c'est ce soir...

Publié le par Arnaud

les-opposants-a-flamoval-ont-plante-un-a-22093.jpg.jpgFlamoval : « Arrêter tout aujourd'hui, coûtera moins cher que la surcapacité »

jeudi 03.06.2010, 05:06 - La Voix du Nord

 

|  ON EN PARLE |

Dany Dietmann*, élu alsacien, pourfendeur d'incinérateur, est l'invité des anti-Flamoval, ce soir, à Renescure. Pour le vice-président de la communauté de communes de la porte d'Alsace, proche de Cap 21, l'avenir passe par le recyclage. Et, quand il entend que l'Audomarois veut atteindre 332  kg de déchets par an et par habitant contre 433, il crie au scandale. PAR MARIE JANSANA

 

hazebrouck@lavoixdunord.fr

Vous êtes cité en exemple par les opposants à Flamoval. Racontez-nous votre expérience.

« Nous faisons un travail de fond depuis 1991. Il existe un centre d'enfouissement - aujourd'hui, on parle d'installation de stockage de déchets non dangereux - à proximité de la communauté de communes de la porte d'Alsace. Des citoyens ne voulaient plus de ses nuisances. Nous leur avons demandé leur participation. Si nous ne voulions pas les déchets d'autres habitants chez nous, il fallait montrer l'exemple et se mettre au tri.

 

 » Vous étiez précurseur... « Oui. La première chose était de séparer le fermentescible des autres gisements. Nous avons proposé de le récupérer au porte-à-porte et mis en place une redevance annuelle. (...) Les habitants ont ensuite souhaité qu'elle devienne incitative. La pesée embarquée a été instaurée en 1999. En parallèle, nous avons beaucoup communiqué. Avec le tri ordinaire, le poids des produits résiduels ménagers est passé de 400 kg par an et par habitant à 250 kg. Aujourd'hui, il est de 82 kg et continue à décroître. Le taux de recyclage est de 74 %. »  

 

C'est la solution, selon vous ?

« Construire un incinérateur est stupide. Si on incinère, on ne trie plus, car s'il ne tourne pas à plein, il coûte plus cher. Un projet était prévu à Aspach-le-Haut (Haut-Rhin) de 85 000 tonnes. Les appels d'offres, les marchés étaient lancés, mais nous l'avons arrêté en 2008. En moins d'un an, les gens se sont mobilisés et la quantité de produits résiduels est tombée à 225 kg/an/habitant. »

 

Mais pour les déchets résiduels ?

« On mutualise les incinérateurs existants pour brûler les produits dont on ne peut plus rien faire. Les produits à capacité calorifique sont brûlés. Les autres peuvent être stockés dans des centres, en attendant de savoir les recycler. »  

 

Vous prônez aussi les ressourceries.

« Oui. Les technologies du recyclage sont dans une dynamique importante. Il faut aussi travailler sur la conception des produits pour les rendre écologiques. »  

 

Pour Flamoval, les grues sont déjà en action. N'est-il pas trop tard ?

« Arrêter tout, aujourd'hui, coûtera moins cher que lorsque dans dix ans, les ménages régleront la surcapacité. »  

 

Vous travaillez depuis 1991... « J'ai essuyé les plâtres. Maintenant, le processus peut être très rapide. L'installation de la pesée embarquée, par exemple.

L'important, c'est la communication. »  

 

Les opposant à ce système jugent qu'il entraîne dépôts et brûlages sauvages, dépôts chez le voisin.

« Quand une zone à 30 km/h est instaurée devant une école, 95 % des conducteurs la respectent. Les deux ou trois personnes qui font n'importe quoi, vous les repérez, vous leur réexpliquez. D'autre part, les bacs ménagers ne sont sortis que lorsqu'ils sont pleins. Alors, le sac poubelle du voisin... » •

 

Conférence débat, à 19 h 30, à la salle des fêtes de Renescure (1 E).

 

*Dany Dietmann avait signé la pétition internet lancée sur ce blog en 2008.

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