une autre crise moins médiatique...

Publié le par Arnaud

ENVIRONNEMENT - Le Forum mondial d'Istanbul a pointé l'urgence de protéger cette ressource naturelle...

Le Forum mondial de l'eau s'est achevé ce dimanche à Istanbul sur un constat: l'humanité doit impérativement protéger l'accès à l'eau, alors que la croissance démographique et le changement climatique menacent les ressources. «Il n'y a pas, pour l'instant, de guerres de l'eau, mais il y a une crise de l'eau», a résumé Laurent Stefanini, ambassadeur délégué à l'environnement, en marge de la présentation du Partenariat français pour l'eau (PFE).

Un constat mais aussi un échec: La notion de «droit à l'accès à l'eau», réclamée avec force par nombre d'ONG et plusieurs pays, ne figure cependant pas dans ce texte, dont la signature coïncide avec la Journée mondiale de l'eau.   9 d'humains milliards en 2050

La population mondiale devrait passer de 6,5 milliards d'humains aujourd'hui à 9 milliards en 2050. Suivant ce rythme, la demande en eau devrait augmenter de 64 milliards de m3/an, selon l'ONU.

«A cet instant de l'histoire de l'eau, nous nous trouvons confrontés à un défi majeur: utiliser plus de ressources en eau et en même temps les protéger, les valoriser, les conserver et même les réutiliser», a averti Loïc Fauchon, président du Conseil mondial de l'eau, co-organisateur de l'événement avec la Turquie.

L'agriculture consomme trop d'eau

La croissance démographique va forcément accroître les besoins alimentaires. Or «l'agriculture représente 70% des consommations d'eau», rappelle à 20minutes.fr Jean-Marc Faures, spécialiste de la mise en valeur des terres et des eaux à la FAO. «Et dans l'agriculture, c'est l'élevage qui est le plus gourmand.» Avec l'augmentation de consommation de viande dans le monde, due aux demandes des pays émergents, la pression sur les ressources en eau est donc de plus en plus forte.

Le spectre du changement climatique alourdit un peu plus un tableau déjà sombre. «Il sera ressenti d'abord et avant tout à travers l'eau, que ce soit avec les sécheresses, les inondations, les ouragans, la fonte des glaces ou la montée des océans», rappelle Mark Smith, qui dirige l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Réfugiés climatiques

Géographiquement, les prévisions restent floues, mais «les experts s'accordent pour dire que la sécheresse va toucher le pourtour méditerranéen, et notamment le sud de la France et les pays de la rive sud», annonce Jean-Marc Jancovici. Il semble également acquis que le Bangladesh est menacé par les inondations et que le désert de Gobi va gagner du terrain. Des modifications qui vont, dans les années qui viennent, chasser des populations entières de leur lieu de vie habituel. Environ 1 milliard de personnes dans le monde n'ont déjà pas accès à l'eau potable et 2,5 milliards ne bénéficient pas d'un système sanitaire décent.

Risques de conflits

L'accès aux ressources en eau a toujours posé des problèmes diplomatiques, ils risquent de s'amplifier. Mékong, Congo, Nil, Danube, Amazone, Niger: la gestion des fleuves transfrontaliers est un enjeu crucial d'une «diplomatie de l'eau». «Nous devons impérativement aboutir à une coopération stable avant que la concurrence pour les ressources en eau ne devienne trop aiguë», explique Flavia Loures, chargé du droit international au sein du WWF.

Dans certaines régions, le sujet reste très sensible. «Les pays en position de "château d'eau" par rapport à leurs voisins sont plutôt réticents car ils craignent une ingérence dans leurs affaires intérieures», résume un diplomate européen, qui cite l'exemple de la Chine, en position «hydro-hégémonique».

Autre exemple de conflit lié à l'eau: le Proche-Orient. «Les Palestiniens ne devraient pas être contraints d'attendre qu'un accord de paix soit conclu avant d'être autorisés à utiliser une part légitime des ressources en eau transfrontalières», a déclaré le président palestinien Mahmoud Abbas jeudi, dans un message lu lors du Forum.

Les enjeux sont donc de taille. «Le risque est que tout le monde se quitte avec de bonnes idées ou de bonnes résolutions sans avoir les outils pour les mettre en oeuvre», a noté Laurent Stéfanini, appelant de ses voeux un véritable suivi entre les Forum, qui ont lieu tous les trois ans. 20minutes.fr (avec agence)

Publié dans Etat de notre planète

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