Sur le portail des acteurs du dévelopement en Basse Normandie (source F. Ryckelynck), nous pouvons noter l'article sur les éco matériaux et leur recherche active.
On y lit notamment toute la recherche qu'ils menent autour du lin "le lin s'ouvre à de nouveaux marchés". Sur Hondschoote,
le
salon des énergies et matériaux naturels a également mis à l'honneur les éco matériaux, il s'agit de développer ce marché sur notre territoire. Nous avons le pôle d'excellence Lin, l'éco gîte
sera réalisé en gande partie grâce au Lin mais il reste, et c'est le noeud de la question, à bâtir des filières pour se positionner sur le marché des matériaux respectueux de leur
environement...
"La prise de conscience environnementale amplifiée par une réglementation de plus en plus stricte conduit chercheurs et industriels à mettre au point de nouveaux matériaux permettant à la fois de
relever le défi d’un développement durable et d’entrevoir de nouveaux marchés. Dans ce domaine, la région compte déjà quelques innovations.
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> Des sédiments dans le BTP ? | De nouveaux matériaux éco-compatibles pour la catalyse | Le lin en renfort des composites hautes performances
Des sédiments dans le BTP ?
> 45 millions de mètres cubes. C’est la
quantité de sédiments dragués chaque année dans les ports de France. Ces sédiments ne font pour l‘instant l‘objet d‘aucune valorisation. Parfois pollués, ils ne peuvent être rejetés en mer, et
sur terre, leur encombrement devient problématique. Dans le cadre d’une de ses thématiques consacrée à la géotechnique environnementale, le laboratoire de l’Ecole supérieure d’ingénieurs des
travaux de la construction souhaite pouvoir utiliser ces sédiments jusque là inutiles dans de nouveaux matériaux de construction.
> « Nous venons de déposer, en partenariat avec la Région, les universités de Caen-Basse-Normandie (ERPCB) et de Brighton, un projet intitulé SETARMS (stabilization electrokinetic
treatment and reuse of marine sediments) dans le cadre du programme européen Interreg IV », annonce Mohamed Boutouil, responsable du laboratoire de recherche. Ce projet, pour lequel une
réponse est attendue le 2 octobre, « vise à caractériser les sédiments dragués afin d’envisager leur réutilisation dans des applications de génie civil ». Le projet associe les ports de
Caen-Ouistreham et Cherbourg (Ports Normands Associés), le Port Autonome du Havre, et plusieurs entreprises : Eurovia, Travaux Publics du Cotentin et les Carrières de Vaubadon.
> Une pénurie de granulats
> « Cette ressource, inexploitée aujourd’hui, peut s’avérer intéressante dans un contexte où la raréfaction des granulats dans les rivières et les carrières devient préoccupante », explique Mohamed
Boutouil. Justement, le laboratoire de l’ESITC travaille par ailleurs sur la possibilité de recycler les granulats des bétons de démolition en garantissant au futur béton la même qualité, «
ce qui n’est pas le cas aujourd’hui ». Une thèse est en cours. « Nous recherchons des entreprises intéressées », indique Mohamed Boutouil. L’appel est lancé.
> Mohamed Boutouil, responsable du
laboratoire de recherche de l’ESITC - Tél. 02 31 46 23 02. -
De nouveaux matériaux éco-compatibles pour la catalyse
> Un enjeu crucial pour l’exploitation de nouvelles réactions catalytiques dans le domaine industriel repose sur le développement de nouveaux processus permettant de recycler le catalyseur
organe-métallique. Une solution éco-compatible vient d’être proposée par les équipes soufre et phosphore en catalyse, et matériaux polymères du Laboratoire de Chimie Moléculaire et Thio organique
(LCMT-laboratoire ENSICAEN, CNRS, UCBN) avec le développement de nouveaux matériaux catalytiques qui peuvent être recyclés entre dix et quinze fois.
> Ces matériaux catalytiques, désignés sous le terme de « BioPSIL » (BioPolymer Suported Ionic Liquid » sont constitués d’un catalyseur organométallique solubilisé dans une fine couche de
liquide ionique (nouveaux solvants constitués exclusivement de sels organiques), lui même absorbé par un bio polymère naturel, le chitosane, un dérivé issu de la carapace de crustacés. “Ces
systèmes SILP, résume Annie-Claude Gaumont, permettent de valoriser une bio ressource, de conduire une réaction catalytique sans solvant volatil, d’améliorer les performances catalytiques et de
permettre le recyclage du système catalytique de nombreuses fois participant ainsi au développement de nouveaux procédés catalytiques pour le développement durable.”
