les associations continuent leur mobilisation...

Publié le par Arnaud

 

 

COMMUNIQUE DE PRESSE

 

 

Proposé par les associations de défense

de l’environnement de Flandre

 

A Wormhout, le lundi 21 septembre 2009

 

 

 



Objet :
Confirmation de la position des associations de défense de l’environnement de Flandre contre le projet d’incinérateur Flamoval à Arques.

 

 

            Alors que plusieurs propos relatés dans la presse précisent la non-position des associations de défense de l’environnement vis à vis du projet d’incinérateur Flamoval à Arques, nous souhaitons aujourd’hui par ce communiqué nous expliquer et définir une nouvelle fois notre avis défavorable sur ce dossier.

           

Depuis toujours, nous demandons aux institutions de veiller et aider à une diminution à la source des déchets. Produire moins de déchets est la seule solution valable et notre unique credo face à cette problématique.

            Plusieurs initiatives prises par les associations de défense de l’environnement vont en ce sens :

·        opposition au Centre de Valorisation Energétique à proximité des quartiers urbains du Dunkerquois (fédération Adelfa)

·        soirée débat sur la thématique ‘déchets’ du 6 octobre 2006 (Wormhout, association Houtland Nature)

·        courrier adressé aux Directeurs des centres techniques d’enfouissement afin de connaître leur échéance d’autorisation d’exploitation (Houtland Nature, juillet 2008)

·        Soirée-débat sur le non-sens écologique du projet Flamoval et présentation d’une méthode alternative, la bio-press (Buysscheure Bocage, novembre 2008)

·        demande d’envisager une alternative au projet parallèlement à la mise en place d’un débat public (Looweg, début 2009)

·       

 

 

Très rapidement, nous avons dénoncé le projet initial qui ignorait les méthodes alternatives plus proches des valeurs environnementales que nous soutenons et pour lesquelles nous nous battons une fois de plus aujourd’hui. Il aurait pourtant été logique de commencer par là et de toujours se laisser une ‘sortie de secours’ : en effet, si nous pouvons pour une fois nous satisfaire de l’anticipation de nos élus à la fermeture des centres d’enfouissements (anticipation vraiment précoce), nous regrettons que les décisions prises il y a plus de dix ans restent figées et ne soient pas aujourd’hui remises en cause malgré les avancées technologiques faites dans les méthodes de valorisation des déchets. Aujourd’hui, si des territoires accompagnent des méthodes innovantes, nous optons pour un projet déjà démodé, onéreux et insensé du point de vue environnemental.

 

 

Des efforts globaux de réduction à la source des déchets trouvent des échos favorables auprès de la population (ex : diminution des sacs plastiques aux caisses). Ces efforts sont rapidement récompensés par une baisse des tonnages de déchets.

La valorisation des déchets reste un objectif important pour l’Union Européenne qui demande aux Etats membres des résultats significatifs. En Belgique, 57% des ordures ménagères sont valorisées contre 20% seulement en France. L’obligation de la France à augmenter ce pourcentage relancera très rapidement la surcapacité de l’incinérateur. Et anéantira en même temps toutes les (bonnes) volontés éducatives prises dans le sens d’une réduction à la source et d’un tri efficace en vue d’une valorisation efficiente. « Consommez, produisez du déchet : on est là pour tout brûler ! ».

 

Parmi les méthodes alternatives, la méthanisation est de loin la solution la plus efficace. Elle permet de traiter jusque 65% des déchets ménagers actuels. Pour les 35% restants, les incinérateurs et centres d’enfouissement en activité suffisent largement à leur élimination sans devoir penser à une aggravation de leurs nuisances.

Alors que l’Etat français lance des appels à projet originaux sur la méthanisation, l’horizon de notre territoire pour les décennies à venir sera obscurci par l’incinérateur et rendra vaine toute initiative innovante en ce sens.

 

Trop peu de volontés favorisant le compostage individuel et collectif sont à comptabiliser en Flandre. Cette technique simple et très peu onéreuse permet pourtant la production d’engrais verts facilement réutilisables dans les potagers.

 

            Parallèlement à la mise en place de projets de méthanisation, l’accent devrait être mis en exergue sur l’éducation aux éco-gestes du quotidien. Que ce soit au travail, à la maison, dans son potager ou encore à l’école, des initiatives de réduction et de valorisation des déchets sont possibles. Des conseillers ou animateurs nature pourraient alors proposer tout un un panel d’actions éducatives visant une gestion intelligente des déchets (campagne de sensibilisation, formation des professeurs à des outils pédagogiques, création de séminaires propres…).

            Par manque d’éducation et de sensibilisation, les ordures ménagères sont pour beaucoup un fourre-tout dont on veut se débarrasser facilement ! Sans une pédagogie à toutes échelles (temporelle et géographique), les mentalités ne changeront pas (la taxe ‘ordure ménagère’ va augmenter…) et laissent craindre le pire quand à l’incinération de produits dangereux.

