Lundi 26 janvier 2009
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Depuis hier, le peuple Guadeloupéen est entré en résistance contre un système économique et politique oppressant qui régit ce département français d'amérique. Plus d'un cinquantaine d'organisations
regroupées dans le collectif: " lyannaj kont pwofitasyon" en français le rassemblement contre l'exploitation, ont lancé un mouvement de grève général qui paralyse le pays.
Dans les rues une grande manifestation, dont l'ampleur rappel ceux des années 80, trois milles selon la police et dix milles selon les organisateurs, s'est déroulée hier. Des barrages
ont été érigé notamment sur le pont de la gabarre reliant les deux principales 'îles de l'archipel, la Grande-Terre et la Basse-Terre. Aujourd'hui l'un des principaux centre commercial a été bloqué
et la zone industriel de Jarry a été désertée par ces salariés.
En marge de ses manifestations des heurts entre les jeunes et la police sont à dénombrer. S'ils sont regrettables, le contexte guadeloupéen, avec une population jeune touchée par largement
par le chômage, fournit un début d'explication. Durant les jours à venir si la situation se dégrade la presse française va nous pondre des articles exotiques teintés de
néocolonialisme. Alors, voila, quelques éléments du contexte.
Durant trente ans le Bureau de Migration des Dom (BUMIDOM) a assuré à la France la main d'œuvre nécessaire dans l'administration sur les postes non qualifiés. La Poste, la RATP, la SNCF et surtout
les hôpitaux ont en été les grands bénéficiaires. L'ampleur du phénomène était tel qu'Aimé Césaire avait parlé de génocide par substitution. Aujourd'hui ont estime la population d'origine
antillaise à 400 000 en Île-de-France alors que la population de la Guadeloupe et la Martinique est d'environ 800 000 habitants.
Depuis la fin des trente glorieuses et le ralentissement de l'économie française," l'exportation" de la jeunesse guadeloupéenne ne touche plus que les plus diplômés qui tentent leur chance en
France Hexagonale aux USA ou au Canada. Ce n'est donc pas un hasard si l'une des revendications du collectif est la guadeloupéanisation des cadres. D'autre part
durant ces dernières années des entreprises européennes se sont installées en Guadeloupe en faisant venir leurs salariés d'Europe au détriment des jeunes locaux. L'administration d'état ne donne
pas l'exemple, la quasi-totalité des cadres sont originaires de la métropole alors que le nombre de grands diplômés guadeloupéens ne cesse d'augmenter. L'import-export autre secteur économique est
tenu par les békés qui ont des pratiques sociales qui ne facilitent le dialogue social. Et chaque année lors des NAO c'est l'occasion d'un grand de fer avec les syndicat dont l'UGTG.
Le statut départemental de la Guadeloupe qui lui assure l'égalité sociale est aussi un des principaux freins à son développement économique. Si la quasi-totalité des acteurs sociaux
économiques s'accordent sur l'inadéquation du statut départemental sa traduction politique tarde à se mettre en place. En effet, en 2003 la majorité des partis politiques, allant de la droite avec
à tête Lucette Michaux-Chevry une proche de Jacques Chirac aux indépendantistes, s'étaient accordés sur un " projet guadeloupéen" qui prévoyait une assemblée une assemblée unique et un statut
d'autonomie. La fédération locale du parti socialiste français a fait campagne contre pour des raisons d'opportunisme politique en focalisant le débat sur la personnalité de Lucette Michaux-Chevry
alors très impopulaire. La tactique fonctionnât très bien et la population rejeta le projet par référendum avec plus de 70% de contre. Mais problème politique demeure. En Martinique et en
Guyane les élus ont opté pour un statut d'autonomie et un référendum devrait être prochainement organisé.
Ce qu'il y a de nouveau, aujourd'hui, c'est le nombre des organisations qui sont dans ce collectif qui va bien plus loin que les organisations syndicales et politiques. En effet le monde associatif
et culturel est aussi largement représenté dans ce collectif contre l'exploitation. De 35 organisations et le collectif est passé à 52. Mais la vraie nouveauté c'est le soutien populaire. Après
deux jours de blocages la population soutien le collectif et le mouvement est reconduit pour demain. Le collectif réclame des négociations avec l'Etat, le Medef et les collectivités locales sur un
projet de société pour la Guadeloupe.
Les Verts Guadeloupe sont membre du collectif dont le cahier revendicatif contient dix chapitres. En voila un extrait : La baisse immédiate de 50 cts du prix des
carburants ; La baisse des prix de tous les produits de première nécessité et de tous les impôts et taxes ; Une augmentation du salaire minimum de 200 Euros nets ; La baisse du prix de l'eau et des
transports de passagers ; La titularisation de tous les précaires publics et privés ; Le reversement des sommes abusivement perçues par la SARA et les Collectivités dans un fonds destiné à la
formation et à l'emploi des jeunes et à l'organisation d'un véritable service des transports de passagers ; La restitution par la SARA des trois (3) millions d'Euros versés par l'Etat et les
Collectivités ; La création en remplacement de la SARA d'un service public d'approvisionnement et de distribution des carburants garantissant la transparence, la qualité et l'accès à un carburant
au meilleur coût ; La sauvegarde du patrimoine de l'Hôtel Kalenda et le reclassement de tous les salariés de Kalenda et Anchorage ; Le développement de notre production afin de satisfaire les
besoins de la population ; Le droit à l'éducation et à la formation pour la jeunesse et les travailleurs de notre pays ; La priorité à l'embauche et aux postes de responsabilité pour les
Guadeloupéens et le refus du racisme à l'embauche
Il y a fort à parier que la presse nationale ne s'intéressera au problème que lorsqu'il y aura des affrontements car décidément ces petits bouts de France sont bien éloignés.
Jean-Jacob BICEP
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