la nouvelle loi santé... une médecine mercantile ?

Publié le par Arnaud

Réforme Bachelot : "l'appel des 25" contre la "médecine mercantile"


18/04/2009 -  En cette période de vacances, la mobilisation des médecins hospitaliers de l'AP-HP contre la loi Bachelot ne faiblit pas. Ainsi, Le Nouvel Observateur publie cette semaine un texte signé par 25 grands professeurs des hôpitaux publics parisiens dénonçant le projet de réforme HPST, dont "le maître-mot", selon eux, "n'est plus la santé mais la rentabilité". La préoccupation centrale du volet hospitalier du projet de loi, qui sera examiné par les sénateurs à partir du 11 mai prochain, "n'est plus le malade mais le compte d'exploitation de l'hôpital. Et les premières victimes en seront les patients et les soignants" dénoncent les vingt-cinq signataires dans leur missive. Pour ces derniers, la réforme défendue par la ministre de la Santé donne "tous les pouvoirs au directeur de l'hôpital, nommé et révoqué par le directeur de l'Agence Régionale de Santé, lui-même nommé et révoqué par le Conseil des ministres". Un directeur qui "pourra n'avoir aucune compétence médicale ou en santé" et qui "pourtant (...) arrêtera le projet médical de l'hôpital". Les médecins co-signataires dénoncent par ailleurs "des suppressions massives et injustifiées d'emploi d'infirmiers et d'aides-soignants". "Si cette loi n'est pas amendée, elle s'appliquera sans nous", préviennent-ils, demandant l'organisation d'urgence "d'états généraux de l'hôpital public".
Rappelons que les présidents des commissions médicales d'établissements (CME), peu enclins au conflit, ont de leur côté menacé de démissionner si le volet hôpital de la loi Bachelot n'est pas modifié.
La ministre de la Santé a répondu point par point aux arguments des signataires de l'appel par le biais d'une tribune publiée dans Le Figaro du 16 avril. Estimant que le projet de réforme a été bâti "à partir des propositions des neuf cent mille personnes qui travaillent à l'hôpital", la ministre dénonce "une caricature" de son texte. "La mauvaise gestion est la pire ennemie d'une médecine de qualité", écrit Roselyne Bachelot, tout en défendant la réforme de la tarification, avant d'interpeller les signataires : "Veulent-ils en revenir à la dotation globale qui constitue le financement le plus injuste ?" Concernant le maintien des emplois, Roselyne Bachelot préfère souligner que "l'hôpital public a vu ses effectifs croître de 11,4 % les dix dernières années et de vingt-cinq mille personnes en son cœur et à la périphérie l'année dernière". Le Figaro précise que la ministre "se dit néanmoins prête à faire «encore évoluer» ce texte" au Sénat.
Pus de 9 300 personnes avaient soutenu, samedi 18 avril en fin d'après-midi, l'"appel des 25", note le Le Nouvel Observateur.

> Contre la mort de l'hôpital public : l'appel des 25 :

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/societe/20090415.OBS3384/contre_la_mort_de_lhopitalisation

 

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