 

Ce manque de sensibilisation va jusqu’au sein du personnel des centres de tri. Ainsi, des audits ont montré la présence de déchets d’amiante dans les bennes à métaux à Wormhout…. Comment alors ne pas se soucier du fonctionnement interne d’une superstructure comme l’incinérateur si les ‘petites’ déchetteries locales peinent dans leurs objectifs de valorisation des déchets ? Si on ne sait pas ce qui rentre dans l’incinérateur, comment savoir ce qui va en sortir ?

 

La question se posera autant pour les mâchefers que pour les filtres censés récupérer les gaz … et les gaz qui ne seront pas récupérés par les filtres !

Concernant les mâchefers (= tonnes de cendres issues de la combustion), ceux-ci devront être envoyés en décharge avec la législation, leur utilisation en tant que matériaux recyclés pour l’enrobage des routes peut prêter à suspicion suite au manque de traçabilité des matériaux présents.

Les filtres censés récupérer les gaz dangereux ne pourront tous les récupérer : c’est un fait. Sans compter que ces filtres usés devront être placés en filière ‘déchets dangereux’, enfouis on ne sait où puisque personne ne s’y intéressera vraiment. Qui dit gaz toxiques dit danger pour la santé des populations. Les taux de cancers de la région ne sont-ils pas déjà assez élevés qu’on décide d’en rajouter une couche ? La contamination des tissus humains par des produits toxiques mettra peut-être des années avant de se révéler. Comment assurer alors que l’incinération ne rejettera pas de dioxine ? Espérons que le temps n’effacera pas les combats du passé … On ne peut donc que demander le principe de précaution qui prévaut dans de telles circonstances.

Ce n’est pas parce que la région a vocation, comme le prétendent certains, à accueillir les sites « industriels » réputés polluants que l’on doive en rajouter impunément toujours un peu plus. On sature déjà, mais c’est pas grave, y’a du rab !

 

Un incinérateur sans problème, on n’y croit pas. Et ce ne sont pas les accidents déplorés dans les incinérateurs qui nous prouvent le contraire et nous montrent à quel point la fiabilité d’une telle infrastructure n’est jamais chose gagnée.

 

            La qualité de l’air ne sera malheureusement pas altérée uniquement par les gaz issus de l’incinération. L’arrivée des déchets par camions aura des répercussions inévitables par l’émission de CO2. Les nuisances sonores et les aller-retours journaliers des camions provoqueront rapidement des désagréments aux populations riveraines. Les collectes les plus éloignées étant à 50 kilomètres du site d’incinération, le coût des transports et l’organisation aberrante du territoire poseront rapidement problème…

 

            L’incinération, on le voit ici, n’est pas le meilleur moyen pour lutter contre les changements climatiques... L’émission de gaz à effet de serre ne pourra qu’accentuer ce que certains appellent déjà ‘la crise écologique du XXIe Siècle’.

 

Alors que les sociétés prennent conscience de la fin de l’ère du pétrole, les habitudes changent petit à petit. Parmi elles, celles qui concernent les vacances et les loisirs. Quand on sait que les grands et longs voyages n’intéressent plus grand monde (crise économique oblige ?), on assiste aujourd’hui à une fréquentation accrue des sites touristiques de proximité. Quel sera donc l’impact d’un tel incinérateur pour le tourisme vert qui prend de plus en plus d’importance ? Impact d’autant plus dramatique que l’Audomarois a la chance d’avoir su garder quelques reliques d’espaces de nature et traditions qui les rende si célèbre. Et que penser des impacts sur le secteur d’hébergement local qui travaille à proposer des séjours de qualité (tourisme à la ferme, dégustation de produits locaux, découverte du patrimoine, vacances pour se ressourcer…) ?

  

 

            Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ?

 

            Afin que ce communiqué ne devienne pas une lettre-morte, nous demandons ici-même la mise en place d’un débat contradictoire sur ce dossier ‘brûlant’ qu’est l’incinérateur flamoval.

 

Ce débat contradictoire ferait intervenir pro- et contre-Flamoval. Y seraient présents tous les élus délégués au SIROM et au Syndicat Mixte Flandre-Morinie (SMFM) afin qu’il puissent prendre pleinement connaissance des taches d’ombre de ce dossier faramineux. De nombreux élus qui votent en faveur de l’incinérateur ne semblent pas au courant des ‘contre-indications’ soulevées par les associations de défense de l’environnement et par la population qu’ils sont censés représenter. Malgré un refus initial de nous recevoir, les porteurs du projet semblent aujourd’hui d’accords pour ce débat contradictoire. Nous attendons ainsi avec impatience les élections du bureau du SMFM fin septembre 2009 afin d’inviter l’ensemble des élus à participer au débat contradictoire.

 

Nous espérons alors que les élus responsables et au courant des faits accepteront le moratoire demandé par une dizaine d’élus du secteur. L’occasion alors de faire le point sur les méthodes alternatives récentes à l’incinération et pourquoi pas, revoir la copie…

 

 

 

 

 

Communiqué signé par :

 

Adelfa (Association de Défense de l’Environnement du Littoral Flandre Artois) – fédération de 25 associations

Agir Ensemble pour notre Environnement

Association des Guides Nature des Monts de Flandre

Association du Looweg

Association Ros’Eau

Centre d’Education Nature du Houtland

Collectif Nature et Patrimoine du Houtland – fédération de 12 associations

Houtland Nature

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