des élus s'interrogent sur le projet...

Publié le par Arnaud

Des élus réclament un débat public et un moratoire d'un an pour que Flamoval soit réétudié


« Faut-il aujourd'hui un nouvel incinérateur ? »

mercredi 23.09.2009, 14:00

Les élus veulent prendre le temps de la réflexion: «il n'y a pas d'urgence dans la mesure où les décharges n'ont pas atteint leurs limites sur notre territoire.» Les élus veulent prendre le temps de la réflexion: «il n'y a pas d'urgence dans la mesure où les décharges n'ont pas atteint leurs limites sur notre territoire.»

 

Fiabilité de l'équipement, emplois, coût, utilisation... Cet été, des élus de diverses communes de la Flandre intérieure ont travaillé dans l'ombre afin de récolter le plus d'informations possibles concernant Flamoval, le projet d'incinérateur de déchets ménagers qui devrait voir le jour à Arques (près de Saint-Omer) en 2010 et qui fait bien parler de lui depuis plusieurs mois.

Jusqu'alors, personne du canton de Bergues ni d'Hondschoote ne s'était manifesté à ce sujet. Les élus ont-ils préféré réunir leurs forces avant de s'exprimer ? Il n'en reste pas moins qu'aujourd'hui un groupe de travail est formé et se dit bien décidé à agir. Ce groupe ne cache pas ses multiples doutes et interrogations sur Flamoval.

« Nous ne sommes pas contre le projet Flamoval, mais nous n'avons pas eu la totalité des informations nécessaires par le Syndicat Mixte Flandre Morinie représenté par son vice-président sur le secteur Hervé Saison pour pouvoir nous situer en toute connaissance de cause sur le projet de l'incinérateur, précise Jean-Michel Vanpouille, conseiller municipal de Rexpoëde. Faut-il aujourd'hui un nouvel incinérateur ? » Pour le groupe de travail, la réflexion ne fait que débuter. Il a tout d'abord commencé par retracer les origines du projet. Bruno Brongniart, maire de Rexpoëde, expose : «  en 1997, l'objectif des élus, en créant le syndicat mixte pour la construction d'un incinérateur, était de mutualiser les moyens pour traiter les déchets. Ce syndicat tente alors d'anticiper la fermeture des décharges. A l'époque il n'était pas question de fumées et de rejets nocifs sur l'environnement. Récemment les décisions du Grenelle de l'environnement ont également introduit de nouvelles orientations, comme passer au tri sélectif.» Et de poursuivre : « aujourd'hui le tri progresse partout y compris dans notre secteur. Ce qui part à l'incinérateur est moins important que par le passé, ceci va occasionner plus de pollutions que prévu puisque l'incinérateur ne fonctionnera pas à plein régime. Il est donc nécessaire de se réinterroger  ! »

« Plus d'informations
pour pouvoir juger »

Pour les élus du secteur qui ont nouvellement rejoint le SIROM comme c'est le cas des représentants de la municipalité de Bergues, la situation n'est pas simple à comprendre. « En trois réunions, on a vu la girouette tourner deux fois, s'inquiète José Szymaniak, adjoint de Bergues. En premier lieu, Flamoval était le top, puis Biopresse de Baudelet était une alternative intéressante. A la troisième réunion, on est revenu sur Flamoval et à chaque fois nous n'avons eu que peu d'arguments. A-t-on vraiment étudié toutes les alternatives possibles ? Nous avons besoin de plus d'informations sur le procédé pour pouvoir juger. »
D'après les élus, un débat public avait été demandé en novembre 2008 et il n'a jamais eu lieu. C'est pourquoi, le groupe de travail propose que soit voté par les délégués au SMFM après délibération des conseils municipaux un moratoire d'un an pour que le projet Flamoval soit réétudié compte tenu de toutes les évolutions réglementaires, législatives et techniques survenues depuis dix ans. Il souhaite également organiser un débat public en Flandre maritime, Bergues s'est d'ailleurs portée candidate pour mettre à disposition la salle Looten. Jean-Michel Vanpouille conclut : « ce délai de réflexion d'un an devrait permettre d'aborder également la mise en oeuvre de toute la filière du traitement des déchets dont le Centre de Valorisation, ainsi que l'étude des solutions alternatives à l'incinérateur. Ce délai est possible puisqu'il n'y a pas d'urgence dans la mesure où les décharges n'ont pas atteint leurs limites sur notre territoire. »

Aurélie LEGRAND Le Journal des Flandres Le Phare Dunkerquois

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