> Annie-Claude Gaumont,
directrice du LCMT (laboratoire ENSICAEN, CNRS, Université de CAEN) - Tél. 02 31 42 28 73. -
Le lin en renfort des composites hautes performances
> Depuis bientôt 2 ans, la société Linéo fait de la fibre de
lin le nouvel atout des matériaux composites. En coulisses, le Laboratoire de Recherche sur les Propriétés des Matériaux Nouveaux (LRPMN) d’Alençon apporte une caution scientifique au nouveau
procédé. Probant.
> Le lin serait-il l’avenir des matériaux composites ? L’histoire le dira. Pour l’heure, la société Linéo convainc un peu plus chaque jour le monde de l’industrie avec son procédé innovant
d’imprégnation de fibres de lin mélangées à de la résine époxy. Les tissus préimprégnés lin-époxy présentent des qualités mécaniques de résistance au moins aussi importantes que celles d’une
fibre de verre standard. Eco-matériau en prime. Associé à de la fibre de carbone, le procédé offre également de nombreuses applications. A commencer par le cadre de vélo de compétition de moins
d’un kilo testé et attesté par le champion belge Johan Museeuw, plusieurs fois vainqueur de Paris-Roubaix.
> Un bras armé pour la Recherche et le Développement Légèreté, capacité à absorber les chocs, résistance, le lin cumule les qualités. Le tout scientifiquement prouvé. « Nous avons demandé au
Laboratoire de Recherche sur les Propriétés des Matériaux Nouveaux (LRPMN) d’Alençon de caractériser nos produits, explique François Vanfleteren, président de Linéo. Le LRPMN calcule les
contraintes auxquelles les composites peuvent résister. Cela nous permet d’apporter des informations techniques à nos clients : nous offrons un produit avec des propriétés mécaniques garanties. »
Une valeur ajoutée que Linéo met en œuvre à chaque nouvelle déclinaison de son procédé initial. La connaissance des tissus s’affine un peu plus chaque fois et, avec elle, la relation de confiance
entre le laboratoire alençonnais et la société installée à Saint-Martin du Tilleul, près de Bernay (Eure).
> « Nous envisageons aujourd’hui d’aller plus loin avec Linéo, observe Christophe Poilane, Maître de conférence au LRPMN. Une thèse doit être mise en place entre le labo et l’entreprise
pour travailler sur de nouveaux développements du matériau. » L’an dernier, des projets tutorés ont déjà vu le jour pour des étudiants en licence professionnelle “Plasturgie et matériaux
composites” avec le soutien de Linéo. Un prototype de planche de skate-board 100 % en fibre de lin est à l’étude.
> François Vanfleteren / président de
Linéo
> Tél. : 02 32 43 13 67
> Christophe Poilane / référent
Linéo au LRPMN
> Tél. : 02 32 43 13 67
> « Des chimistes français de plusieurs laboratoires associés au CNRS, dont le Laboratoire de Catalyse et Spectrochimie (laboratoire CNRS, Ensicaen, Université de Caen Basse-Normandie) à
Caen, viennent d’établir un record ». Le communiqué est tombé fin mai. « MIL-101 est le matériau le plus performant pour stocker le CO2,
principal gaz à effet de serre. » Plusieurs équipes de recherche viennent de démontrer que la poudre MIL-101 (Matériau de l’Institut Lavoisier) constitue le meilleur matériau actuel pour le
stockage de CO2 à température ambiante : un mètre cube de ce matériau est capable de stocker près de 400 m3 de gaz carbonique à 25°C contre 200 m3 de CO2 pour les meilleurs
solides commercialisés actuellement.« En 2005, le premier appel à projets de l’Agence nationale de la Recherche sur le stockage du C02 pour
lutter contre le réchauffement climatique n’avait recueilli aucune réponse. A la seconde tentative en 2007, on ne comptait plus les candidatures », observe Jacques Léglise, délégué régional
à la Recherche et à la Technologie en Basse-Normandie.
> La prise de conscience des problèmes environnementaux n’est pas nouvelle, mais le renforcement de la réglementation destiné à atteindre les objectifs fixés par le Grenelle de l’Environnement
sur le plan national ou par le protocole de Kyoto à l’échelle mondiale, accélère la recherche et le développement de ce que l’on appelle les éco-matériaux : des matériaux destinés à un usage
écologique ou durable, issus de ressources naturelles ou de matériaux recyclés.
