ça chauffe... vite... Copenhague ?

Publié le par Arnaud

Le réchauffement climatique rend l’Arctique méconnaissable,
par Johann Hari 14 septembre 2009

Aucun « record » n’ayant été battu, la fonte de la banquise arctique ne fera pas les gros titres cette année. Pourtant, 2009 se classe au 3ème rang des minima enregistrés, avec une couverture glaciaire inférieure de 1,4 millions de km2 par rapport à la moyenne des années 1979-2000. Cette saison entrera également dans l’histoire comme étant la première où une liaison maritime commerciale - destinée à devenir régulière, annoncent les armateurs - aura fendu les flots de l’Arctique. Ces évènements survenus dans ce poste avancé de l’observation du changement climatique, considérés encore il y a peu comme inimaginables ou fort lointains, sont la préfiguration des bouleversements qui nous attendent, avertit Johann Hari, qui appelle à une insurrection des consciences avant le sommet de Copenhague. Tout doit être fait d’ici là, écrit-il, pour exercer une pression maximum sur les politiques afin qu’ils s’engagent sur une réduction drastique des émissions de CO2.

 

Par Johann Hari, The Independent, 12 septembre 2009

Année après année, les symptômes de fièvre de notre planète sont de plus en plus évidents. Désormais, cette région qui était restée emprisonnée par les glaces depuis l’époque où nos ancêtres vivaient dans les arbres est gagnée par les eaux libres, bien avant ce qu’avaient prévu les études scientifiques précédentes. Robert Corell, l’un des principaux climatologues américain, avertit : « Si vous voulez voir ce qui se passera dans le reste du monde, regardez vers l’Arctique. Cela commence par là. »

 

Le réchauffement d’origine humaine transforme l’Arctique en un paysage devenu méconnaissable. Si les êtres humains continuent à émettre des gaz à effet de serre au rythme actuel, cela se produira également dans la plupart des régions du monde - avec la montée des océans, le desséchement et la mort des terres agricoles et l’apparition de phénomènes météorologiques beaucoup plus extrêmes.

 

La rapidité avec laquelle cela se déroule laisse penser que cela ne concernera pas seulement nos petits-enfants et les ours polaires, comme les politiques continuent de le dire dans leurs discours. Cela nous arrivera à nous. Les climatologues du monde entier avertissent que durant mon existence nous pourrions atteindre cinq degrés de réchauffement. Cela représente un écart supérieur à celui existant entre la manière dont nous vivons maintenant et à la dernière ère glaciaire. Cela va transformer notre planète en un monde que nous ne sommes pas en mesure d’imaginer, et que nous ne pourrons plus habiter aussi nombreux qu’aujourd’hui, et de loin.

 

Cette année, il y a une chance pour changer de cap écologique - tout juste à minuit moins cinq. Les dirigeants du monde entier se réuniront à Copenhague afin de négocier le traité qui succédera à celui de Kyoto. S’ils décident de procéder à des réductions substantielles et contraignantes des émissions de CO2, nous pourrions conserver l’écosystème en deçà du point de basculement au-delà duquel il s’effondrera. Mais cela doit être fait maintenant.

 

Tout ce que vous ferez dans les prochains mois en vue d’exercer une pression sur les politiques - manifester et mener campagne avec les organisations écologistes - pourrait être la chose la plus importante que vous accomplirez dans votre vie.

 

Cependant, nombre de gens préoccupés par ce catastrophique réchauffement climatique ciblent mal leurs énergies. L’anxiété les pousse uniquement à réduire leurs émissions individuelles de CO2.

 

Cela aurait au mieux un impact très limité, et au pire serait un placebo dissuadant de se procurer le véritable remède. La seule chose qui aidera à contenir le changement climatique à l’intérieur des paramètres de sécurité, c’est une pression massive exercée par l’opinion publique sur les politiques, afin qu’ils acceptent des restrictions obligatoires s’appliquant à nous tous - et pas seulement aux bienveillants 10% qui réduiront volontairement leurs émissions.

 

Le moment d’exercer cette pression est arrivé. L’Arctique était le canari dans la mine de charbon. Le canari est à moitié mort. Le temps est venu de se manifester.

 

source : contreinfo.info

Publié dans Etat de notre planète

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