Nord Eclair - 19/07/2008
Le Nord, future poubelle radioactive ?
AURÉLIA MOUSSLYLe Nord accueillera-t-il des déchets nucléaires ? C'est l'objet de l'enquête réalisée par l'Agence nationale de gestion des déchets radioactifs (ANDRA). Au cours du mois de juin dernier, l'ANDRA a fait parvenir aux maires du canton d'Hazebrouck-Nord des courriers : cette zone a le privilège d'avoir une composition géologique favorable à la réception des déchets en question. Les courriers sont agrémentés de dossiers tout en couleur qui vantent les mérites d'un site d'enfouissement de déchets radioactifs. Pour le service communication de l'ANDRA, le profit que peut apporter aux communes la construction d'un tel site ne fait aucun doute. « Il existe un intérêt économique indéniable pour les municipalités. Le site d'enfouissement dynamisera l'activité locale. En phase de construction, 100 emplois seront créés. Lors de l'exploitation, pendant 20 ans, 50 postes seront à pourvoir.
Enfin, la phase de surveillance requerra l'intervention de 5 personnes, pendant 300 ans », explique un membre du service de communication de l'ANDRA qui n'a pas souhaité être nommé.
Une radioactivité qui dure
300 ans. Ça peut paraître très long, mais c'est une goutte d'eau quand on sait que certains déchets nucléaires peuvent vivre pendant 300 000 années. C'est le cas d'une partie des rebuts que
l'ANDRA, missionnée par l'État, cherche à caser. Le futur site d'enfouissement vise à accueillir des déchets dits de faible activité à vie longue, FA-VL. Ils sont de deux types : les radifères et
les graphites. Le graphite était utilisé dans les premiers modèles de centrales nucléaires qui ont fonctionné des années 1960 à la décennie 1990. Aujourd'hui, ces centrales vont être démantelées
et il faut bien se débarrasser du graphite. Le problème, c'est que les restes de graphite contiennent du chlore 36 qui survit plus de 300 000 ans. « C'est un produit très volatil qu'il faut
donc enterrer à au moins 500 mètres de profondeur dans le sol », explique Marie-Christine Blandin, sénatrice Vert du Nord et par ailleurs professeur de biologie. L'ANDRA envisage un
enfouissement à 200 mètres de profondeur maximum. C'est ce genre de perspectives qui inquiète les écologistes. Céline Scavennec, secrétaire régionale des Verts dans le Nord -
Pas-de-Calais, s'affole de la tournure que prennent les choses. « La recherche scientifique autrefois réfléchissait à une manière de rendre inoffensifs les déchets. Cette époque est bien loin
puisqu'aujourd'hui on se concentre sur la manière de transmettre aux générations futures, dans 300 000 ans, l'information suivante : attention, sous vos pieds sont enterrées des tonnes de
produits radioactifs », prévient-elle.
C'est pourquoi, face à ce qui est ressenti comme une offensive de l'ANDRA, Céline Scavennec affirme : « Il faut un sursaut citoyen sur la question du nucléaire. Nous sommes tous concernés et
notre rôle est d'alerter les élus pour qu'ils ne se laissent pas séduire par de belles promesses sur papier glacé. »
« On ne peut pas être la poubelle de toute la France »
Pour le moment, il y a peu d'inquiétude à avoir du côté des édiles. Jean-Pierre Decool, maire de Renescure, près d'Hazebrouck s'insurge : « Ce genre de documents, ça va directement à la
poubelle. On a déjà ce qu'il faut dans le secteur ! » Entre l'établissement Baudelet, centre de stockage de déchets ménagers et l'incinérateur Flamoval, en projet, le secteur est déjà
plutôt bien servi. À Lynde, réaction similaire. Jacques Hermant est maire du village mais aussi vice-président de la communauté de communes de l'Houtland, au sein de laquelle il mène une lutte de
chaque instant contre l'incinérateur Flamoval. « Je suis très, très loin d'accepter ce type de propositions ! Le Nord a assez donné dans la pollution. Quelle image voulez-vous que les gens
aient de notre région ? », s'interroge-t-il. Et l'élu de conclure sur une évidence : « La Terre ne nous appartient pas, je me bats pour les générations futures. » Thierry Willaey,
adjoint au maire d'Hazebrouck, lui aussi, appelle à la vigilance : « On ne peut pas être la poubelle de toute la France. » Les projets de développement économique de l'ANDRA semblent
ne pas prendre dans le Nord. Selon l'établissement public, la démarche se veut « progressive et volontaire ». Autrement dit, si les maires des communes sollicitées ne se sont pas
manifestés positivement avant le 31 octobre 2008, le site ne se fera pas chez eux. Reste à savoir si, réellement, rien ne sera imposé. Au total, ce sont 3115 municipalités, réparties sur 20
départements, qui sont concernées par les enquêtes de l'ANDRA.
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Voici le communiqué de FNE concernant les incidents nucléaires survenus ces
derniers jours. De quoi légitimer encore plus la manifestion qui a eu lieu le 12 juillet pour demander un monde sans nucléaire. Il apparait évident que la stratégie du Président de la
République pour répondre à l'urgence énergétique n'est pas une voie d'avenir ou pour un avenir à TRES HAUT risque (une de plus ?!) pour les générations présentes et futures en France et dans les
pays vers qui nous vendons nos centrales...
Centre de stockage pour déchets nucléaires : 20 départements compatibles
En prémice
En attendant
Une alerte nucléaire a été lancée en Europe, plus précisément à Krsko en
Slovénie. A l'origine de cette alerte nucléaire, le système de notification de l'Union européenne (




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