démocratie bafouée...

Publié le par Arnaud

  • Thierry Willaey : « La messe est dite, mais la cathédrale n'est pas encore construite »

jeudi 01.10.2009, 05:01 - La Voix du Nord

Thierry Willaey, élu vert, réagit après l'élection du nouveau président du SMFM et veut relancer le débat sur Flamoval.

 

|  FLAMOVAL |

Élu hazebrouckois, porte-parole des verts en Flandre, Thierry Willaey fait partie du groupe d'opposants à Flamoval au sein du SMFM (syndicat mixte Flandre-Morinie). Mardi, lors d'une conférence de presse à la mairie de Lynde, l'homme est sorti de sa réserve pour réagir à l'élection du nouveau président du SMFM. Il dénonce notamment l'absence de débat démocratique sur l'épineuse question de l'incinérateur.

PAR AMÉLIE VERMEULEN

hazebrouck@lavoixdunord.fr

 

Une semaine après l'élection de Joël Duquenoy, maire d'Arques, à la présidence du syndicat mixte Flandre-Morinie (SMFM), les Verts, par la voix de Thierry Willaey, jouent leur rôle de poil-à-gratter. Florilège.

 

Débat démocratique.- « La démocratie est bafouée », avance Thierry Willaey, qui cite en comparaison le cas de l'incinérateur d'Ivry, pour lequel « il y a une vraie commission de débat public ». « Au SMFM, tout s'arrange entre quelques uns. On ne cherche même pas à savoir qui sont les élus, et pourquoi ils s'opposent au projet d'incinérateur. Pire, on utilise des manoeuvres pour faire taire toute forme de protestation, comme cette lettre qui nous a été envoyée, intitulée "Les mensonges du Dr Richard". » Un autre exemple. « Je suis allé rencontrer les dirigeants de Bonduelle qui étaient d'accord pour venir s'exprimer sur le sujet devant les syndicats, poursuit Thierry Willaey. Mais au moment d'aborder le sujet devant M. Duquenoy, celui-ci a préféré passer à autre chose. Il y a des réalités qu'on ne nous signale tout simplement pas au sein du syndicat mixte. »


Solutions alternatives.- « Toutes les solutions alternatives à l'incinérateur n'ont pas été étudiées. La proposition de Baudelet par exemple, relative à la bio-press, a fait l'objet d'une note de quatre pages qui disait aux élus ce qu'ils devaient penser de ce procédé, dénonce le Vert. Je suis moi-même allé en Allemagne pour voir ce procédé, qui fonctionne. Peut-être qu'il n'y a pas une réponse, mais des réponses à chercher. Il y a aussi les ressourceries, qui sont un axe de développement préconisé dans le Grenelle. Sans compter que les ressourceries, c'est le réemploi.

On ne prétend pas détenir la vérité. On veut juste que le débat ait lieu. Sauf que là, on est dans un grand couloir où on a fermé toutes les portes, à part celle du fond. »


Emploi.- « Avec Flamoval, on se moque des conséquences environnementales, de la santé des gens, mais aussi de l'emploi, s'énerve Thierry Willaey. On sait pertinemment ce que va devenir Bonduelle... Car forcément, à un moment ou un autre, l'incinérateur connaîtra un dysfonctionnement. Ça a été le cas pour l'incinérateur de Calce, pour celui de Guichainville... Dépenser 80 M E, sans oublier les coûts de fonctionnement de l'incinérateur - que personne ne maîtrise pour l'instant - et perdre un millier d'emplois, c'est juste une belle connerie ! »


Lobbying.- « On arrive à se demander qui décide, qui dirige le débat technique, va jusqu'à avancer le porte-parole des verts en Flandre. Quand on sait par exemple qu'André Bonnier (ancien président du SMFM) et Hubert de Chefdebien, l'un des responsables à la CNIM - l'une des sociétés choisies pour la construction de Flamoval -, siègent au sein d'un même conseil d'administration, celui d'Amorce, on se pose des questions. » « La messe est peut-être dite, mais la cathédrale n'est pas encore construite », conclut Thierry Willaey, en écho aux propos tenus la semaine précédente par Joël Duquenoy.

 

Le nouveau président du SMFM se contente de répondre : « Ça fait dix-huit mois que M. Willaey répète les mêmes arguments.Il parle de démocratie ? Il y a eu des élections. Il parle de solutions alternatives ? Mais personne ne propose rien. Ou alors des solutions qui ne marchent pas... »

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