moins de fonctionnaires... plus de précaires !

Publié le par Arnaud

Pourquoi l'État persiste et ne veut pas abandonner la manne des contrats aidés !!!   Le principe constitutionnel fait devoir à l'État d'assurer « l'organisation de l'enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés » sur tout le territoire.
C'est donc à l'État d'assurer le recrutement et la gestion statutaire des personnels, la répartition des moyens affectés à l'éducation afin de permettre l'égalité d'accès au service public, le contrôle et l'évaluation des politiques éducatives.
Au fil des années, des tâches nouvelles sont venues s'ajouter aux missions traditionnelles d'enseignement, sans être prises en compte dans la définition du service des enseignants. La demande d'aide éducative s'est accrue dans le cadre de l'institution. La suppression massive d'emplois d'adultes (aides-éducateurs, auxiliaires de vie scolaire, étudiants-surveillants) a eu des conséquences négatives sur l'encadrement des élèves, au sein des équipes éducatives, chacun, qu'il soit personnel social ou de santé, administratif, TOS, assistant d'éducation, auxiliaires de vie scolaire ...apporte sa contribution à l'action éducative.
Effectivement, comment développer des emplois qui répondent à des besoins réels mais peu ou pas rentables?

L'idée est élémentaire :

Grace au retour de l'esclavage par les contrats aidés, cela devrait peut- être permettre le retour au plein emploi !

Un secteur d'activités non rentables mais socialement nécessaires, l'Éducation nationale, service public.

L'État grâce aux subventions jointes des contrats aidés, est financé par la collectivité. Le problème, c'est qu'il s'agit de personnes que l'on subventionne, pas les emplois! Et que des personnes en contrats aidés amènent dans leur valise des subventions abondantes et toujours bienvenues.

Éclatante idée?
Les effets retors de ces contrats :

1)Un emploi aidé n'est pas subventionné pour lui-même, mais en fonction du statut de précarité de la personne qui l'occupe. Il parait que c'est pour remettre sur les rails du marché de l'emploi les personnes qui en sont durablement exclues. C'est une bonne idée sur le principe.
Parce que en vérité, cela conduit à deux choses : à réserver prioritairement les emplois non rentables aux personnes éloignées de l'emploi, en excluant leurs formations, compétences, expériences et aspirations et en ne cherchant pas les causes de l'éloignement. Ensuite, cela conduit une discrimination entre les travailleurs cibles, puisque les aides sont graduées en fonction de divers critères qui évoluent au fil des besoins politiques, des régions, des départements : plutôt des vieux, plutôt des jeunes, plutôt sans bac, avec bac, gros, mince, blond, brun.... !. En fonction de ces critères sur lesquels les postulants n'ont aucune maîtrise, ils reviendront plus ou moins peu chers à la structure qui compte les employer, et qui veut optimiser ses coûts, et qui, à compétences égales, va privilégier le plus subventionné. Voire juste regarder le pourcentage de prise en charge du postulant en dehors de toute autre considération.
Les emplois aidés, censés aider, à la création de ces contrats, les exclus du travail à reprendre le train en marche, ont été dévoyés de leurs fonctions, et sont devenus des machines à exclure et à discriminer les exclus!
2)Comme ce sont les personnes qui sont aidées, pas les emplois, les subventions sont donc liées à l'employé, pas au poste, et comme elles sont toujours limitées dans le temps, souvent dégressives, inévitablement, ces emplois seront subordonnées à des contrats à durées déterminées,(ces emplois ne se valorisent pas dans le temps, par contre, leurs coûts augmentent avec le temps qui passe, et le pourcentage de prise en charge diminue),
Et puisque les subventions sont liées aux personnes, pas au poste, il suffit de licencier le contrat aidé qui devient cher pour en reprendre un subventionné à taux plein à la place. Et comme il s'agit là de CDD, ce n'est pas compliqué et coûteux. Ainsi nous avons des emplois qui sont toujours subventionnés, grâce à la multitude et au turn over des contrats aidés.
Le dispositif des emplois aidés surclasse tout autre montage destiné à détruire le salariat, parce que même payé au SMIC, un salarié standard est toujours nettement plus coûteux qu'un employé en contrat subventionné qui peut ne revenir qu'entre 10€ à 20€ mois, en coût résiduel.
Ainsi, à qualifications, compétences, formations et expériences équivalentes, on peut avoir côte à côte un salarié à 1500€/mois et un autre à -100€, et qui le restera, si l'on prend soin de le changer souvent.

Mais attention à la question qui se pose maintenant pour tout le salariat : comment se débarrasser de l'employé cher pour le remplacer par 2 ou 3 employés en contrats aidés qui ne coûtent rien?

Nos gouvernants persistent dans les contrats aidés pour soi-disant lutter contre le chômage, sans se préoccuper d'évaluer réellement ce type de dispositif.

Ils créent de fait un précariat de masse qui sabote le salariat traditionnel, et ce, en toute tranquillité, puisque peu de monde se penche sur le problème.

M-J référente UNCEVS du 53

Publié dans Emploi

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