Sangatte à ciel ouvert

Publié le par Arnaud

Voici un extrait du rapport d'une mission d'enquête CFDA (Coordination française pour le droit d'asile) menée de mai à juillet 2008sur la situation des migrants sur le littoral :
  • Les exilés sont bien plus nombreux que ne veulent l'admettre les pouvoirs publics. On peut estimer que leur effectif se situe entre 1 000 à 1 500 (soit celui de Sangatte en 2002), qui se répartissent en groupes de tailles très variables à la recherche d'embarquements discrets dans des camions qui leur permettent de gagner la Grande-Bretagne ou d'autres pays d'Europe. Calais ne rassemble plus que le tiers d'entre eux. Si les ports continuent à représenter des bases de départ et de rassemblement, les autoroutes le deviennent aussi, à proximité de stations-services où stationnent des camions de transports internationaux.
  • Ils sont actuellement pour l'essentiel Afghans, Erythréens, Ethiopiens, Irakiens, Somaliens ou Soudanais, par conséquent issus de pays victimes de crises profondes et de violences, comme l'avaient été, par le passé, leurs prédécesseurs d'autres nationalités qui ont cessé de venir dès lors que la situation s'est peu ou prou améliorée dans leurs pays.
  • La légitimité des raisons qui ont obligé ces étrangers à fuir leurs pays est telle que, globalement, la France et la plupart des Etats européens s'abstiennent de les rapatrier de force chez eux. Malgré cette « compréhension » des motivations de leur présence, les exilés se heurtent à quantité d'obstacles administratifs et juridiques qui les condamnent à l'irrégularité du séjour et à la misère.
  • Parmi les règles qui compliquent ou empêchent l'accès des exilés à une situation régulière, le règlement européen Dublin s'avère particulièrement redoutable. En confiant la responsabilité exclusive de l'examen de leur demande d'asile au premier pays de l'Union européenne dans lequel leur présence a été signalée, il interdit, d'une part, à une très grande partie des exilés toute possibilité d'intégration dans les pays où ils souhaitent s'installer, et il les condamne, d'autre part, à demeurer dans ceux de la périphérie de l'Europe où, pour toutes sortes de raisons objectives, ils ne veulent pas rester.
  • Cette assignation à résidence indifférente aux désirs et aux besoins des exilés ouvre la voie à la désorientation d'une partie très importante d'entre eux, et à une politique de la « patate chaude » entre Etats de l'Union européenne qui se les renvoient les uns aux autres, ouvrant ainsi la voie à d'incessants va-et-vient d'exilés condamnés à une errance sans issue à travers l'Europe.
dossier complet ici
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Publié dans Solidarité

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