aubrac lors de la sortie du film de Claude Berry, les enfants de ceux qui sont restés ont reçu dans nos écoles non seulement l’enseignement de nos programmes, mais des cours spécifiques de mise à niveau.

 

Dans la France de Monsieur Sarkozy, ceux qui aident les réfugiés afghans sont  surveillés, condamnables, et pour certains inquiétés.

 

De 1939 à 1944, des milliers de Français résistants, artistes, juifs, tziganes, homosexuels, n’ont dû leur salut qu’au courage et à l’hospitalité d’autres Français, ou de familles solidaires de Suisse, d’Espagne, d’Angleterre ou d’ailleurs.

 

Dans la France de Monsieur Besson, même les terrains vagues de Calais leur sont interdits, et des rafles les regroupent pour qu’ils soient enfermés, puis  renvoyés, par charter, dans leur pays d’origine où sévit la guerre, où règnent l’arbitraire, la menace intégriste et ses exactions sur les populations. De l’aéroport de Lesquin, près de Lille, il est prévu qu’un avion de la honte décolle vers Kaboul. L’errance, la désolation, le crime attendent à l’arrivée ceux qui seront de ce voyage, et la France portera la responsabilité de leur devenir.

 

On ne peut pas à la fois justifier notre présence militaire en Afghanistan par la présence, à combattre, d’ennemis violents de la liberté et de la démocratie, donner acte de la gravité du risque taliban, et précipiter des innocents, voire des militants engagés contre ces mêmes talibans, dans des territoires où ils seront livrés à l‘errance, voire à leurs bourreaux.

 

La France, qui se veut encore, de réputation historique, patrie des droits de l’Homme, doit se ressaisir, et chacun, face à sa conscience, doit prendre ses responsabilités. Aussi, Monsieur le Préfet, je vous demande de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour que ce départ n’ait pas lieu.

 

Les sans-papiers d’aujourd’hui ne sont que l’avant-garde de milliers de réfugiés climatiques, dont l’arrivée probable est intimement liée à nos excès de consommation énergétique. C’est donc dès aujourd’hui qu’il nous faut apprendre à réinventer l’accueil et la solidarité.

 

Le 20 octobre 2009.

Publié dans Solidarité

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