A méditer pour Hondschoote...

Publié le par Arnaud

Edmond Kociszewski, président de l'association de défense de l'Environnement de la Flandre Intérieure (Défi) qui est affiliée à l'Adelfa, était déjà intervenu dans le dossier de Houtkerque.

Il expose les conséquences d'un tel projet pour la commune de Bambecque.

Pourquoi vous êtes-vous engagé dans ce dossier ?

« Après Houtkerque, où l'enquête publique s'est terminée le 23 octobre avec une participation jamais vue aux dires du commissaire enquêteur, c'est maintenant Bambecque qui va subir le droit d'une enquête publique demandée par M. Vanderhaeghe-Geerardyn, un voisin de l'autre côté de la frontière pour une porcherie de 3 000 porcs résidents permanents. On peut qualifier la demande de permis de permis de construire de rocambolesque, elle permet de donner avant même le début de l'enquête les zones d'épandages, les surfaces utilisées et le volume de lisier à épandre. Si certains Bambecquois se croient à l'abri de la pollution olfactive générée par le projet pour eux éloigné du village, ils doivent savoir que Bambecque recevra le tiers de lisier à épandre sur ses terres soit une surface de 121 hectares chez sept agriculteurs, Warhem 65 hectares, Hondschoote 1,74 hectare, Houtkerque 14,38 hectares, Oost-Cappel 13,61 hectares, Rexpoëde 111 hectares, Killem 24,57 hectares et Téteghem 9,24 hectares. Ce n'est pas le seul problème, d'après ce que je sais. Par exemple, le bâtiment industriel serait situé près d'un fossé à 15 mètres au lieu des 35 requis et si le bâtiment est déplacé alors il se retrouvera à 80 mètres des habitations alors que la législation impose 100 mètres. Deux dossiers sur les porcheries industrielles, qui sera le suivant ? Nous pouvons empêcher la réalisation de ce projet mais pour cela il faut se mobiliser tout de suite et inciter la population à donner son avis au moment de l'enquête publique. Dix personnes se sont déjà fédérées à Défi pour mettre en place un groupe de travail et étudier le futur dossier d'enquête et le permis de construire. »
A votre avis, pourquoi les éleveurs belges viennent en France ?
« Tout est saturé en Belgique, les éleveurs doivent faire face à des contraintes énormes. Alors les Belges viennent en France avec des porcs de 22kg pour les faire engraisser et arriver à un poids de 110kg puis ils les ramènent en Belgique en laissant derrière eux le lisier. On ne peut pas être contre tout, mais je refuse que l'Etat français permette à des Belges de venir concurrencer les porcheries bretonnes qui elles ont payé très cher pour dépolluer. »
Quelles sont les conséquences pour l'environnement ?

« La Flandre est une terre de zones humides, de Zones Naturelles d'Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique (ZNIEFF) et le lisier sera épandu dessus en long, en large et en travers. Sans compter les dégâts que va occasionner sur la route la circulation de transports de cuves à lisier.
En ce qui concerne les plans d'épandage, une fois l'autorisation donnée, on peut faire tout et n'importe quoi ! D'autant que les plans d'épandage ne sont pas si bien contrôlés. Comment savoir si le lisier s'arrête bien à la limite tracée sur les plans dans les champs ! Dans ce genre de projet, il n'y a aucune gestion des eaux, l'eau est prise dans la nappe phréatique et c'est à cet endroit que l'eau est la plus pure soit composée de 0,5ml de nitrates, on va donc donner de l'eau minérale à des cochons ! C'est ridicule de galvaniser l'eau de nos enfants et petits enfants. De plus, il n'y a aucun investissement fait au niveau environnemental. »

Que proposez-vous ?

« Je ne suis pas contre les porcheries, mais pourquoi ne pas construire à un endroit où ça ne gène personne et du moment qu'on ne pollue pas. Pourquoi ne pas travailler sur le système de méthanisation ? Cette solution est coûteuse, mais vaut la peine ! A l'heure actuelle, je pense qu'il faut geler tous les projets de porcheries en Flandre intérieure tant que la méthanisation n'est pas réglée. Par exemple, les Allemands font du porc, mais ils ne gèrent pas leur lisier. il est temps que la Flandre s'organise, se mobilise et que dans chaque village se constitue un groupe de travail pour évincer ce genre de projet, car il ne faut pas rêver si les projets en cours ne se font pas à Houtkerque ou à Bambecque, ce seront les communes les moins bien organisées qui en auront la primeur. »

Source : le journal des Flandres
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