Des critères régionaux
> Ces nouveaux matériaux présentent des enjeux dans tous les secteurs d‘activité, et notamment dans l’industrie du bâtiment et des travaux publics, grande consommatrice de ressources
naturelles et d’énergie, et réputée pour sa production, en grande quantité, de gaz à effet de serre et de déchets en tous genres. Dans le cadre de son programme Défi’Nergie mis en place en partenariat avec l’ADEME pour améliorer la
performance thermique du bâti existant, la Région entend soutenir et encourager l’utilisation de ces éco-matériaux. « Cela implique tout d’abord de les identifier, souligne Thierry Berthaux,
chef du service Préservation des ressources Gestion des Risques à la Région, et c’est sur quoi nous travaillons actuellement ». Ophélie Noquet, étudiante en Master 2 Expertise et Traitement
en Environnement à l’Université de Calais planche ainsi sur une définition régionale des éco-matériaux. « La deuxième partie de mon stage ressemblera plus à un état des lieux de ce qui se
fait en Basse-Normandie ».
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> Des initiatives locales bénéficient déjà d’un soutien de la Région. C’est le cas du laboratoire de l’Ecole Supérieure d’ Ingénieurs des Travaux de la Construction (ESITC) qui travaille
actuellement sur la possibilité d’utiliser des sédiments des ports de Normandie (16 millions de tonnes par an) pour mettre au point de nouveaux matériaux de construction, et sur le recyclage des
granulats des bétons de démolition (lire encadré).
Le lin s’ouvre à de nouveaux marchés
> Une dynamique s’instaure aussi autour de la valorisation du lin dans les matériaux.
> Financée par la Miriade (MIssion Régionale pour l’Innovation et l’Action de Développement Economique), une étude est en cours pour identifier les possibilités d’utilisation du lin dans les
pôles de compétitivité bas-normands. Cette matière première renouvelable, dont la Normandie est la première productrice mondiale, laisse en effet envisager de belles perspectives « sur des
marchés plus porteurs que le textile », souligne Jacques Léglise à la DRRT.
> Voici une dizaine d’années que l’équipe de Joël Bréard, du LMPG au Havre, et celle de Moussa Gomina au CRISMAT (laboratoire CNRS, ENSICAEN, UCBN) à Caen, y travaillent (Connexions n°21-juillet 2006).
> Dans le cadre du Centre National de Recherche Technologique Matériaux et en partenariat avec les sociétés normandes ACOME, OCI et Dehondt Technologies, « nous cherchons à promouvoir une
filière de lin technique au service des transports du futur ». Un projet de création de campus Caen-Le Havre, dont l’Ensicaen sera un acteur majeur, est ainsi en cours.
> Toujours autour du lin, Seablade, jeune fabricant de kite-surf installé à Caen, sur le Nouveau Bassin depuis 2006, planche sur la mise en place de produits 100% écologiques, mêlant fibres de
lin et résine à base d’huile de colza, de lin ou de ricin (Connexions
n°28-décembre 2007). Ses partenariats avec le producteur Lamerant SA, et le fabricant ardéchois de fibres haute technologie Chomarat pourrait même bientôt aboutir à la création d’une
nouvelle société sur Caen. « Nous sommes dans l’attente d’une fusion », confie Franck Provost, consultant pour Seablade.
> A Croissanville, Ecolit a été la première à proposer une litière pour chevaux composée à 100% d’anas de lin (Connexions n°29-mars 2008). En 1995, « j’ai construit la marque dans ce qu’on appelle une niche », explique Laurence Meunier, également
présidente du pôle de compétitivité Filière équine. La demande croissante de litières de substitution pour pallier les problèmes d’une paille de plus en plus rare, qui plus est difficile à
stocker et souvent allergène, fait aujourd’hui le succès du produit.
Du bois dans le plastique
> En Basse-Normandie, la filière bois présente un fort potentiel pour développer de nouveaux matériaux plus respectueux de l‘environnement. A l’Institut Supérieur de Plasturgie d’Alençon
(ISPA), Christian Gondard, directeur des relations industrielles de l’ISPA défend ainsi la création d’une nouvelle filière autour des bois polymères : ces matériaux souples composés de fibres naturelles et de plastiques autorisant des choses
très novatrices notamment dans l’ameublement (Connexions n°28-décembre 2007). L’initiative est soutenue par le CESR et suscite l’intérêt de plusieurs industriels de la plasturgie et du bois: Barrain et James
Ebénistes dans la Manche, Arkema dans l‘Eure, Aswood, spécialisée dans les farines de bois près d‘Honfleur.
> Demain, les éco-matériaux, et plus largement l’éco-conception permettront aux PME-PMI de prendre l’avantage sur leurs concurrents. Dans ces domaines, la mise en place d’outils d’aide à la
décision par l’ADEME et la Direction Régionale de l’Industrie et de l’Environnement ouvre de réelles opportunités pour les entreprises."
À retenir
> > Qu’est-ce qu’un éco-matériau ?
> S’il n’existe encore aucune définition officielle, on peut toutefois qualifier d’éco-matériau un élément de construction dont l’énergie nécessaire à sa fabrication et à sa mise en œuvre
génère le moins d’impact possible sur l’environnement.
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