"le coup de gueule écolo de salariés d'EDF"

Publié le par Arnaud

08/04/2009
Ils sont une quinzaine : techniciens, cadres, chargés d'études, actifs ou retraités, la plupart syndicalistes, mais parfois pas. Une quinzaine d'employés ou ex-employés d'EDF qui ont signé un appel "pour une diversification urgente du bouquet électrique français". Un texte « d'intérêt public contre le mono-nucléaire »

Leurs doléances sont d'abord environnementales. Ils reprochent au nucléaire d'être une « source d'électricité peu modulable et donc inadaptée aux pointes de consommation » : en somme d'être trop lourdingue pour le réglage fin que nécessite aujourd'hui la consommation électrique en France. «L'extrême centralisation inhérente à la technologie nucléaire, outre qu'elle entraîne des pertes d'énergie sur le réseau, constitue une cause supplémentaire de vulnérabilité potentielle de l'approvisionnement électrique, dans un contexte de multiplication des incidents et accidents, notamment liés à l'âge du parc et à certaines erreurs de conception mais aussi aux logiques de financiarisation et de privatisation qui touchent à la fois les secteurs du transport et de la production d'électricité ». Corollaire : surconsommation électrique structurelle, surproduction et exportation en heures creuses, déficit et importation en heures de pointe, à partir de centrales plus polluantes telles que le lignite, ce charbon de mauvaise qualité, en Allemagne. 

Leurs doléances sont aussi sociales. 92% de salariés ne sont pas heureux dans le nucléaire : c'est en effet ce que souligne cet appel, qui précise qu'en 2003, une étude réalisée pour EDF par le centre de recherche en gestion de l'École polytechnique révélait que « 92% des salariés du nucléaire souhaiteraient quitter le secteur. Déjà, certains partent, ce qui pose des problèmes de sûreté pour certaines activités ». Le décalage se creuse de plus en plus entre l'image officielle de haute technologie et de culture de sûreté du secteur, et la réalité de terrain des « soutiers de l'atome », martèle l'appel.

Pour toutes ces raison, les signataires de l'appel demandent de baisser la part du nucléaire dans le bouquet électrique français de 80 à 60% en 5 ans, et indiquent de quelle manière : en fermant les réacteurs atomiques les plus anciens ; en favorisant les énergies renouvelables décentralisées et adaptées aux ressources locales (biomasse, biogaz, grand et petit éolien, hydrolien, photovoltaïque).

Le nucléaire pas si populaire. De quoi relativiser le consensus français sur le nucléaire, alors qu'une enquête récente d'Accenture montre une montée de l'adhésion au nucléaire dans le monde, sauf en France. Faite fin 2008 dans 20 pays différents auprès de plus de 10 000 personnes, cette enquête révèle un pourcentage d'opinions favorables au nucléaire inchangé à 52 % mais une augmentation du pourcentage de personnes assez favorables de 19 à 29 %. 

La Chine, les Etats Unis, l'Inde, l'Italie et le Royaume Uni voient le plus remonter la cote du nucléaire. Les plus stables dans leur acceptation de cette industrie sont la France mais à un niveau d'acceptation de 82% qui traduit l'importance de cette source d'énergie dans le pays et l'Allemagne qui, malgré les épisodes récurrents de coupure d'approvisionnement en gaz russe, reste modérément enthousiaste pour cette énergie.

Mais dans l'Hexagone, même si 82 % des sondés réalisent l'importance de cette énergie, 20% seulement sont en faveur de la construction de nouvelles centrales et 42 % souhaitent que l'on résolve d'abord les questions qui fâchent, démantèlement et stockage des déchets. 

Pour finir,  une constante dans le monde : les peuples s'estiment mal informés, à 72%, sur le sujet !

source : http://www.usinenouvelle.com

Publié dans Energie

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