"La protection sociale non fondée sur la répartition a donné la preuve de son échec"

Publié le par Arnaud

La crise a mis les systèmes de protection sociale dans le monde "sous pression"

25/04/09 - L'Association internationale de la sécurité sociale (AISS), en collaboration avec le Département de la sécurité sociale de l'Organisation internationale du Travail, a organisé les 24 et 25 avril, à Genève, un "séminaire international sur la Sécurité sociale en temps de crise : Impact, enjeux et réponses". "Les systèmes de protection sociale sont clairement mis sous pression en raison de la baisse des contributions (...) alors que les dépenses ont augmenté de façon spectaculaire", a expliqué à l'AFP le secrétaire général de  (AISS), Hans-Horst Konkolewsky. Les systèmes gérés nationalement ont jusqu'à présent montré "l'efficacité de leur rôle d'amortisseurs de la crise" permettant d'éviter une trop forte crise sociale, mais "si la pression continuait, ils pourraient être confrontés à un manque de liquidités problématique", prévient-il. Selon une étude de l'AISS publiée vendredi à l'occasion du séminaire, des fonds de réserves de nombreux régimes nationaux d'une quarantaine de pays ont perdu à eux seuls 225 milliards de dollars en 2008 avec la chute des marchés financiers. Ces déboires confirment, selon l'Association, les travers des systèmes de protection sociale basés sur la capitalisation. "La protection sociale non fondée sur la répartition a donné la preuve de son échec", a souligné le directeur du département de sécurité sociale de l'OIT, Michael Cichon. L'OCDE estime à 5 000 milliards de dollars en 2008 les pertes des fonds de pension privés, avec pour conséquence directe une baisse drastique des niveaux de retraites de millions de personnes âgées, notamment aux Etats-Unis. Pour l'AISS, "le système par capitalisation a largement contribué à la croissance malsaine des marchés financiers".
Par ailleurs, la Banque mondiale a annoncé, dans un communiqué du 21 avril repris par l'AFP, qu'elle allait tripler ses investissements dans la protection sociale des pays en développement pour les porter à 12 milliards de dollars sur les deux prochaines années. Ces investissements se feront sous la forme de prêts pour financer les projets des Etats dans la création ou l'amélioration de systèmes de protection sociale. Le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, a appelé la communauté internationale à ne pas oublier les conséquences de la crise économique mondiale pour les plus pauvres. "L'attention s'est concentrée dans la crise actuelle sur les pays développés où les habitants sont confrontés à la perte de leur logement, leurs actifs et leur emploi. Ce sont de vrais coups durs". "Mais les gens dans les pays en développement ont beaucoup moins de moyens d'atténuer le choc : pas d'épargne, pas d'assurances, pas d'allocations chômage, et souvent pas de nourriture", a-t-il estimé.


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