mercredi 12.08.2009, La Voix du Nord
Arnaud Van Robaeys, des établissements Van Robaeys à Killem et du Grenier du lin à Hondschoote, fait le point sur l'intérêt de la production de lin bio.
La culture du lin bio est-elle répandue ?« Non, pas vraiment : 90 hectares de lin bio sont produits chaque année en France, c'est peu. Et 200 hectares en Europe. L'Institut technique du lin a fait une présentation sur le lin bio l'an dernier, nous présentant la Seine-et-Marne comme le leader en France de cette production. Cette culture existe aussi en Hollande. Alors que des producteurs de lin bio sont déjà présents dans le Pas-de-Calais (à Nouvelle-Église et Berck notamment), il n'y en avait pas encore dans le Nord. Nous avons proposé à Guy Vandromme de tester cette culture. Il a accepté. » Quel est l'intérêt d'une production de lin bio ? « Le lin conventionnel est déjà connu comme un produit naturel. L'impact bio est donc moins important que pour le coton par exemple. Au Grenier du lin, même si nous n'en présentons pas encore, les visiteurs sont curieux de cette production. Au niveau financier, le lin bio à une valorisation supérieure de 50 à 60 % par rapport au lin conventionnel. » Comment va être utilisé le lin produit cette année ? « Il va être amené chez nous, nous allons le teiller dans des ateliers bio, puis nous récupérerons la fibre longue, qu'on appelle la filasse, pour la vendre à un négociant qui la revendra lui-même à une filature, pour faire du textile bio. Pour le reste, les 10 % de graine serviront à nourrir un élevage bio par exemple, les 10 % de fibre courte seront utilisés dans la construction automobile ou la production de papier, les paillettes de lin (50 %) serviront dans la construction de meubles, le paillage agricole et les litières pour chevaux. Les 10 % de poussières restantes se transformeront en terreau bio pour les producteurs de chrysanthèmes du Dunkerquois. Finalement, seules les graines et la filasse pourront apporter un plus en étant bio. » C'est une première cette année dans le Nord. L'expérience va-t-elle être reconduite ? « Nous voulions étudier l'intérêt de cette culture. mais le bilan ne pourra pas se faire sur une seule récolte. Nous verrons plutôt dans trois ou quatre ans. J'avoue que j'ai plutôt des préjugés négatifs sur cette culture, notamment au niveau des mauvaises herbes et de leur gestion. Un problème que Guy Vandromme a d'ailleurs rencontré cette année (lire ci-dessus). Il ne faudrait pas que la plus-value du lin bio soit reperdue à cause d'une fibre de moins bonne qualité. On va donc le reproduire l'an prochain avec Guy Vandromme, s'il est partant, et avec d'autres agriculteurs qui se montreraient intéressés. Normalement, on a un potentiel de dix agriculteurs dans la région. » • A.-C.P
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